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El Hadji Malick SY, une Maxime par Excellence


Rédigé par leral.net le Samedi 22 Août 2026 à 01:31 | | 0 commentaire(s)|

« Agis de sorte que la maxime de ton action soit érigée en une vérité universelle ». Cette assertion kantienne raisonne comme un qualificatif qui définit parfaitement El Hadji Malick SY (RTA). Tellement le saint homme a marqué l’histoire par sa posture en tant que guide mais aussi un modèle qui continue d’inspirer et de marquer les masses dont l’évolution perpétuelle de la société, peut déboussoler. Son modèle de Guidance marque l’adhésion de toutes les couches sociales grâce à une stratégie comme la Bourda. Ces séances de recueillement et de piété, bercent le climat social à travers des panégyries en l’honneur du Prophète (PSL). Tous les esprits se ruent vers Tivaouane qui vit comme un éponyme tellement le nom du Pére fondateur est présent. Cet engouement comme un moment de régénération identitaire mobilise la jeunesse partout sur le territoire national. Cette imitation s’explique par ce besoin que les jeunes ont, de trouver un modèle. Dans ce sens, il convient de nous intéresser sur : comment sa vie et son œuvre ont engendré des valeurs universelles qui continuent d’inspirer l’Humanité.

Le Savoir comme préalable au Cheminement Spirituel

« Ô fils de cette époque, je vous appelle à la revivification de l’Islam par la Science ». Cet appel d’El Hadji Malick SY à la jeunesse est une illustration parfaite de la place qu’il donne aux jeunes dans son projet spirituel mieux dans sa vision de co-construction. Mais aussi une invitation à la responsabilité pour une implication des jeunes par le Savoir, le culte du Travail et un comportement modèle. Le triptyque Savoir-Savoir faire-Savoir Etre est le socle de la Pensée et l’Action de Maodo.
Le Saint Homme considère que le remède le plus efficace contre l’ignorance est l’instruction et l’ennemi le plus vorace est l’ignorance. Dans sa stratégie de transmission, le Savoir, la culture et la connaissance occupent une place de choix dans sa méthode de guidance. La spiritualité telle que prônée par El Hadji Malick SY doit être portée par la Gnose. Pour Lui, le Savoir est la barque par laquelle, l’Aspirant doit embarquer pour migrer vers les domaines de la Divinité. Connaitre pousse à comprendre, quand on comprend on finit par aimer (Dieu) : la quête de Dieu est consubstantielle à la connaissance. Maodo en faisait une chimère voire une identité de son déploiement spirituel.
Vaincre l’Obscurantisme à travers la lumière du Savoir, a été son leitmotiv durant toute sa vie. C’est pourquoi très tôt, il a formé une élite qu’il a déployé sur l’étendue du territoire pour la formation des masses surtout la frange jeune. La jeunesse doit être le premier rempart du développement religieux, spirituel mais aussi économique et social. Pour se faire l’apprentissage est le premier acte sur lequel tout repose notamment l’Amour de la Religion c’est pourquoi il soutient : « Pour aimer sa religion, il faut absolument avoir une connaissance ».
En effet dans les turpides des sociétés anciennes où les imperfections liées aux errements de l’Ame faisaient Loi, la seule lueur émanait du Savoir et des Connaissances selon Maodo. Le Savoir mène indéniablement au Savoir Faire.

Le Savoir-Faire pour une intégration sociale

El Hadji Malick SY n’a pas une conception passive de la religion. Pour Lui, cette dernière doit être portée par un sujet actif socialement. La Religion ne peut être un cache pour l’oisiveté ou la paresse mais un censeur moral qui accompagne. Il portait par devers Lui, une conception éthique du soufisme qui exclue toute dépendance au Matériel, au refus du travail et à la subordination aux mécènes. Le Travail est central dans son projet spirituel puis qu’il permet d’intégrer le Schéma social mais aussi un moyen de prévention contre tous les fléaux liés aux vicissitudes de l’Ame. Cette articulation entre spiritualité et travail trouve sa source dans la vie du Prophète de l’Islam Mouhamed (PSL) qu’il érige en modèle. Il a été un commerçant doublé d’un agriculteur qui ne reposait pas seulement sur un statut (messianique) mais un citoyen actif et utile à la Société à laquelle il évolue. Le Prophète avait une influence dans son Clan du fait de son autonomie mais aussi un désintéressement vis-à-vis de tout ce qui est attrait au Matériel. Il convient cependant de marquer une dichotomie entre le Matériel et la Matérialité qui n’est autre que les conditions minimales pour une subsistance.
Le Projet spirituel d’El Hadji Malick SY est une rupture qui marque l’Histoire des confréries au Sénégal : il porte un soufisme qui s’appuie sur l’activité économique pouvant favoriser une certaine autonomie nécessaire pour ne pas faire de la subsistance de ses disciples la condition de son activité religieuse. C’est pourquoi il pratiquait l’agriculture pour vivre de son activité mais aussi participer à sa manière, à l’effort de la construction nationale et ainsi donner un modèle de co-construction. Les disciples ne sont plus perçus comme des sujets assujettis à un Chef mais partie prenante d’un effort collectif.


