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Éducation : Aliou Sall propose une nouvelle stratégie pour atteindre 30 % d’ETFP au secondaire

Pour atteindre l’objectif de 30 % d’effectifs dans l’enseignement technique et la formation professionnelle (ETFP) au secondaire à l’horizon 2030, Aliou Sall, responsable du groupe scolaire COPAK et ancien maire de Guédiawaye, plaide pour une stratégie fondée sur la mutualisation des ressources, la mixité des établissements et une mobilisation accrue du secteur privé.


Rédigé par leral.net le Mardi 18 Août 2026 à 18:42 | | 0 commentaire(s)|

Éducation : Aliou Sall propose une nouvelle stratégie pour atteindre 30 % d’ETFP au secondaire
Le Sénégal s’est fixé un objectif majeur pour transformer son système éducatif : porter à 30 % la part des effectifs du secondaire orientés vers l’enseignement technique et la formation professionnelle à l’horizon 2030.

Pour Aliou Sall, responsable du groupe scolaire COPAK et ancien maire de Guédiawaye, cette ambition est nécessaire pour rapprocher l’école des besoins de l’économie et des objectifs du Plan Sénégal 2050 et de l’Agenda national de transformation.

Mais face à la pression sur les finances publiques et à la saturation des infrastructures scolaires, il estime que le pays ne pourra pas atteindre cet objectif en misant uniquement sur la construction de nouveaux établissements.

Transformer les CEM en collèges mixtes

Première proposition : faire évoluer progressivement les collèges d’enseignement moyen (CEM) vers des Collèges d’Enseignement Général, Technique et Professionnel (CEGTP).

L’idée consiste à exploiter les infrastructures et les réserves foncières déjà disponibles pour y installer des ateliers pédagogiques dédiés notamment à l’électricité et l’électronique, au digital, aux métiers du bois et du métal, à la mode et à l’esthétique, mais aussi à l’agriculture et à la transformation.

Aliou Sall propose un tronc commun généraliste en 6e et 5e, avant une orientation à partir de la 4e avec une répartition de 50 % des élèves dans l’enseignement général et 50 % dans les filières techniques et professionnelles.

Pour expérimenter cette réforme, il suggère de commencer par deux collèges pilotes par département, avant une montée en puissance progressive jusqu’à atteindre, à terme, environ 1 000 collèges mixtes.

Des lycées associant général, technique et professionnel

Le deuxième levier concerne les lycées. Aliou Sall préconise leur transformation progressive en lycées mixtes d’enseignement général, technique et professionnel.

S’inspirant notamment du modèle du lycée Seydina Limamoulaye de Guédiawaye, il propose qu’à l’entrée en seconde, au moins 40 % des effectifs soient orientés vers les filières techniques et professionnelles, avec 25 % en enseignement technique et 15 % en formation professionnelle.

Pour lui, cette cohabitation permettrait également de réduire la séparation traditionnelle entre l’enseignement général et les filières techniques.

Renforcer le pilotage de proximité

La réussite de cette transformation nécessiterait également, selon lui, un renforcement de l’encadrement au niveau déconcentré.

Il propose ainsi la création de cellules EPT dédiées au sein des IA et des IEF, accompagnées d’une augmentation du nombre d’inspecteurs spécialisés dans les filières techniques et professionnelles.

L’objectif est de rapprocher le pilotage pédagogique du terrain.

Miser davantage sur le secteur privé

Aliou Sall estime par ailleurs que l’État ne pourra pas supporter seul le coût de la massification de l’ETFP.

Il propose donc de renforcer la participation du secteur privé à travers deux mécanismes : faciliter l’accès des promoteurs à des financements bancaires, notamment grâce à des lignes de crédit bonifiées, et instaurer des mesures fiscales incitatives pour les investissements dans les infrastructures et équipements pédagogiques.

Cette mobilisation du privé permettrait, selon lui, d’augmenter plus rapidement les capacités d’accueil sans faire reposer l’intégralité de l’effort financier sur le budget de l’État.

Un effort important sur les enseignants

Autre priorité identifiée : les ressources humaines.

Aliou Sall plaide pour un recrutement massif d’enseignants et de formateurs spécialisés, avec un renforcement de la formation à travers les structures compétentes, notamment l’ENSETP.

Il suggère également de développer la coopération avec des pays disposant d’une expérience reconnue dans l’enseignement technique et la formation professionnelle, citant notamment la Suisse, la Belgique et le Maroc.

Une proposition institutionnelle : fusionner les deux ministères

La proposition la plus structurante concerne toutefois la gouvernance du secteur.

Aliou Sall se prononce en faveur de la fusion du ministère de l’Éducation nationale et du ministère chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.

Il imagine un ministère unique de l’Éducation et de la Formation, avec deux directions générales fortes chargées de piloter respectivement les deux sous-secteurs, tout en mutualisant certaines fonctions administratives et déconcentrées.

Selon lui, cette organisation permettrait de réduire la dispersion des ressources et de favoriser une mutualisation budgétaire pour financer les ateliers, laboratoires et équipements nécessaires aux futurs CEGTP et lycées mixtes.

« Une réforme fondée sur la mutualisation »

À travers ces six propositions, Aliou Sall défend une approche reposant moins sur les investissements lourds que sur l’utilisation optimale de l’existant.

Pour lui, atteindre 30 % d’ETFP au secondaire nécessite avant tout des choix politiques en faveur de la mixité pédagogique, de la mutualisation des infrastructures et des ressources, du renforcement des enseignants spécialisés et de la mobilisation du secteur privé.

Une stratégie qui vise à faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle un levier central de compétitivité et d’insertion des jeunes, en cohérence avec les ambitions affichées pour la transformation économique du Sénégal.