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Entretien avec Youssouf Ndiaye, directeur d’Abass Ndao : «On ne sent plus l’implication du maire dans le fonctionnement de l’hôpital»

Le Centre hospitalier Abass Ndao (Chan) est encore sous les feux de l’actualité ces derniers jours, à cause notamment des retards de salaires et du non fonctionnement de certains services, faute de consommables. Mais pour le directeur de l’établissement de santé, cette fréquence des conflits entre travailleurs et direction est due à la «non compréhension» du statut de l’hôpital par les grévistes. Dr Youssouf Ndiaye, qui s’est confié au journal Le Quotidien, trouve d’ailleurs que ce conflit est juste entretenu par un syndicat, qui regroupe les travailleurs municipaux, alors qu’au même moment, la ville de Dakar refuse de libérer la subvention de 200 millions de francs Cfa qu’elle doit chaque année au Chan. Une façon de dire qu’il y a anguille sous roche et qu’il ferait même l’objet d’une conspiration pour obtenir sa tête. Entretien…


Rédigé par leral.net le Lundi 22 Juillet 2013 à 12:35 | | 2 commentaire(s)|

Entretien avec Youssouf Ndiaye, directeur d’Abass Ndao : «On ne sent plus l’implication du maire dans le fonctionnement de l’hôpital»
L’hôpital que vous dirigez est encore sous les feux de l’actualité avec des mouvements d’humeur intempestifs, entretenus par des travailleurs, soit pour réclamer des salaires, soit pour demander le bon fonctionnement des services. Qu’est-ce qui fait que cet hôpital est toujours en proie à des crises ?

Pour parler des problèmes auxquels cet hôpital est confronté, il faut remonter à l’historique de celui-ci. Je peux vous dire que l’hôpital a été rattrapé par son passé, qui fait qu’il supporte des charges salariales extrêmement importantes, d’une part et d’autre part, du fait que son plateau technique est resté très longtemps sans être renouvelé. Il se trouve par ailleurs qu’on est confronté à un déficit budgétaire, parce que toutes les sources de financements auxquelles nous nous attendions n’ont pas été reçues. C’est ce qui fait que l’hôpital traverse aujourd’hui, cette situation difficile, qui peut expliquer par ailleurs les retards de salaires.

Est-ce que ce n’est pas à cause du statut si particulier de l’hôpital qui fait qu’il y a tout le temps des problèmes ?

C’est peut-être la compréhension de ce statut par le personnel et par certaines autorités, notamment la ville de Dakar, qui pose problème. C’est-à-dire que le personnel pour la plupart pense que nous sommes une collectivité locale alors que l’hôpital est devenu un Etablissement public de santé, doté d’une autonomie administrative et financière. Donc, l’hôpital est devenu une personne morale de droit public, par conséquent, un démembrement de l’Etat. Aussi, son statut communal fait-il que le maire de Dakar est de droit, le président du Conseil d’administration de l’hôpital. Ce qui, pour moi, constitue un atout quand on sait que c’est le seul établissement public de santé de niveau 3, dont le maire de la ville de Dakar assure la présidence du Conseil d’administration. Non seulement, c’est un atout mais également un grand honneur parce que Dakar est une grande ville surtout du point de vue géographique, en Afrique de l’Ouest. C’est ça qui explique le statut communal de l’établissement public de santé que nous sommes. Mais à part cela, c’est un hôpital qui est assujetti aux lois portant réforme hospitalière au Sénégal, donc les lois 98 – 12 et les lois 98 – 02.

A vous comprendre, si l’hôpital a des difficultés, c’est la faute du ministère de la Santé ?

Non au contraire ! D’ailleurs, si l’hôpital fonctionne jusqu’à maintenant, c’est grâce au ministère de la Santé. Parce qu’il n’a jamais baissé les bras, relativement à la subvention annuelle qu’il a toujours transmise à temps à l’établissement. Du point de vue des ressources financières, la plus importante que nous recevons régulièrement nous vient du ministère de la Santé. Nos problèmes, c’est encore une fois, une incompréhension du statut par un seul syndicat qui s’agite actuellement et qui regroupe les travailleurs municipaux de l’hôpital. C’est un syndicat qui est peut-être nostalgique du passé de l’hôpital et qui n’a pas encore compris que l’hôpital a changé de statut.

