leral.net | S'informer en temps réel

Entretien - Cheikh Sidiya Diop crie au complot: "A Mermoz-Sacré-Cœur, je suis le maire légitime"

Dans cet entretien accordé à Leral, Cheikh Sidiya Diop revient sur la participation de son parti aux dernières locales. Le tonitruant secrétaire général de la Ligue des masses, qui était candidat à la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur, dénonce un complot qui expliquerait sa défaite dans cette commune. Selon lui, les autorités ont orchestré une fraude pour "confisquer" sa "victoire" et installer un autre sur le fauteuil du maire. D'ailleurs, Cheikh Sidiya Diop se dit "maire légitime" de Sacré-coeur-Mermoz. En outre, il est revenu sur l'état actuel de son parti, son choix pour 2017 porté sur Abdoulaye Baldé, son retrait du Front pour la défense de la République (FPDR) et les 3 ans de Macky Sall à la tête du Sénégal.


Rédigé par leral.net le Mardi 6 Octobre 2015 à 15:10 | | 0 commentaire(s)|

Comment se porte la Ligue des masses ?

La Ligue des masses porte très bien. Le parti est un train de se massifier, de s'élargir et de s'ancrer dans les coins et recoins les plus éloignés du Sénégal. Lors des dernières élections, nous avons déposé des listes dans toutes les localités du pays. Nous avons concouru seul presque partout sauf à Fatick, Kaokack et Guédiawaye où la Ligue des masses était coalisée.

La Ligue a pris part aux dernières élections locales. Quel bilan en tirez-vous ?

Les résultats ont largement dépassé nos attentes surtout pour un parti jeune. La Ligue des masses a surpris en boutant le régime en place dans plusieurs localités comme dans d'autres municipalités où nous l'avons mis en ballottage. Grosso modo, la Ligue des masses est un maître du jeu, un arbitre incontournable dans la vie politique du pays et je suis en mesure de vous dire notre totale satisfaction parce que la Ligue des masses a atteint ses objectifs.

Vous étiez candidat à la mairie de Mermoz-Sacré-Coeur mais vos résultats n'étaient pas fameux...

C'est qui s'est passé dans la commune de Mermoz Sacré Cœur est scandaleux. Dans une logique de me combattre, le régime en place a mis en place un arsenal de fraudes avec un fichier électoral truqué. Mes électeurs ont été défalqués et versés dans les communes environnantes. Et d'autres électeurs qui me sont défavorables ont été transférés dans notre commune. Avec ce jeu de d'addition et de transferts d'électeurs, ma victoire m'a été confisquée. Ce qui est anti-démocratique puisque les véritables chiffres me donnent vainqueur avec un score de 54% et ayant obtenu 35 conseillers sur les 46. C'est connu, je suis incontournable dans la commune de Mermoz-Sacré-Cœur où tout le monde m'appelle "Monsieur le maire".

Si vos accusations étaient fondées, pourquoi n'avez-vous pas saisi la justice pour un recours ?

Ne trouvez vous pas incohérent que des populations qui habitent les Sicap, Ouakam, Fann etc... votent dans la commune contre les populations de notre commune qui ont voté ailleurs ? Ce chevauchement électoral entre les communes est bizarre et illogique puisqu'il n'offre pas la possibilité aux populations d'élire leur maire. Pour vous dire que dans cette commune de Mermoz-Sacré-Cœur, je suis le maire légitime et avec la complicité du Parti-Etat, l'APR, un maire illégal et receleur de mes voix a été installé grâce aux manœuvres et astuces de la fraude. Et, je vous invite à me suivre pour sonder ma popularité dans tous les quartiers de la commune où j'ai souvent du mal à me frayer un chemin.

La Ligue des masses a pris ses distances avec le Front république pour la défense de la République (FPDR). Quelle est la raison du malaise ?

Nous ne sommes pas membre de ce front qui est la suite de l'ancien Boloo Taxawu Askanwi dont la Ligue des masses appartenait. Ce front nous a combattu lors des dernières élections en voulant nous imposer sans la moindre concertation ses choix et cela malgré les délibérations de la Coalition qui coiffe les partis politiques. Sinon à ce niveau, la Ligue des masses a tourné le dos à ce front. Pour nous, c'est du passé. À titre personnel, j'ai gardé de très bons rapports avec les leaders de ce front qui sont des hommes de grandes qualités.

Vous avez avez décidé de soutenir Abdoulaye Baldé pour la Présidentielle de 2017. Pourquoi ce choix ?

Nous allons installer Baldé au Palais en 2017. Nous le soutenons parce que nous nous retrouvons dans son projet de transformation politique, économique et sociale du Sénégal. Baldé est un homme d'Etat, qui a la l'envergure, la tenue et la retenue. Il est très méthodique et organisé. Il va à l'essentiel et n'aime pas perdre du temps sur des détails inutiles pour le développement du pays. Rien que pour cela, il mérite notre soutien et le salut de tout un chacun parce qu'il a une vision pour le pays. Sa persée est remarquable et est le fruit de sa stratégie. Abdoulaye Baldé est très polissé, c'est un homme d'action qui veut remettre le pays à l'endroit. Et, je peux soutenir mordicus que les faits me donnent raison et qu'à l'heure actuelle, parmi les hommes et les femmes qui veulent briguer la magistrature suprême de ce pays y compris le Président Macky Sall, Abdoulaye Baldé est la seule alternative crédible. Tout simplement par son background, son itinéraire, ses connaissances profondes de l'Etat, sa stature et surtout sa volonté de transformer les choses dans les plus brefs délais. Pour vous dire qu'Abdoulaye Baldé a le profil, c'est un top-talent en puissance exponentielle pour 2017.

Quel bilan tirez-vous des 3 ans de Macky Sall à la tête du Sénégal ?

Le pays est à vau-l'eau. C'est le paroxysme du chaos. Et là dessus, le Président Macky Sall a battu tous les records. C'est triste. Tous les secteurs ont mis la clef sous le paillasson. Tout a rétrogradé dans ce pays. Il m'arrive de me demander est ce que la gestion n'est elle pas lourde pour le Président Macky Sall qui ne cesse d'improviser et de tâtonner dans une médiocrité absolue puisque aucune politique n'est réfléchie. Je n'ai jamais vu un homme aussi impopulaire dans l'histoire politique du pays. Je viens de terminer une tournée nationale et partout où je suis passé le slogan "deuk bi dafa Macky" est devenu un hymne national. C'est scandaleux. Le faire partir est une question de salubrité publique afin d'abréger les souffrances des populations. Et, je m'engage solennellement que si le Président Baldé accède au pouvoir, les choses bougeront en un laps de temps en commençant par l'Etat de droit et la démocratie.



Cliquez-ici pour regarder plus de videos