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Encore un atelier. Encore des discours. Encore des engagements solennels sur le « zéro accident »

Rédigé par leral.net le Dimanche 22 Février 2026 à 17:12 | | 0 commentaire(s)|

Mais la vraie question est simple : qui contrôle réellement le secteur pétrolier au Gabon ? La Journée HSSE organisée à Port-Gentil, avec la participation d'opérateurs comme Assala Gabon, met l'accent sur la prévention des accidents majeurs et la culture du risque. Très bien. Mais la sécurité dans l'industrie pétrolière ne dépend pas d'abord des ateliers. Elle dépend du contrôle effectif de l'État.
Car il faut le dire clairement : lorsqu'une société pétrolière ne respecte pas les (...)

- LIBRE PROPOS /

Mais la vraie question est simple : qui contrôle réellement le secteur pétrolier au Gabon ? La Journée HSSE organisée à Port-Gentil, avec la participation d'opérateurs comme Assala Gabon, met l'accent sur la prévention des accidents majeurs et la culture du risque. Très bien. Mais la sécurité dans l'industrie pétrolière ne dépend pas d'abord des ateliers. Elle dépend du contrôle effectif de l'État.

Car il faut le dire clairement : lorsqu'une société pétrolière ne respecte pas les consignes de sécurité, ce n'est pas seulement un échec de l'entreprise. C'est aussi un échec du système de régulation.

L'État gabonais a la responsabilité :

●De contrôler régulièrement et rigoureusement les installations ;

●D'imposer des audits indépendants ;

●De publier les rapports d'inspection ;

●De sanctionner sans faiblesse les manquements ;

●Et, si nécessaire, de suspendre les activités des opérateurs défaillants.

On nous parle d'incidents « survenus ailleurs ». Pourtant, le Gabon a déjà connu des catastrophes et des incidents liés au non-respect des règles de sécurité. Cela signifie que le problème n'est pas théorique. Il est réel, local et concret.

Organiser des ateliers financés indirectement par les coûts pétroliers — donc, en fin de compte, par les ressources nationales — ne peut pas remplacer l'autorité de l'État. La régulation ne doit pas être pédagogique, elle doit être contraignante.

Si les règles existent mais ne sont pas appliquées, la responsabilité ne peut pas être diluée. Elle incombe d'abord à l'autorité publique chargée du contrôle.

La sécurité des procédés n'est pas un slogan technique. C'est une question de souveraineté.

Un État fort ne négocie pas la sécurité de ses citoyens.
Un État responsable ne tolère pas la complaisance opérationnelle.
Un État crédible sanctionne.

Le Gabon n'a pas besoin d'un atelier de plus.
Il a besoin d'un contrôle plus ferme, plus indépendant et plus transparent du secteur pétrolier.

Le « zéro accident » ne sera pas atteint par les discours. Il le sera lorsque chaque opérateur saura qu'aucun manquement aux consignes de sécurité ne restera sans conséquence.

Armand DAGRACA TCHITEMBO
Ancien DGA de PanAfrican Energy
Ancien DGA de Addax Petroleum
Homme Politique
Acteur Economique.



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/libre-propos/art...