Pourquoi, à votre avis, le ministère de la Santé libère régulièrement sa subvention alors que la mairie rechigne à en faire autant ?

Je pense que ce sont eux qui peuvent l’expliquer. C’est justement à cause de cette subvention de la mairie que nous avons ces problèmes de déficit budgétaire. Parce que dans notre budget, nous attendons une subvention de droit de 200 millions de francs. Le budget a été déjà voté. J’étais à deux doigts d’ailleurs de percevoir une première tranche à l’issue d’une audience que le maire m’a accordée, en présence du directeur des Affaires financières de la mairie de Dakar. Il était question de me donner une première tranche de 100 millions de francs Cfa. Mais contre toute attente, on nous a signifié que l’hôpital ne recevra plus ces 100 millions de francs Cfa, mais qu’il recevra cet argent en nature, c’est-à-dire en matériels médicaux. Alors que cet argent devait nous être transmis dans notre budget d’abord, même s’il devrait par la suite permettre l’achat de consommables. Parce que c’est nous qui devons exécuter les procédures d’achat. On ne doit pas acheter à notre place, on doit nous donner les ressources financières nécessaires, et à nous de lancer notre appel d’offres en fonction de nos besoins.
En tout cas, on n’a pas reçu un seul franc de la mairie de Dakar et maintenant s’il achète du matériel destiné à l’hôpital, ce matériel ne peut être considéré que comme un don à l’hôpital, mais ne peut pas entrer dans les éléments constituant notre budget.

Ne pensez-vous pas que la mairie a des raisons de procéder de la sorte, pour plus de transparence, peut-être ?

Je ne vois pas ! Peut-être qu’il faut leur demander les raisons. Par con­tre, je peux comprendre que c’est encore une incompréhension dans le statut même de l’établissement de santé. Parce que les Eps que nous sommes bénéficient d’une autonomie administrative et financière. D’ailleurs, je dois rappeler qu’il y a quelques temps, la ville de Dakar voulait nous doter de matériels médicaux, mais c’est le Préfet qui s’y était opposé, parce que la procédure n’était pas conforme avec les exigences d’un établissement public, qui doit exprimer ses besoins et faire ses propres achats. On peut nous dire par exemple : «On vous donne tant d’argent, pour que vous puissiez acheter tel matériel uniquement.» Mais on ne peut pas nous imposer d’acheter à notre place. On pense que ce blocage est lié à une incompréhension de la ville de Dakar, qui nous a mis dans cette situation.

Mais est-ce que vous avez sensibilisé la mairie de Dakar, dans le sens de lever toutes ces incompréhensions ?

Ah oui, plusieurs fois ! Et il faut dire aussi que le maire a été très sensible face à la situation du Centre hospitalier Abass Ndao. Mais depuis quelques temps, on ne le comprend plus, c’est comme s’il s’en est lavé les mains, pour des raisons que j’ignore. On ne le sent plus impliqué dans la marche de l’hôpital, mais cela ne veut pas dire qu’il pose des actes dans le sens de bloquer l’hôpital, au contraire. Je dois rappeler d’ailleurs qu’on a reçu de la ville de Dakar, tout récemment, des équipements médicaux d’une valeur de 35 millions de francs Cfa sur les 200 millions qui doivent nous revenir. Ce qui montre que le maire est dans une dynamique d’appui de l’hôpital. Mais ce que nous aurions préféré, c’est que les subventions nous soient remises comme le fait le ministère de la Santé. En ce moment là, jouissant de notre autonomie, on pourra gérer à l’interne et on nous jugera sur les pièces comptables et sur les résultats. Mais malheureusement, nous n’avons pas été suivis dans les propositions que nous leur avons faites.

Est-ce que le ministère de la Santé est au courant de cette situation ?

Le ministère est parfaitement au courant de la situation de Abass Ndao. Je dois profiter de cette occasion pour remercier encore une fois le ministre de la Santé qui était déjà à la tête de ce département au moment où l’hôpital appartenait encore à la Communauté urbaine de Dakar, avant que l’autorité de cette communauté urbaine de Dakar ne soit dissoute. Elle est très au fait des origines des difficultés de cet hôpital. Raison pour laquelle d’ailleurs elle n’a jamais cessé de nous apporter tout son soutien, pour qu’on puisse dépasser cette situation.

