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« École propre pour l'Indépendance » : au-delà du nettoyage, une alerte sur l'état des écoles et la responsabilité de l'État

Rédigé par leral.net le Lundi 17 Août 2026 à 08:38 | | 0 commentaire(s)|

À l'occasion de la célébration de l'Indépendance du Gabon, l'honorable Justine Judith Lekogo, députée élue du Deuxième Arrondissement de Franceville, membre de l'Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) et Déléguée nationale, a initié l'opération « École propre pour l'Indépendance ».
Une action de proximité qui, au-delà du nettoyage des établissements scolaires, a permis de dresser un état des lieux préoccupant et de poser une question plus large : celle de la responsabilité de l'État (...)

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À l'occasion de la célébration de l'Indépendance du Gabon, l'honorable Justine Judith Lekogo, députée élue du Deuxième Arrondissement de Franceville, membre de l'Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) et Déléguée nationale, a initié l'opération « École propre pour l'Indépendance ».

Une action de proximité qui, au-delà du nettoyage des établissements scolaires, a permis de dresser un état des lieux préoccupant et de poser une question plus large : celle de la responsabilité de l'État dans l'entretien, l'équipement et la réhabilitation des infrastructures scolaires.

Une opération citoyenne qui révèle une réalité de terrain

L'initiative « École propre pour l'Indépendance » avait, au départ, un objectif simple : contribuer à rendre les établissements scolaires plus propres et plus accueillants à l'approche de la rentrée.

Pour mener cette action, l'élue du Deuxième Arrondissement de Franceville a souhaité associer les compagnons de l'Union Démocratique des Bâtisseurs, afin que cette opération soit également un moment de mobilisation citoyenne et de proximité avec les réalités vécues dans les établissements scolaires.

Mais une fois sur le terrain, les équipes ont rapidement constaté que la question dépassait largement celle de la propreté.

Les différents établissements visités présentent plusieurs besoins qui méritent une attention particulière : toilettes dégradées ou bouchées, difficultés d'accès à l'eau, insuffisance de poubelles, manque de matériel d'entretien, insuffisance de mobilier scolaire, problèmes électriques, portes et serrures défectueuses, plafonds et faux plafonds détériorés, ainsi que différents travaux de réparation et de réhabilitation.

À ces difficultés s'ajoutent des besoins en équipements administratifs et pédagogiques : photocopieuses, imprimantes, encre, fournitures de bureau, chaises, bureaux et autres matériels indispensables au fonctionnement quotidien des établissements.

Ces constats soulèvent une interrogation simple mais essentielle : peut-on réellement parler d'une école moderne et performante lorsque les conditions matérielles les plus élémentaires ne sont pas toujours réunies ?

Des sanitaires et des conditions d'hygiène préoccupantes

Parmi les images recueillies au cours de l'opération, l'état de certains sanitaires interpelle particulièrement.

Des toilettes nécessitent des travaux, certaines installations présentent des problèmes de fonctionnement et l'accès à l'eau demeure une difficulté dans certains établissements.

Or, dans une école, l'hygiène n'est pas une question secondaire.

Elle touche directement à la santé, à la sécurité et au bien-être des enfants comme du personnel enseignant et administratif.

La présence de déchets en quantité importante autour de certains établissements et l'insuffisance des dispositifs de collecte montrent également la nécessité de mettre en place une véritable politique d'entretien régulier.

Une opération ponctuelle de nettoyage peut améliorer immédiatement l'environnement. Mais elle ne peut être durable que si elle est accompagnée d'un système permanent de collecte, d'entretien et de maintenance.

Des bâtiments qui nécessitent des travaux

Les visites ont également permis de constater plusieurs signes de vieillissement ou de dégradation des bâtiments.

Des plafonds présentent des dégradations visibles, certains espaces nécessitent des réparations et des travaux de maintenance apparaissent indispensables.

Les problèmes liés à l'électricité doivent également être pris au sérieux, tout comme les difficultés rencontrées au niveau de certaines portes et serrures.

Ces éléments ne relèvent donc plus simplement de l'esthétique.

Ils concernent directement la sécurité et les conditions d'accueil des élèves et du personnel.

Une école doit pouvoir offrir un environnement sûr, fonctionnel et adapté à l'apprentissage.

