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Diaspora Bonds : Le Sénégal espère mobiliser 1.218 milliards FCFA supplémentaires d’ici 2034

Rédigé par leral.net le Lundi 22 Juin 2026 à 12:36 | | 0 commentaire(s)|

Sénégal Atlanticactu/ Diaspora Bonds/ Financement/ Serigne Ndong Dans un contexte de tensions budgétaires et de raréfaction des ressources financières, le Sénégal entend davantage s’appuyer sur sa diaspora en lançant des « Diaspora Bonds ». D’après une étude du cabinet A&A Strategy, une stratégie efficace de mobilisation de l’épargne des Sénégalais vivant à l’étranger pourrait permettre […]

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Atlanticactu/ Diaspora Bonds/ Financement/ Serigne Ndong

Dans un contexte de tensions budgétaires et de raréfaction des ressources financières, le Sénégal entend davantage s’appuyer sur sa diaspora en lançant des « Diaspora Bonds ». D’après une étude du cabinet A&A Strategy, une stratégie efficace de mobilisation de l’épargne des Sénégalais vivant à l’étranger pourrait permettre au pays de capter jusqu’à 1.218 milliards de FCFA supplémentaires d’ici à 2034.

Confronté à une dette publique estimée à 119 % du PIB et à un déficit budgétaire de 6,4 % du PIB en 2025, l’État cherche de nouvelles sources de financement internes. L’étude menée par Amarou Aw, Pape Cheikh Diack, Jean-Bertrand Ousmane Bodian et Ndèye Fatou Sow souligne qu’à l’horizon 2034, les autorités ambitionnent de porter les investissements de la diaspora à l’équivalent de 4 % du PIB et de mobiliser une épargne financière représentant 5 % du PIB. L’objectif est de générer des transferts productifs cumulés équivalant à 9 % du PIB, soit environ 3.311 milliards de FCFA.

L’un des principaux défis consiste à attirer une partie des fonds que les Sénégalais de l’extérieur conservent dans leurs pays de résidence. En 2024, cette épargne non transférée était évaluée à 1.545 milliards de FCFA, soit 45 % de l’épargne totale de la diaspora. À l’inverse, 55 %, représentant 1.982 milliards de FCFA, ont été envoyés vers le Sénégal.

Toutefois, une large majorité de ces transferts, soit près de 75 % (1.487 milliards de FCFA), est destinée à couvrir les dépenses courantes des ménages, considérées comme incompressibles. Selon les projections de l’étude, l’épargne globale de la diaspora sénégalaise pourrait atteindre 7.148 milliards de FCFA en 2034. Ce montant inclurait 2.925 milliards de FCFA consacrés aux dépenses de consommation, 975 milliards de FCFA de transferts productifs et 3.249 milliards de FCFA d’épargne maintenue à l’étranger.

Pour les auteurs du rapport, la principale marge de manœuvre de l’État réside dans sa capacité à rapatrier une partie de cette épargne conservée hors du pays, souvent pour des raisons de sécurité financière.

L’étude estime qu’en l’absence de mécanismes spécifiques, les transferts productifs ne dépasseraient pas 975 milliards de FCFA en 2034. En revanche, la mise en place d’une stratégie volontariste fondée sur des instruments financiers sécurisés et flexibles pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 1.218 milliards de FCFA additionnels.

L’analyse des expériences internationales met en avant plusieurs facteurs clés de réussite. Le premier est la crédibilité institutionnelle et juridique de l’émetteur. Selon A&A Strategy, la confiance demeure le principal moteur de l’investissement de la diaspora. La transparence dans la gestion des fonds est également essentielle. Les programmes les plus performants sont ceux qui orientent clairement les ressources vers des projets identifiés, tels que les infrastructures, l’électrification, le logement ou le développement économique, tout en garantissant des mécanismes rigoureux de suivi et de reddition des comptes.

Le Sénégal devra également améliorer l’expérience numérique des souscripteurs, diversifier les canaux de collecte et proposer des produits accessibles dans plusieurs devises.

À ce titre, l’étude cite l’exemple du Pakistan. Lancé en septembre 2020 par la State Bank of Pakistan en partenariat avec les banques commerciales, le programme « Roshan Digital Account » permet aux Pakistanais de l’étranger d’ouvrir un compte bancaire à distance et d’investir dans des obligations d’État, des certificats d’épargne, les marchés financiers ou encore l’immobilier. En cinq ans, cette initiative a permis de mobiliser près de 12 milliards de dollars.

Enfin, les auteurs soulignent que la rentabilité des produits financiers proposés reste déterminante. Si le patriotisme peut constituer un facteur d’incitation, il ne saurait suffire à lui seul. Les experts préconisent des placements compétitifs, assortis de frais de transfert réduits, de garanties sur le rapatriement des capitaux et de mécanismes de protection contre les fluctuations de change.

Les transferts de la diaspora en forte progression

Les envois de fonds des Sénégalais de l’étranger ont enregistré une croissance significative au cours des dix dernières années. Ils sont passés de 1.029 milliards de FCFA en 2013 à 1.982 milliards de FCFA en 2024, soit une augmentation de 953 milliards de FCFA.

Aujourd’hui, ces transferts représentent près de 11 % du PIB national, un niveau supérieur à celui de l’aide publique au développement, estimée à 6 % du PIB en 2024.

Cette progression s’observe également dans l’évolution annuelle des montants transférés : 1.440 milliards de FCFA en 2019, 1.486 milliards en 2020, 1.765 milliards en 2021, 1.659 milliards en 2022, 1.862 milliards en 2023 et 1.982 milliards de FCFA en 2024.



Source : https://atlanticactu.com/diaspora-bonds-le-senegal...