Les difficultés de l’hôpital, c’est également les services qui se meurent de plus en plus…

Effectivement, l’hôpital Abass Ndao souffre également de la vétusté de son plateau technique, je dirai même des infrastructures. Il y a l’exemple du bâtiment de la maternité, qui est presque centenaire. Le bâtiment a été inauguré en 1936, aujourd’hui la maternité est la plus grande de Dakar en termes de capacité d’accueil, mais malheureusement allez voir le service. Vous saurez que cette maternité souffre de plateau technique et de la vétusté des infrastructures. Du moment que les charges salariales sont importantes et que toutes les ressources financières de l’hôpital servent à payer des salaires et des primes extrêmement élevées, il est difficile pour un gestionnaire d’investir dans les infrastructures. Il faut que les autorités s’investissent pour qu’on ait un service public de qualité.
Des syndicats se sont levés pour fustiger des problèmes de gestion, mais une gestion ne se juge pas d’une façon subjective, elle se juge à travers des critères objectifs, définis, connus et mesurables. Mais dire qu’un responsable fait preuve de mauvaise gestion, c’est essayer de le discréditer aux yeux de l’opinion. Quand ils se lèvent pour crier contre la mauvaise gestion, c’est lié à l’histoire de l’hôpital, mais c’est également lié au fait que certaines autorités refusent de nous appuyer. Si on avait reçu les 200 millions de la mairie de Dakar, peut-être qu’on en serait pas à cette situation, marquée par une tension de trésorerie. Parce que l’hôpital fonctionnait à merveille, jusqu’à une époque très récente. On est allé même jusqu’à faire 100 millions de francs de recettes. Pour la première fois, les malades mangeaient correctement, pour la première fois, le centre Marc Sankalé a été entièrement intégré dans l’hôpital et même une Convention hospitalo-universitaire a été signée, pour mettre l’hôpital dans une dynamique de performance. Tous les services marchaient parfaitement, malgré la vétusté du plateau technique. C’est dans ce contexte que ces syndicats se sont levés pour réclamer des arriérés de primes, qui datent bien avant ma prise de fonction.

Vous voulez dire que les travailleurs préfèrent leurs poches au bon fonctionnement des services ?

On peut le comprendre comme ça, parce que, quand ils se rendent compte que la plupart de nos recettes vont dans le paiement des salaires et primes et qu’ils ne veulent pas lâcher une seule partie de leurs primes, cela veut dire que, quelque part, les gestionnaires que nous sommes n’ont aucune possibilité de trouver des financements à partir des recettes, pour pouvoir relever le plateau technique. C’est pourquoi nous attendons des pouvoirs publics surtout la mairie de Dakar, un appui substantiel pour relever le défi et aussi un accompagnement institutionnel, pour que ces pratiques et méthodes de dévolution de primes soient gérées d’une façon globale par l’autorité étatique plutôt que par un directeur qui, s’il le faisait d’autorité, serait voué à la vindicte des syndicats, parce que tout simplement, il aura touché à des acquis. Il faut dire que c’est notre faiblesse budgétaire qui nous met dans cette situation.
Avez-vous sensibilisé toutes les autorités dans le sens de doter cet hôpital d’assez de moyens, pour faire face à ses charges ?
On est en pleine phase d’élaboration d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens qui, nous l’espérons, fera l’objet d’un financement et si ce contrat est financé, ce sera pratiquement un milliard par an, dont les 95% serviront uniquement aux investissements. En ce moment là, on sera sûr que l’hôpital Abass Ndao sera un des fleurons du parc hospitalier du Sénégal.

Et dans le court terme, est-ce que vous avez des solutions pour sortir de cette crise ?

Nous espérons que le ministère de la Santé va nous aider à relever les défis et sortir de cette situation. En tout cas, le ministre de la Santé, le Professeur Awa Marie Coll Seck, est très engagée dans la résolution de cette crise.

Est-ce que pour sortir également de cette crise, il ne serait pas bon de réunir vos partenaires sociaux, à savoir les syndicats, pour trouver des voies et moyens de taire les conflits, pour le bien des malades ?

