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Emploi des jeunes, un volcan en dormance: Gare à l'éruption ! (décryptage Leral)


Rédigé par leral.net le Mardi 22 Août 2017 à 10:20 | | 0 commentaire(s)|

 

Au Sénégal, les différents régimes qui se sont succédé au pouvoir, se sont montrés incapables de trouver des parades, bref à inventer des solutions pour endiguer les vagues de chômeurs qui ne cessent d'augmenter au fil des années. Et ce sont les jeunes qui en paient le plus lourd tribut.

Pour ce qui concerne l’emploi, la DPBEP, sur la base d’une enquête nationale, situe le taux d’occupation à 39% sur l’année 2015. « Cela signifie que sur 100 personnes en âge de travailler, seules 39 occupent un emploi. »

Toujours d'après les résultats de l’enquête nationale sur l’emploi au Sénégal (Enes) réalisés du 23 septembre au 24 octobre 2016 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), le taux de chômage touche plus la population qui fait des études et décroche des diplômes dans divers domaines.


En effet, les chômeurs comptent pour 12,1% parmi les personnes sans diplômes, 15,7% pour celles ayant le Cepe/Cfee, de 15,5% pour les titulaires du Bac/Dt/Bt, de 15,2% pour celles ayant le niveau Bac+2, et de 22,8% parmi les personnes détentrices d’un diplôme supérieur à Bac+2″.

Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 300 000 jeunes qui, chaque année, toquent à la porte des entreprises, de l'administration à la recherche d’un emploi, selon la directrice des Opérations de la Banque Mondiale pour la sous-région, Louise Cord, lors d’un forum sur l’emploi, en 2016.

Une situation qui, ressemble à un volcan en dormance dont l’éruption risque tout simplement d'avoir des dégâts incommensurables pour la paix et la stabilité du pays. Aujourd'hui, les jeunes ne savent pratiquement plus à quel politique se fier, tellement ces derniers ont usé et abusé de leur crédulité.

On ne se souvient d'eux et de leur souffrance qu'en période de campagne électorale, moment où les aspirants au fauteuil présidentiel leur font des promesses, plus mirobolantes les unes que les autres, avec un diagnostic précis de leur mal et des solutions à tout-va. Tout en ne manquant pas au passage, de les utiliser comme chair à canon, lors de leurs joutes politiques quand elles virent parfois au pugilat !

Mais une fois leur but atteint, ils leur tournent le dos, oubliant que ces jeunes qui sont des laissés-pour-compte sont, quoi qu’on puisse dire, majoritaires dans la société et ont été d'un apport déterminant pour leur élection. Les politiques l’ont si bien compris que l’âge du vote a été abaissé à 18 ans !

Mais ce qui révulse le plus dans cette situation, est le fait que ceux qui tiennent ces promesses, savent le plus souvent qu'ils sont incapables d’élaborer des politiques à même d'absorber tout le flux de diplômés qui envahissent le marché de l'emploi.

Toutes les structures créées par les différents pouvoirs qui se sont succédé, ont toutes montré leurs limites, pour ne pas dire leur impuissance à juguler ce phénomène croissant du chômage des jeunes.

Le plus inique dans cette situation, est le fait que toutes ces agences, Fnpj, Ajeb, Anama, Anej... censées lutter contre le chômage des jeunes, ont aujourd'hui mis la clé sous le paillasson, envoyant leurs employés grossir le lot des chômeurs. Tout simplement, c’est que ces agences sont affligées d’une tare congénitale parce qu’orientés dès leur création, en officines de placement des jeunes du parti au pouvoir et ses alliés.

 Aujourd'hui, c'est au tour de l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anej), de prendre la relève après l’échec du Fonds national de promotion des jeunes (Fnpj), de l’Agence pour l’emploi des jeunes des banlieues (Ajeb) et l’Agence nationale d’appui aux marchands ambulants (Anama). Et à moins d'un miracle, les mêmes causes produisant les mêmes effets, elle risque de connaître le triste sort de ses devancières.

Donc, laissés à eux-mêmes, sans perspectives, sans référents, les jeunes aujourd'hui se débrouillent du mieux qu'ils peuvent pour se libérer des affres du chômage. Très clairement, la société a de plus en plus de difficultés à intégrer ces jeunes dont les paradigmes de réussite sociale sont en Occident, occasionnant le drame des pirogues de l’émigration forcée.

Et la famille en fait les frais puisqu’aujourd'hui il y a une cassure dans le processus de socialisation de ses enfants.  Les études et la difficulté de trouver un emploi prolongent la dépendance de ces jeunes, d’où les conflits entre parents et enfants.

Dans une société où l'avoir est l’alpha et l’oméga, les enfants en âge de travailler et de se prendre en charge, vivent désormais à l’étroit dans les familles. A croire qu’il n’y a pas de place pour eux dans notre société !

L’État naguère, premier pourvoyeur d'emplois, n'est plus en mesure d'absorber cette masse de demandeurs de plus en plus importante. A cela s’ajoute qu’avec la politisation à outrance de l'administration, désormais recommandations et autres passe-droits font loi.     

Quand l’Etat et la Famille ne sont plus en mesure d’assurer la bonne socialisation de ses enfants, il faut se poser la question de savoir avec quelle jeunesse comptons-nous bâtir le Sénégal de demain ? Quand la jeunesse d’un pays ne voit d’autre solution que d’aller voir ailleurs, peut-on compter sur elle pour bâtir le Sénégal de demain ?

La réponse à ces questions n’est pas aisée mais pour parler comme l'autre, « Etats, occupez- vous des jeunes avant qu'ils ne s'occupent de vous !». A bon entendeur…

LA REDACTION LERAL.NET  




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