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Dyarchie au sommet de l’État : « On ne peut pas laisser cette situation perdurer » (Penda Mbow)


Rédigé par leral.net le Vendredi 27 Mars 2026 à 18:59 | | 0 commentaire(s)|

Bien que la Constitution du Sénégal consacre un régime présidentiel fort, la relation entre le Président de la République Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko redessine les contours de l'exercice du pouvoir au Palais de l'Avenue Roume. Depuis le congrès de la coalition DiomayePrésident suivi du lancement parallèle de l’Alliance Patriotique pour le Travail et l'Éthique (APTE), on est passé du duo à un duel plus ou moins feutré.

Une situation qu’on « ne doit pas laisser perdurer », selon Penda Mbow. L’historienne qui co-animait un panel sur les causes profondes de l’instabilité au Sahel, a donné son point de vue sur l’actualité politique notamment cette dyarchie incommodante au sommet de l’État.

« Aujourd’hui, il y a une situation politique dans le pays qui fait que nous avons deux personnes à la tête de l’État. Or, il faut régler cette question », a-t-elle déclaré. Selon Pr Mbow, le cadre légal actuel est en total décalage avec la pratique du pouvoir. Elle préconise des réformes constitutionnelles majeures pour instaurer un véritable équilibre des pouvoirs, suggérant notamment le passage à un régime parlementaire qui prendra en considération la réalité. Mais, insiste-t-elle, « nous ne pouvons pas laisser cela perdurer avec des textes qui ne reflètent pas la situation actuelle ».

D’après l’ancienne ministre de la culture, le Président Diomaye et son ami et mentor politique (Sonko) ont beau faire des efforts pour rester ensemble comme l’exigent leurs partisans, « mais l’exercice du pouvoir est une autre chose ». « Devant l’exercice du pouvoir cela devient très difficile parce que nous avons une constitution qui ne nous permet pas d’avoir un Président de la République évanescent. Mais la réalité politique a fait que le Premier ministre a une légitimité qu’il tire de son rôle sur le plan politique et l’adhésion d’une bonne partie de la jeunesse par rapport à sa personne », analyse Penda Mbow.

Comment résoudre ce problème alors que la Constitution n’a jamais été confrontée à ce type de situation ? Elle estime qu’il faut nécessairement faire une réforme constitutionnelle.

Enfin, elle s’est fermement opposée à la vision du Pm Ousmane Sonko concernant le rôle prédominant du parti. « On ne peut pas retourner au parti-État. Le parti-État est révolu », a-t-elle martelé. D’ailleurs, explique l’universitaire, « aucun parti aujourd’hui n’aura suffisamment de force et de capacité pour être un Parti-État qui va tout régenter dans la société. Seule une révolution citoyenne participative peut prendre en charge nos besoins de développement ».