Mais on n’a jamais cessé de prêcher pour la paix, dans cet hôpital. On a un cadre de rencontre avec les différents secrétaires généraux de syndicat qui sont dans l’hôpital. Nous avons ici cinq syndicats dont chaque secrétaire général représente sa section dans nos réunions. Mais le problème qui se pose, c’est que le syndicat qui est en mouvement refuse que les autres secrétaires généraux de syndicat prennent part à nos rencontres de négociations, sous prétexte que ce sont eux qui sont en mouvement. C’est incompréhensible cette façon de faire, alors que les résultats des négociations concernent l’ensemble du personnel. Il faut rappeler d’ailleurs que ces syndicats dont on refuse la présence dans les cadres de négociations sont des syndicats de la santé, qui font partie intégrante du secteur de santé du pays…
Moi qui suis le directeur de cet hôpital, je suis entièrement ouvert au dialogue. Je n’ai même pas de jour d’audience et quelque fois, je privilégie le personnel sur toute autre demande d’audience, parce que j’estime que c’est avec eux que je travaille dans cet hôpital. Si ce sont les syndicats, je les reçois immédiatement, parce que ce sont des questions liées au bon fonctionnement de la structure. Je suis ouvert au dialogue et je crois que tout l’hôpital peut en témoigner.
Ceux qui entretiennent le mouvement d’humeur depuis quelques jours dans cet hôpital n’ont jamais voulu discuter avec moi. Ils ne discutent avec moi que quand ils n’ont plus les moyens de poursuivre leur lutte. C’est pourquoi d’ailleurs leur lutte est cyclique. Ils se mettent à créer des problèmes pendant un certain temps et quand ils se rendent compte que ça n’aboutit à rien, ils reviennent vers moi pour dialoguer. Quelques mois après, c’est l’accalmie et ensuite ils reviennent à la charge. C’est la preuve de leur mauvaise foi, alors que souvent, on signe à l’interne des protocoles d’accord, en présence du collectif des médecins que moi, et que je m’évertue à respecter, contrairement à ce qu’ils disent.

Le Quotidien



1.Posté par LE CITOYEN le 23/07/2013 00:07 | Alerter
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D'accord avec vous un seul point Monsieur NDIAYE, c’est quand vous dites que le maire n'est pas très impliqué dans le fonctionnement du CHAN lui qui au début de son mandat criait sous tous les toits qu'il voulait faire de l’hôpital ABASS NDAO un fleuron. Mais le pouvoir rend les gens souvent amnésiques.
Dans le budget de la cille de Dakar il y a des rubriques consacrées à l''équipement et au fonctionnement dudit centre mais le maire refuse de libérer cette subvention et cela s'appelle détournement d'objectifs (le budget de la ville de Dakar est mis en ligne et peut être consulté à tout moment).
Mais à vrai dire cet hôpital connait de réels problèmes au plan de la gestion aussi bien la gestion du personnel que celle des ressources financières. Car voila un hôpital qui regroupe une pléthore de médecins dans certains services, de stagiaires (dont le stage n'arrive jamais à terme. Certains stagiaires ont fait plus de 3 ans dans cet hôpital), et de FFI etc....Tous les médecins qui n’ont pas pu réussir leurs magouilles ailleurs déposent leur baluchon à ABASS NDAO qui les accueille à bras ouverts sans appréhension.
Des spécialistes (dermatologues; radiologues, urologues cardiologues...) sont recrutés à gauche et à droite et rémunérés coup de centaines de milliers de francs par mois sans aucun gain financier pour l’hôpital, Même sils produisent des recettes mensuelles de 1000 ou même des recettes nulles ces médecins spécialistes perçoivent leur salaires. Ce qui constitue un manque à gagner énorme pour l hôpital
En effet le CHAN est un personne morale de droit public dotée d'une autonomie financière et administrative dont l'objet social est la satisfaction des besoins de santé des populations mais cela implique qu’il doit fonctionner comme un Établissement privé c’est à dire rationaliser ses dépenses et/ ou maximiser son profit continuer à fonctionner normalement. Pour arriver à çà le CHAN doit signer des contrats gagnant -gagnant avec les vacataires et autres spécialistes et ne pas seulement se contenter d'avoir la réputation d'un hôpital disposant de beaucoup de spécialistes qui ne sont la que pour leurs poches.
L'intégration du Centre diabétique Mark Sankalé est une arnaque de grande envergure car plus de 20 agents de cette structure ont été intégrés au CHAN et leurs salaires pris en charge par le budget de l’hôpital alors que se derniers font souvent des recettes journalières qui ne dépassent guère 10 000 FCFA .
Cette structure est minée par une pratique mafieuse qui est érigée en règle de gestion. Chaque agent est un entrepreneur individuel car disposant d'un appareil pour faire des tests de glycémie Le Centre diabétique n'est rattaché au CHAN que de nom car il dispose de son propre laboratoire d’analyse et de sa pharmacie IB foulant ainsi du pied le principe de l'unicité des caisses.
Enfin l’hôpital connait aussi le syndrome des établissements publics avec un taux d'absentéisme très élevé. Des agents sont payés à ne rien faire .Certains touchent leurs salaires et primes sans peine et passent leur temps à faire la revue des journaux de la place ou à trainer dans l’hôpital sans s'inquiéter alors que d'autres se tuent au travail pour toucher souvent des salaires minables,
Des personnes sont nommées à des postes de responsabilité alors que leurs compétence reste à très douteuse
Ces injustices ne favorisent pas l'amour du travail le sacrifice et la conscience professionnelle et la paix sociale au sein de l'entreprise. Les autorités de l’hôpital doivent corriger ces impairs et engager une dynamique de dialogue et de réconciliation si elles veulent remettre cet hôpital sur les rails de la croissances et de la paix sociale gages d'une stabilité durable.