Le manque de mobilier et de matériel scolaire

Autre constat : les besoins exprimés par les établissements concernent également le mobilier et les équipements.

Tables-bancs, chaises, bureaux, matériel administratif et pédagogique figurent parmi les demandes recensées.

Une école ne peut fonctionner correctement sans les équipements de base nécessaires à l'enseignement et à l'administration.

L'enjeu est donc de dépasser la logique d'intervention ponctuelle pour parvenir à une véritable politique de dotation, de renouvellement et de maintenance du matériel scolaire.

La question des espaces réservés aux enfants de maternelle

La visite de terrain a également soulevé une autre préoccupation : celle des conditions d'accueil des enfants de maternelle.

Dans certains établissements, des espaces autrefois utilisés comme préaux ou lieux de récréation ont été transformés ou cloisonnés afin d'accueillir des classes supplémentaires.

Cette situation mérite, selon la députée, une réflexion particulière.

Les enfants de trois, quatre ou cinq ans ont des besoins spécifiques. Ils ont besoin de salles adaptées, mais également d'espaces suffisamment aérés, sécurisés et appropriés à leur âge.

Ils ont besoin de pouvoir jouer, courir, se déplacer et bénéficier d'un véritable temps de récréation.

Transformer des espaces conçus initialement pour les activités collectives ou la récréation en salles de classe peut donc avoir des conséquences sur la qualité du cadre scolaire.

La question n'est pas de contester la nécessité d'accueillir davantage d'enfants en maternelle. Au contraire, l'augmentation des capacités d'accueil du préscolaire est une nécessité. Mais cette politique doit, selon l'élue, s'accompagner d'infrastructures adaptées.

« Pour les enfants de trois à cinq ans, l'école doit être un espace aéré, sécurisé et adapté à leur âge. Nous devons éviter de créer une solution à un problème tout en en créant un autre. Si nous avons besoin de nouvelles salles de maternelle, il faut aussi penser à construire des bâtiments adaptés à cet enseignement, plutôt que de réduire les espaces de récréation dont les enfants ont besoin », estime Justine Judith Lekogo.

Une opération qui pose une question plus large : qui doit faire quoi ?

C'est probablement l'un des enseignements majeurs de cette opération.
En intervenant dans les établissements, les élus sont régulièrement confrontés aux attentes des populations.

On leur demande de réparer une école, d'acheter des tables-bancs, de fournir une photocopieuse, de régler un problème d'eau, d'électricité ou de serrure, de réhabiliter une salle de classe ou encore de résoudre un problème de voirie.

La proximité avec les populations conduit naturellement les élus à vouloir répondre aux urgences lorsqu'ils le peuvent.

Mais cette situation pose une question institutionnelle importante : est-il normal que les élus soient progressivement amenés à se substituer aux administrations et aux services de l'État ?

Pour Justine Judith Lekogo, la réponse est claire : cette situation ne peut pas devenir la norme. Le député n'est ni ministre, ni maire, ni gestionnaire d'école. Le député peut être proche de sa population. Il peut mener des actions sociales. Il peut apporter ponctuellement une aide lorsqu'une situation urgente se présente.

Mais il ne dispose pas d'un budget lui permettant de se substituer aux administrations chargées de la gestion des infrastructures publiques.

Le député n'est pas le gestionnaire d'une école. Il n'est pas responsable de la maintenance des réseaux électriques. Il n'est pas chargé de construire les routes. Il n'a pas vocation à assurer directement l'approvisionnement des établissements en eau ou en fournitures.

Ces responsabilités relèvent de l'organisation normale de l'action publique et des institutions compétentes.

« Nous devons faire attention à ne pas créer une confusion dans l'esprit de nos populations. Le député peut aider dans le cadre du social, dans la limite de ses moyens. Mais il ne peut pas devenir un ministre, un maire ou un service technique de l'administration. Lorsqu'un député est obligé de réparer lui-même les écoles, d'acheter les équipements ou de régler les problèmes d'eau et d'électricité, il faut aussi s'interroger sur le fonctionnement normal de l'action publique », souligne l'élue.

Une confusion qui finit par désorienter les populations

Cette situation produit également un effet sur la perception que les citoyens ont de leurs institutions.

