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Emploi des jeunes et formation professionnelle: Le gouvernement manque-t-il d’audace ? Par Laity Fall

Le Gouvernement Sall veut booster l’emploi des jeunes sans, semble-t-il, envisager courageusement la question de la formation professionnelle. Il s’agit tout de même d’un enjeu majeur, puisse qu’il est question ici du niveau de qualification des jeunes dans des métiers exigeants ; et également, de l’adéquation avec le marché de l’emploi au Sénégal.


Rédigé par leral.net le Vendredi 5 Novembre 2021 à 19:41 | | 0 commentaire(s)|

Emploi des jeunes et formation professionnelle: Le gouvernement manque-t-il d’audace ? Par  Laity Fall
La filière professionnelle dans l’apprentissage, a vocation à être pour les jeunes, un tremplin vers une insertion immédiate dans la vie active ou, pour certains cas, vers des poursuites d'études réussies.

Mais avant tout, l’objectif est de les mener vers l'acquisition de compétences et de qualifications, tout au long de leurs parcours.

Dans un monde qui se transforme par l’innovation (technologique, industrielle, …), la formation professionnelle doit être au centre des préoccupations liées à l’employabilité da la main-d’oeuvre locale. Elle doit être envisagée sous plusieurs formes et notamment, dès le second degré d’études scolaires.

Mais aussi, tout jeune en âge de travailler doit pouvoir de nos jours, au Sénégal, pouvoir accéder à une formation qualifiante et, ce, quel que soit son parcours.

Aujourd’hui le constat est posé : nous manquons véritablement de savoir-faire compétitif dans beaucoup de secteurs porteurs.

Il est devenu évident que la compétition avec la main-d’oeuvre étrangère, est parfois très rude.

L’écart de compétences encore important dans plusieurs secteurs, pousse le gouvernement sénégalais à faire appel à de nombreuses entreprises non locales pour achever le gros oeuvre du Plan Sénégal émergent (PSE).

L’aéroport BlaiseDiagne, inauguré fin 2017, a été construit par les Saoudiens du Bin Ladin Group puis achevé par les Turcs de Summa-Limak. Quant au TER en cours d’achèvement, ce sont les Français de Thales, Engie, Eiffage et Alstom, qui ont été sollicités.

Avec une expertise locale dûment qualifiée, les initiatives de progrès économiques seront davantage à notre portée.

Il est grandement temps de moderniser la voie professionnelle, en préparant les talents aux métiers de l’innovation.

Ainsi, un partenariat avec les régions et avec le monde professionnel permettrait une intelligence collective au service de la réussite.

Il faudra donc que l’offre de formation dans chaque région corresponde le plus aux besoins techniques des entreprises locales.

De là, il faut reconnaître que le programme expérimenté à Thiès, répond au principe d’approche par les compétences et les besoins locaux.

Autrement dit, les programmes enseignés tiennent compte des besoins concrets de l'économie locale, besoins qui sont déterminés au préalable par une enquête préliminaire. Ainsi, en raison par exemple de l'économie liée à la pêche, les besoins en maintenance frigorifique, donc en techniciens formés, sont importants dans la région.

Dans le même ordre d'idées, la présence d'industries extractives de phosphates suppose la formation de techniciens dans les structures métalliques. Il en est de même pour la filière de la transformation industrielle des produits agricoles.

Enfin, l'essor de la construction, bien présente dans la région où les bâtiments flambant neufs alternent avec des constructions en cours, suppose également la formation de techniciens en génie civil.

Ce modèle devrait être répété dans chaque département du pays à compter d’octobre 2021, selon les annonces faites par le président de la République en juin dernier.

Pour accompagner cette politique, le Président a instruit le renforcement des filières scientifiques et l’orientation de 30% des élèves en fin de cycle primaire vers les filières professionnelles.

La vision est louable mais pourrait très vite manquer d’audace.

Il est impératif de diversifier l’offre et le mode d’apprentissage, en développant l’alternance et les formations préparant à une prise de poste.

En réalité, la plus grande partie de la vision de l’Exécutif, donne l’impression d’être accentuée sur le parcours classique de la formation continue.

• • Il faudrait inciter davantage les entreprises à faire recours à l’alternance, en instaurant des mesures d’allégements fiscaux.

• • Pour aller encore plus loin, face au chômage, on pourrait envisager notamment de développer les formations dans le cadre de préparations opérationnelles à l’emploi (POE). Ce type de formations permet concrètement, aux jeunes en situation de demandeurs d’emploi, de se préparer à leur prise de poste dans des métiers spécifiques et techniques.

Le gouvernement devra donc avoir comme cahier des charges, dans l’optique d’une transformation audacieuse de la voie professionnelle :
• • De créer des Bac Pro – Métiers (avec des filières de compétences ouvrières : menuiserie, maçonnerie, mécanique, installation électrique, etc… ; et de compétences du secteur tertiaire : commerce, vente, gestion administrative, santé sociale, …).

• • D’instaurer un système de valorisation et de validation des acquis de l’expérience (à confier par exemple au 3FPT).

• • De favoriser l’adaptation des travailleurs à leur poste de travail, à l’évolution des emplois ainsi que leur maintien dans l’emploi et de participer au développement des compétences.

• • Et enfin, de réduire les risques d’une qualification inadaptée à l’évolution des techniques et des structures de l’entreprise.





Laity Fall
Contributeur citoyen



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