Le Savoir-Etre ou l’éthique de la responsabilité sociétale

La finalité du cheminement reste le comportement de l’Aspirant, c’est l’équilibre qui lui permet d’agir sur la « condition humaine ». Dans les principes spirituels de Seydi El Hadji Malick SY, le savoir-être occupe une place prépondérante. Le disciple est avant tout un sujet social condamné à évoluer dans la Société. Ses rapports avec ses semblables doivent obéir à une logique d’interaction. C’est ce qui explique la réorientation de sa méthode de résistance contre le Colonialisme : en effet Maodo a très tôt compris que la décolonisation armée n’était pas pertinente face à la puissance armée du Colon. Il a prôné un retour vers les richesse culturelle et cultuelle pour faire face à l’Occupation. Cette capacité d’adaptation est un marqueur d’intelligence sociale chez le saint homme dont la démarche repose sur le fait de permettre une expression plurielle pour réussir le vivre ensemble : « le droit d’être différent, le devoir d’être ensemble ».
Dans le projet spirituel de Seydi El Hadji Malick SY, façonner l’aspirant de sorte qu’il soit en mesure de tenir sa place dans l’organisation sociale est un pan de sa structure (spirituelle). Il s’agit ici de créer une harmonie entre déterminisme (la Nature humaine) et les acquis sociaux. Il fonde son postulat sur des valeurs qui composent notre mémoire collective : l’humilité, l’effacement, le détachement, le travail, la dignité, la tolérance, la concorde mais aussi la Spiritualité à travers l’Adoration de Dieu et l’Amour du Prophète (PSL).
Le savoir être dans la pensée d’El Hadji Malick SY s’articule autour d’humanisme et de conscience dont le tout est porté par un soufisme décontenancé de tout agissement fanatique et obscurantiste. La Foi et l’Exemplarité en sont ses principales composantes.
Pour El Hadji Malick SY, le Savoir est indissociable à la rectitude morale. Sans la Morale, les connaissances ne peuvent pas être bénéfiques du moment où la bonne tenue conditionne le partage du Savoir. Maodo était avant tout un érudit qui maitrisait les questions de son temps. Dans une démarche de Détachement, il vivait dans la Société tout en se prémunissant des vanités que celle-ci peut porter comme stigmates. A ses condisciples, il inculquait l’esprit de dépassement en aidant son prochain, en œuvrant pour l’unité de la Communauté surtout en s’éloignant des divisions et des querelles de personnes.
La voie soufie que proposait El Hadji Malick SY, prône le respect de l’establishment et les règles qui permettent le bon voisinage entre le Pouvoir local et les citoyens. Il érige le respect de l’ordre préétabli par l’autorité coloniale comme posture tout en préservant les croyances culturelles et religieuses. Une lutte stratégique qui privilégiait l’éveil des consciences et non les armes : telle a été sa perspective raison pour laquelle il a réussi à implanter des Zawiyas ou centres théologiques partout au cœur des foyers de l’Administration coloniale (Dakar, Saint-Louis, Tivaouane).


Dans l’immense œuvre d’El Hadji Malick SY, nous pouvons noter une offre spirituelle qui repose sur l’Humain. La Foi n’est pas incompatible avec les principes qui régissent la vie en Société. Elle est au contraire bénéfique pour celle-ci dès lors qu’elle peut doter ses sujets, de l’éthique. Le saint homme ne s’inscrit pas dans une démarche de séparation, mais une corrélation entre les savoirs pour former des citoyens actifs capables de relever les défis qui favorisent le Développement de la Cité.
L’idéal de l’homme accompli dans la pensée du saint homme se fonde sur l’instruction pour vivre dans son temps, une spiritualité pour se prémunir des errements de l’âme, la morale pour ne pas dévier de ses responsabilités et l’action comme apport pour participer dans la volonté de réformer.
Dans un contexte marqué par la crise des valeurs, l’œuvre de Maodo continue d’inspirer la Jeunesse. Sa vie est un modèle qu’il vaille porter fièrement en tant que Sénégalais du fait de son sens élevé de patriotisme qu’il a vivifié par l’éducation afin qu’il soit un rempart contre l’assimilation et le complexe d’infériorité : un souverainiste avant l’heure.
Son héritage dépasse largement les frontières d’une époque, il requinque les générations nouvelles et futures en les invitant à s’intéresser au Savoir. Sa pensée ne repose pas seulement sur la Connaissance mais aussi sur le Devenir.
La spiritualité d’El Hadji Malick SY peut se résumer comme une Foi impactante dont les ressorts sont le Savoir, le Savoir Faire et le Savoir Etre.

Baye Dame MBENGUE