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Elimination du Sénégal au Mondial 2026: Le seul adversaire du Sénégal : Pape Thiaw


Rédigé par leral.net le Jeudi 2 Juillet 2026 à 15:37 | | 0 commentaire(s)|

La Belgique n'a peut-être pas été le plus grand obstacle du Sénégal. Le véritable adversaire des Lions s'est trouvé sur leur propre banc. Son nom : Pape Thiaw.

Rarement une équipe sénégalaise aura donné autant le sentiment de se saborder en pleine rencontre. Pendant plus d'une heure, les Lions ont imposé leur loi à une Belgique méconnaissable. Ils l'ont étouffée par un pressing incessant, dominée dans les duels et privée de son football. Les Belges étaient bousculés, frustrés et incapables de développer leur jeu. Ils ne trouvaient aucune solution. Jusqu'à ce que Pape Thiaw leur en offre une.

Car c'est bien le sélectionneur sénégalais qui a relancé une Belgique au bord de la rupture.

La première incompréhension concerne Sadio Mané. Personne ne remet en cause son immense carrière ni son statut de légende du football sénégalais. Mais une Coupe du monde ne se joue pas sur le passé. Elle se gagne avec les joueurs les plus performants du moment.

Au fil des minutes, Sadio Mané n'avait plus les jambes. Son pressing avait perdu en intensité. Ses accélérations ne faisaient plus de différences. Ses appels devenaient rares. Tout indiquait qu'il fallait injecter du sang neuf. Pourtant, Pape Thiaw a attendu, attendu encore, comme si le simple nom de Sadio Mané pouvait suffire à faire basculer un huitième de finale.

Pendant que le sélectionneur sénégalais hésitait, la Belgique reprenait confiance.

Mais le véritable naufrage est venu ensuite.

Sortir Pape Gueye et Habib Diarra restera probablement comme l'une des décisions les plus incompréhensibles de cette Coupe du monde. Les deux hommes étaient les poumons des Lions. Ils récupéraient les ballons, étouffaient les relances belges, harcelaient chaque porteur et permettaient au Sénégal de jouer trente mètres plus haut.

Ils étaient tout simplement les meilleurs Sénégalais sur le terrain.

Alors que tout entraîneur aurait cherché à préserver cette domination au milieu, Pape Thiaw a choisi de démonter lui-même le moteur de son équipe.

Dès leur sortie, le scénario a changé.

Le pressing a disparu.

La récupération est devenue inexistante.

Les espaces se sont ouverts.

La Belgique s'est installée dans le camp sénégalais sans rencontrer la moindre résistance.

Ce n'est pas la Belgique qui a trouvé la solution. C'est le Sénégal qui la lui a offerte.

Il est difficile de comprendre la logique d'un entraîneur qui retire simultanément les deux joueurs responsables de l'équilibre de son équipe alors que son adversaire souffre précisément dans ce secteur. C'est comme retirer les fondations d'une maison en espérant qu'elle restera debout.

Les conséquences ont été immédiates. Les défenseurs sénégalais, jusque-là protégés, se sont retrouvés exposés. Les attaquants ont été privés de ballons exploitables. Les contre-attaques ont disparu. Les Lions ne faisaient plus peur à personne.

Le plus inquiétant n'est pas seulement le résultat. C'est l'absence de lecture du match.

Tout le stade voyait que le milieu sénégalais dominait la rencontre grâce à Pape Gueye et Habib Diarra.

Tout le stade voyait que Sadio Mané avait perdu de sa fraîcheur.

Tout le stade voyait que la Belgique montait progressivement en puissance.

Sauf, semble-t-il, le sélectionneur.

Le coaching est censé corriger les difficultés d'une équipe. Celui de Pape Thiaw les a créées. Les remplacements ne devaient pas changer l'identité des Lions ; ils l'ont détruite. Les changements devaient apporter de l'énergie ; ils ont apporté du désordre. Ils devaient sécuriser le résultat ; ils ont ouvert la porte au retour belge.

Bien sûr, les joueurs ont leur part de responsabilité. Le football n'est jamais l'histoire d'un seul homme. Mais il existe des matches où les décisions prises sur le banc pèsent plus lourd que les erreurs commises sur la pelouse.

Celui-ci en fait partie.

La Belgique n'a pas gagné uniquement parce qu'elle était supérieure. Elle a gagné parce que le Sénégal lui a facilité la tâche au moment où elle était le plus en difficulté. Les Diables rouges n'ont eu qu'à profiter d'un cadeau tactique qu'ils n'espéraient probablement plus.

Les grandes équipes deviennent encore plus fortes grâce à leurs entraîneurs. Les Lions, eux, ont vu leur élan brisé par le leur.

Au coup de sifflet final, les regrets ne portaient pas seulement sur une qualification envolée. Ils portaient surtout sur cette question qui continuera de hanter les supporters sénégalais : pourquoi changer une équipe qui dominait son adversaire ?

La réponse appartient à Pape Thiaw. Mais une chose est certaine : face à la Belgique, le Sénégal n'a pas seulement perdu contre onze joueurs. Il a aussi perdu contre les choix de son propre sélectionneur.

Momar Alice NIANG, Journaliste

Mame Fatou Kebe