2.Posté par YOUSSOU2 le 25/07/2013 18:33 | Alerter
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HOPITAL ABASS NDAO - Masse salariale élevée de l’hôpital : Des grévistes pointent du doigt «l’incompétence» du directeur
La sortie dans nos colonnes du directeur du Centre hospitalier Abass Ndao (Chan), lundi dernier, a mis une partie du personnel dudit établissement dans tous ses états. Dr Youssouf Ndiaye «n’a pas dit la vérité» à propos de la masse salariale élevée, qu’il dit antérieure à son arrivée à la tête de la structure hospitalière. «C’est lui-même qui a porté la masse salariale à plus de 100 millions de francs Cfa par mois.
Rien que pour les stagiaires de l’hôpital, on dépense 70 millions en 2012 et une augmentation de 37,8 millions de francs Cfa entre 2011 et 2012 en termes de salaires, alors qu’à un moment, on avait décidé de supprimer ces salaires. Mais un beau jour, il s’est levé pour demander le redémarrage du paiement de ce personnel», s’est offusqué un des grévistes qui a préféré garder l’anonymat.
A propos du refus du maire de libérer la subvention de 200 millions de francs Cfa au profit de l’hôpital, nos interlocuteurs ont pris fait et cause pour Khalifa Sall, estimant qu’il «a raison de bloquer cet argent qui, de toute façon, n’aurait servi à rien».
Aussi, ces protestataires, qui ont tenu jeudi dernier, un sit-in pour réclamer un mois d’arriéré de salaires et de meilleures conditions de travail ont-ils exprimé leur indignation devant l’affirmation du Dr Ndiaye selon laquelle «ceux qui s’agitent sont du syndicat minoritaire de l’hôpital». Pour eux, c’est tout le contraire puisque le représentant légal des travailleurs au Conseil d’administration est issu de ce syndicat, à la faveur d’une élection de représentativité du personnel.
Bref, les grévistes ont battu en brèche toutes les affirmations du directeur du centre hospitalier Abass Ndao, tout en faisant remarquer aussi, que Dr Youssouf Ndiaye est le premier à violer le protocole d’accord signé en février dernier avec le Syndicat unique et démocratique des travailleurs municipaux (Sudtm). Par exemple, sur les délégués du personnel, l’accord stipulait que «les travailleurs demandent l’organisation des élections des délégués du personnel à la place des partenaires sociaux. Ce dossier sera transmis à l’inspection du travail». Pour l’aspect relatif à la communication, la transparence et la bonne gouvernance, le protocole d’accord a relevé que «la direction s’engage avec les travailleurs à diriger et à gouverner le Chan autrement en impliquant davantage le personnel à la communication, la transparence mais sur la bonne gouvernance». Mais force est de reconnaître, selon les grévistes, que le directeur général de l’hôpital n’a pas respecté un seul de ces points.

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