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Diourbel : un fugitif international condamné à perpétuité après sept ans de cavale

Après plusieurs années de fuite à travers plusieurs pays et régions du Sénégal, un homme présenté sous l’identité de D. Bâ, alias « El Hadj Sow », a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Diourbel. Il devra également verser 1 milliard de francs CFA de dommages et intérêts aux ayants droit de la victime.


Rédigé par leral.net le Samedi 16 Mai 2026 à 12:35 | | 0 commentaire(s)|

Les faits remontent à la nuit du 11 avril 2016 à Genève (Suisse). Une jeune doctorante italienne, Valentina Tarallo, 28 ans, est retrouvée grièvement blessée après une violente agression. Malgré son évacuation en urgence, elle décède le lendemain des suites d’un traumatisme crânio-cérébral sévère, selon les éléments rapportés par la presse.

Sur la scène de crime, la police scientifique met la main sur un tube en fer, considéré comme l’arme du crime. Les analyses génétiques font apparaître des traces de sang de la victime mêlées à l’ADN du compagnon de celle-ci, identifié comme D. Bâ (40 ans).

Une cavale de plusieurs années à travers l’Afrique de l’Ouest

Dès l’ouverture de l’enquête, une traque internationale est déclenchée. Le suspect quitte la Suisse peu après les faits et multiplie les déplacements à travers l’Europe avant de rejoindre le Sénégal. Les investigations indiquent qu’il aurait utilisé plusieurs identités, dont celle de « El Hadj Sow », pour échapper aux autorités.

Installé au Sénégal, il est localisé dans différentes zones du pays, notamment entre Dakar, Saint-Louis et Kolda. Les enquêteurs finissent par le retrouver en avril 2023 à Diourbel, alors qu’il tentait de finaliser la vente d’un bien immobilier estimé à plusieurs dizaines de millions de francs CFA.

Un procès marqué par un déni total

Devant la Chambre criminelle, l’accusé a contesté les faits, évoquant une version alternative selon laquelle le couple aurait été agressé par des individus liés à un différend de drogue. Il affirme avoir pris la fuite par instinct de survie.

Une version rejetée par le parquet, qui s’appuie sur les éléments matériels du dossier, notamment les preuves ADN et les recoupements d’enquête. Le ministère public a également dénoncé l’absence de remords et la multiplication des incohérences dans les déclarations du prévenu.

Une condamnation lourde

Au terme du procès, la juridiction a retenu les charges d’assassinat avec actes de barbarie, d’usurpation d’identité et d’usage de faux en écriture publique. L’accusé a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une forte indemnisation financière en faveur des héritiers de la victime.

Cette décision met fin à une affaire criminelle marquée par une longue cavale internationale et une enquête de plusieurs années.