À force de voir des élus intervenir directement pour résoudre des problèmes qui relèvent normalement de l'action administrative, les populations peuvent finir par considérer que le député est celui qui doit construire la route, apporter l'eau, installer l'électricité, réparer les écoles ou acheter les fournitures.

Cette perception crée une confusion entre les différents niveaux de responsabilité.

Elle peut également conduire les citoyens à ne plus savoir vers quelle institution se tourner pour demander des comptes.

Plus grave encore, elle peut contribuer à banaliser l'idée selon laquelle le fonctionnement d'un service public dépend de l'intervention personnelle d'un homme ou d'une femme politique.

Or, un service public doit fonctionner indépendamment de la capacité personnelle d'un élu à financer une intervention ponctuelle.

L'école doit être entretenue parce que cela relève d'une politique publique.
L'eau doit être disponible parce qu'il s'agit d'un besoin essentiel.
Les installations électriques doivent être sécurisées parce que cela relève de la responsabilité de l'administration.

Les élèves doivent disposer de tables-bancs parce que le système éducatif doit prévoir les équipements nécessaires à leur scolarité.

Respecter la séparation des responsabilités
Cette situation pose donc également une question de gouvernance.
Dans une République, chaque institution dispose de missions et de responsabilités qui doivent être clairement identifiées.

Le législatif a notamment pour mission de légiférer, d'examiner et d'adopter les lois, de participer à l'autorisation et au contrôle des finances publiques, de contrôler l'action du Gouvernement et d'évaluer les politiques publiques.

L'Exécutif, pour sa part, est chargé de mettre en œuvre les politiques publiques, de conduire l'action gouvernementale et d'assurer le fonctionnement des services de l'État dans le cadre des compétences qui lui sont attribuées.

Il existe donc une complémentarité entre les institutions, mais cette complémentarité ne doit pas devenir une confusion des rôles.

Le député doit pouvoir constater une situation sur le terrain, recueillir les préoccupations des citoyens, contrôler l'action publique, interpeller le Gouvernement, demander des explications, suivre l'exécution des politiques publiques et rendre compte aux populations.

Il ne devrait pas être contraint de devenir lui-même l'exécutant des politiques qu'il est ensuite appelé à contrôler.

Du contrôle parlementaire plutôt que de la substitution
Cette distinction est particulièrement importante lorsqu'il s'agit de projets financés sur fonds publics.

Lorsqu'un budget est adopté, lorsqu'une politique publique est présentée ou lorsqu'un projet d'infrastructure est annoncé, le rôle du parlementaire est aussi de pouvoir revenir sur le terrain pour vérifier ce qui a réellement été réalisé.

Les crédits prévus ont-ils été utilisés conformément à leur destination ?
Les travaux annoncés ont-ils été réalisés ?
Les infrastructures livrées correspondent-elles aux normes et aux besoins ?
Les populations bénéficient-elles effectivement des politiques publiques annoncées ?

Les résultats sont-ils conformes aux engagements pris ?

Voilà précisément le type de questions qui doivent pouvoir alimenter le contrôle parlementaire et l'évaluation des politiques publiques.

Le député ne doit donc pas seulement être celui qui intervient lorsqu'une école est dégradée. Il doit également être celui qui demande : pourquoi cette école est-elle dans cet état ? Qui devait assurer son entretien ? Quels moyens avaient été prévus ? Quelles politiques ont été mises en œuvre ? Et pourquoi les résultats ne sont-ils pas au rendez-vous ?

Une interpellation adressée à l'Exécutif

À travers cette opération, Justine Judith Lekogo entend donc également adresser un message aux autorités compétentes.

Les élus peuvent accompagner les populations.
Ils peuvent participer à des actions citoyennes.
Ils peuvent apporter une aide ponctuelle.
Mais ces interventions ne doivent jamais devenir un mécanisme de remplacement de l'action publique.

L'élue souhaite ainsi que les constats effectués dans les établissements scolaires soient considérés comme des éléments d'alerte devant permettre aux administrations compétentes de prendre les mesures nécessaires.

