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Documentaire sur la vie du premier Africain "Disque d’or": Laba Sosseh immortalisé

Rédigé par leral.net le Samedi 12 Juin 2021 à 09:22 | | 0 commentaire(s)|

C’est bien connu : «Le Sénégal a l’art de tuer ses talents.» La voix de Michaël Soumah, bien qu’autorisée, ne résonne malheureusement que pour constater avec amertume, cette triste réalité. Linkering production, qui s’évertue à braquer les projecteurs sur nos héros tombés dans l’oubli, veut rectifier le tir.


Documentaire sur la vie du premier Africain "Disque d’or": Laba Sosseh immortalisé
En collaboration avec Canal+, la maison de production a réalisé un documentaire sur le premier Africain certifié disque d’or. Laba Sosseh, à la rencontre du plus grand salsero de l’Afrique a été diffusé, en avant-première, vendredi dernier à Canal Olympia.

Pour la nouvelle génération, Laba Sosseh est ce salsero qui a lancé ce fameux message «pathétique» sur son lit d’hôpital, quelques mois avant son décès. Après avoir regardé le documentaire, sa place au panthéon des artistes qui ont marqué le monde, devient plus que justifiée.

En effet, étant jeune, Laba, de père sénégalais et de mère gambienne, vivait en Gambie. Il se déplaçait souvent à Kolda pour faire des prestations. Les conseils de Djibril Gaby Gaye ne lui feront pas quitter Banjul pour rejoindre Dakar. C’est grâce au mythique Star Band qu’il aura la chance de pratiquer son art.

En tournée dans la capitale gambienne, le groupe voit débarquer un jeune homme qui leur proposa ses services. Après des résistances, Laba Sosseh se voit partager sa scène avec Dexter Johnson et compagnie.

Il ne quittera le groupe qu’en 1968 pour rallier Abidjan. En Côte d’Ivoire, sa réputation lui a déjà ouvert des portes et le Star Band International qu’il avait créé, fera de lui cette star africaine de la musique cubaine. Il se maria avec Thérèse Taba, la comédienne ivoirienne.

Laba Sosseh y a fait 9 ans avant de regagner le Sénégal. De ses collaborations avec l’Orchestra Aragon, en passant par ses tournées mondiales, Laba Sosseh a touché du doigt la reconnaissance intercontinentale avant de s’éclipser.

Comment une personne aussi talentueuse peut-elle être dans le besoin, au point de quémander de l’aide ?

Les téléspectateurs auront la réponse en regardant le documentaire qui sera diffusé sur Canal+ le 30 juin et projeté à Ziguinchor le 21 du même mois.

Maky Madiba Sylla, qui a coréalisé le film, a expliqué qu’il lui a fallu 6 longues années pour le faire. «Il nous a fallu des années pour finaliser notre projet sur Laba Sosseh pas par paresse, mais par manque de fonds. Les subventions publiques sont souvent difficiles à obtenir et les bailleurs parfois méconnus (…). 60 ans que nous sommes indépendants et nous n’avons aucune prise sur les archives audiovisuelles de notre histoire récente.

Des images que nous vendent l’Institut national de l’audiovisuel (Ina France) pour les reproduire dans nos oeuvres, les Africains doivent payer des sommes dans l’ordre de plusieurs millions de francs Cfa pour à peine une minute d’archives
», a déclaré Maky Madiba Sylla.





Le Quotidien.sn



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