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Dr Safwat Ibraghith, ambassadeur Palestine au Sénégal : "L’année 2018 aura été particulièrement dure pour le peuple palestinien"

Les mots de nouvel an, de l’Ambassadeur de l’Etat de Palestine au Sénégal.


Rédigé par leral.net le Lundi 7 Janvier 2019 à 16:21 | | 0 commentaire(s)|

Dr Safwat Ibraghith, ambassadeur Palestine au Sénégal : "L’année 2018 aura été particulièrement dure pour le peuple palestinien"
Mots du Nouvel an 2019, de l’Ambassadeur de l’Etat de Palestine au Sénégal

L’année 2018 aura été particulièrement dure pour le peuple palestinien, et nous souhaitons vivement que 2019 lui apporte justice et liberté.
 
La participation de l’Administration "Trump" au vol des terres palestiniennes, son transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem occupée et la fermeture de la mission diplomatique palestinienne à Washington, ont donné un chèque en blanc au régime israélien pour amplifier la colonisation, la répression, et l’étranglement des Palestiniens.

Sans parler de la suppression généralisée de tous financements états-uniens à destination de la Palestine, surtout des crédits US pour l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés et des hôpitaux palestiniens.

Tout récemment encore, la visite provocatrice du conseiller à la sécurité nationale ‘‘John Bolton’’ dans la vieille ville de Jérusalem, vient d’être condamnée par la Direction palestinienne. Cette visite comprenait le Mur occidental « mur d’Al Buraq » de la Mosquée d’Al AQSA et surtout les tunnels creusés illégalement sous ce lieu hautement sacré pour les Musulmans du Monde.
 
Bref, le peuple palestinien a, clairement, annoncé son refus catégorique au Deal « américain » du Siècle et le Président Palestinien ‘‘Mahmoud Abbas’’ l’a qualifié comme la gifle du siècle.
 
Mais cette année aura également été marquée par une résistance spectaculaire des Palestiniens, qui a amené une grande partie de l’opinion publique mondiale à manifester son aversion envers le régime de l’apartheid et ses méthodes barbares.
 
Les Marches du Retour, démarrées le 30 mars dernier à Gaza, sur les « zones tampon », avec des dizaines de milliers de manifestants non armés, enfermés, depuis 11 ans, derrière des barbelés, assassinés et amputés, alors qu’ils réclament, simplement, la liberté et l’application de leurs droits, ont notamment marqué les esprits.
 
On a vu à l’œuvre le terrorisme israélien qui a frappé indistinctement des enfants, des handicapés, des femmes, des soignants comme des journalistes. Sans oublier les nombreuses attaques contre les lieux du culte chrétiens et musulmans.

En Cisjordanie aussi, la résistance n’est pas passée inaperçue. La gifle, à un soldat de l’occupation, de la jeune ‘‘Ahed Tamimi’’, du village de Nabi Saleh, et son emprisonnement, ont également frappé l’imagination.

La résistance populaire et pacifique du village Khan ALAHMAR contre l’ordre militaire de démolition et d’expulsion rappelle toujours le monde entier de son devoir d’ingérence et de ses responsabilités humanitaire, éthique et juridique.
 
Un autre exemple sur une longue liste d’atrocités, il s’agit de la destruction de la maison de ‘‘Umm Naser Hmaid’’, une vieille dame veuve et seule, surtout mère de six fils. L’un d’entre eux a été tué par les forces d’occupation et les 5 autres croupissent dans les geôles israéliennes, condamnés à perpétuité pour des faits de résistance. L'occupant a déjà détruit cette maison deux fois, et à chaque fois les gens s’entraident pour la construire.

Ce régime colonial peut emprisonner les enfants à tour de bras, les torturer, démolir leurs maisons, leurs écoles, la résistance se poursuit, héroïque, dans toute la Palestine.

Israël a été amené, en 2018, à refuser l’entrée à 11 000 voyageurs (record battu !), dont une délégation des Imams sénégalais venant pour faire des prières, comme de nombreux Juifs américains, parce qu’ils appellent au boycott de produits exportés par Israël, produits originaires des colonies toutes illégales.
 
Malgré la diffamation, la répression, toute l’énergie, l’argent et les manigances du ministère israélien chargé de lutter contre le boycott, chacun(e) assiste— et c’est désormais encore plus clair avec le vote d’une loi israélienne institutionnalisant l’apartheid, en juillet dernier — à une « radicalisation » sans fard de l’idéologie colonialiste israélienne. Cette loi réduit officiellement les « non juifs » à des sous-citoyens.
 
C’est pourquoi le boycott, y compris culturel et sportif, de l’occupant israélien, appelé de ses vœux par la société palestinienne, ne peut que continuer son ascension irrésistible, comme pour l’Afrique du Sud de l’apartheid.
 
Lorsque le monde est incapable de sauver la coexistence de deux Etats en Palestine historique, et lorsque, pour un grand nombre d’observateurs, l’option internationale d’un Etat palestinien, vivant à côté d’un Etat israélien, à l’intérieur des frontières du 4 juin 1967, est devenue presque impossible du fait de la colonisation israélienne; il ne reste, alors, que de revenir à un modèle d’un seul Etat en Palestine historique pour tous ses citoyens, dans lequel les Juifs ne vivraient séparément des Palestiniens et ne seraient considérés comme supérieurs à eux, un Etat qui garantirait, au contraire, la liberté et l’égalité à tous ses habitants.
 
En 2019, le moment est venu pour dénoncer réellement le régime israélien d’occupation et d’apartheid, le moment même exige la reconnaissance et la protection immédiate de l’Etat de Palestine au même pied d’égalité que tout autre Etat de la planète.
 
Il est temps, plus que jamais, que le monde agisse, sérieusement, pour sauver la paix et le droit en Palestine afin d’éviter au spectre d’une guerre destructrice des religions (sans limite) et cela ne se fera, à notre sens, que dans l’application des sanctions à l’égard de ceux qui méprisent le droit international et qui agissent confortablement au-dessus de la communauté internationale.
 
L’Ambassadeur
Dr Safwat IBRAGHITH



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