« Nous avons nettoyé parce que nous ne pouvions pas rester les bras croisés devant ce que nous avons trouvé. Mais notre action ne doit pas masquer les responsabilités institutionnelles. Au contraire, elle doit permettre de les rappeler. Nous pouvons aider ponctuellement, mais nous devons surtout demander que les services compétents jouent pleinement leur rôle », affirme-t-elle.

Des recommandations pour des écoles plus dignes

Au terme de cette opération, plusieurs recommandations peuvent être formulées :

* réhabiliter les sanitaires et assurer leur entretien régulier ;
* garantir un accès permanent à l'eau dans les établissements ;
* renforcer les dispositifs de collecte et d'évacuation des déchets ;
* réparer les plafonds, faux plafonds, toitures, planchers et autres parties dégradées ;
* sécuriser et réhabiliter les installations électriques ;
* réparer ou remplacer les portes et serrures défectueuses ;
* renforcer les équipements et le mobilier scolaire ;
* fournir les équipements administratifs et pédagogiques indispensables ;
* préserver les espaces de récréation et les préaux ;
* prévoir des infrastructures spécifiquement adaptées à l'enseignement préscolaire ;
* instaurer un véritable programme de maintenance régulière des établissements ;
* assurer un suivi administratif des besoins recensés sur le terrain ;
* et surtout, mettre en place un mécanisme permettant de transformer les constats effectués en actions publiques durables et évaluables.

Une action citoyenne, mais surtout un signal d'alerte

L'objectif de l'opération « École propre pour l'Indépendance » n'était donc pas de stigmatiser les écoles, leurs responsables ou les enseignants.

Les images prises sur le terrain constituent avant tout, un état des lieux et un témoignage de la réalité vécue quotidiennement par les élèves et les personnels.
Elles montrent également que les problèmes de l'école ne peuvent être résolus uniquement par des opérations ponctuelles de nettoyage.

Il faut une politique permanente d'entretien.
Il faut des investissements.
Il faut des équipements.
Il faut des infrastructures adaptées.
Il faut surtout un suivi régulier des politiques publiques.

L'action menée par l'honorable Justine Judith Lekogo avec les compagnons de l'UDB du Deuxième Arrondissement de Franceville aura donc eu une double portée : une portée citoyenne, à travers l'amélioration immédiate du cadre scolaire, et une portée institutionnelle, à travers l'interpellation sur les responsabilités de chacun.

Car au fond, la question dépasse le seul Deuxième Arrondissement de Franceville.
Elle concerne la manière dont nous voulons construire notre République.
Les élus doivent rester proches des populations, mais cette proximité ne doit pas conduire à une confusion des rôles.

Le député doit pouvoir être un relais, un contrôleur, un législateur et un évaluateur de l'action publique.
L'Exécutif doit pouvoir assumer pleinement la mise en œuvre des politiques publiques et le fonctionnement des services de l'État.
Et les citoyens doivent pouvoir identifier clairement qui décide, qui exécute et qui contrôle.

C'est à cette condition que le contrôle démocratique peut véritablement fonctionner.
« La solidarité ne doit pas remplacer le service public »

L'opération « École propre pour l'Indépendance » s'achève avec la satisfaction d'avoir contribué, avec les compagnons de l'UDB, à améliorer temporairement le cadre de vie scolaire.

Mais elle laisse surtout une question ouverte, qui mérite désormais des réponses :

comment faire en sorte que nos écoles n'aient plus besoin d'attendre l'intervention ponctuelle d'un élu pour bénéficier de conditions normales d'entretien, d'équipement et de fonctionnement ?

La réponse ne peut pas être uniquement politique ou individuelle. Elle doit être institutionnelle, budgétaire et administrative. Parce que la solidarité est nécessaire. L'engagement des élus est utile. La proximité est indispensable.

Mais la solidarité ne doit pas remplacer le service public, l'action ponctuelle ne doit pas remplacer la politique publique et le député ne doit pas devenir le substitut de l'Exécutif.

Pour les enfants du Gabon, l'objectif doit être plus ambitieux : des écoles propres, sûres, équipées, entretenues et dignes, non pas seulement à l'occasion de l'Indépendance, mais tout au long de l'année.

L'action « École propre pour l'Indépendance » se termine. Le constat est posé.
Les recommandations sont formulées. Il appartient désormais aux institutions compétentes d'agir.

JJL/MTM



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/societe/article/...