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Exclusif Leral – Fiscalité de Wave : entre 20 millions et 30 milliards, le grand flou

Leral a obtenu des informations exclusives sur une polémique qui secoue l’opinion : quelle est la réelle contribution fiscale de Wave au Sénégal ?


Rédigé par leral.net le Lundi 22 Septembre 2025 à 11:39 | | 0 commentaire(s)|

Le ministre des Finances.

 Exclusif Leral – Fiscalité de Wave : entre 20 millions et 30 milliards, le grand flou
👉 Version 1 – Le ministre des Finances.
Lors d’une commission technique à l’Assemblée nationale, le ministre a révélé que depuis son implantation, Wave n’aurait payé que l’impôt minimum forfaitaire, soit environ 20 millions de francs CFA. Une déclaration qui a fait l’effet d’une bombe, tant l’entreprise est devenue un acteur majeur du mobile money dans le pays.

👉 Version 2 – La réponse de Wave.
Dans un communiqué publié le 21 septembre, l’opérateur réplique en affirmant avoir versé plus de 30 milliards de francs CFA rien qu’en 2024. Ces montants incluraient, selon Wave, la TAF et la TVA collectées et reversées, les diverses retenues à la source, les cotisations sociales et patronales, les investissements en bons du Trésor, ainsi que l’appui à des projets communautaires structurants.

👉 Mais attention.
Comme le rappellent plusieurs experts, tout ceci ne correspond pas à l’Impôt sur les Sociétés (IS), c’est-à-dire l’impôt prélevé directement sur les bénéfices nets réalisés par l’entreprise. Or, c’est bien cet impôt qui mesure la contribution réelle d’une société prospère au budget national.

👉 Le problème.
Deux versions radicalement différentes, sans document public détaillé pour trancher. Cette zone d’ombre ravive le débat sur les géants du numérique opérant en Over The Top (OTT), à l’image des GAFAM ou de Starlink, qui génèrent des revenus massifs tout en échappant largement à l’impôt classique sur les sociétés.

Certains y voient une forme d’évasion fiscale légalisée, rendue possible par des montages financiers sophistiqués. D’autres estiment au contraire que ces firmes respectent les règles fiscales en vigueur, même si le cadre juridique semble aujourd’hui dépassé.

⚖ Une question se pose désormais avec acuité : le Sénégal est-il devenu un eldorado fiscal pour les géants du numérique ?
Leral, en exclusivité, met en lumière cette bataille de chiffres qui pourrait rebattre les cartes de la régulation du secteur.

Ousseynou Wade