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Fonds politiques : Abdourahmane Diouf accuse Sonko de « double discours » sur les foyers religieux

Le débat autour de la réforme des crédits spéciaux, communément appelés « fonds politiques », prend une nouvelle tournure. Le ministre du Pétrole, Abdourahmane Diouf, critique vivement la proposition portée par l’Assemblée nationale et accuse Ousmane Sonko de tenir un discours différent auprès des autorités religieuses de celui défendu à travers le texte parlementaire.


Rédigé par leral.net le Dimanche 30 Août 2026 à 23:21 | | 0 commentaire(s)|

Abdourahmane Diouf hausse le ton

Le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre du Pétrole et membre de la coalition KIIRAAY / Les Patriotes Républicains, s’est vivement attaqué à la proposition de loi portant réforme des crédits spéciaux.

Dans une publication au ton particulièrement critique, l’ancien ministre estime que le texte porté par la majorité parlementaire soulève des interrogations, notamment concernant la prise en compte des réalités sociales et religieuses du Sénégal.

Il vise directement Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, dont la récente tournée auprès de plusieurs cités religieuses est, selon lui, en contradiction avec le contenu de la réforme défendue au Parlement.

« Ce qu’il propose à l’Assemblée nationale n’a rien à voir avec ce qu’il est allé raconter à nos guides religieux », affirme Abdourahmane Diouf, qui dénonce un « double discours » et un « double standard ».

Des crédits limités à la défense et au renseignement ?

Pour étayer sa critique, le ministre s’appuie notamment sur l’article 2 de la proposition parlementaire. Celui-ci prévoit que les crédits spéciaux soient consacrés « exclusivement » au financement des dépenses liées à la défense nationale, à la sécurité intérieure et extérieure de l’État ainsi qu’aux activités de renseignement.

Abdourahmane Diouf considère que cette formulation risque de réduire considérablement le champ d’utilisation de ces crédits.

Il pointe également l’article 5, qui exclut notamment les dépenses à caractère social et politique ainsi que les dépenses de fonctionnement courant des institutions.

Pour le responsable politique, cette orientation pourrait avoir des conséquences sur les mécanismes de solidarité traditionnellement associés aux relations entre l’État et les foyers religieux.

Le gouvernement défend une autre approche

Abdourahmane Diouf se montre, en revanche, favorable aux amendements apportés par l’Exécutif.

Selon lui, les modifications proposées par le gouvernement permettent d’élargir le périmètre des dépenses couvertes, en intégrant notamment la protection de l’ordre public, la préservation de l’ordre social ainsi que les valeurs humanitaires, d’entraide et de solidarité.

« Là où l’Assemblée exclut, l’Exécutif inclut », résume-t-il.

Le ministre estime ainsi que la version amendée par le gouvernement serait davantage en adéquation avec les réalités culturelles, sociales et religieuses du pays.

Sonko interpellé sur sa gestion passée

Dans sa sortie, Abdourahmane Diouf revient également sur la gestion antérieure des crédits spéciaux lorsqu’Ousmane Sonko était à la tête du gouvernement.

Il reproche au président de l’Assemblée nationale d’avoir, selon lui, utilisé ces crédits lorsqu’il était Premier ministre tout en soutenant aujourd’hui une réforme qu’il juge restrictive.

Le ministre invite ainsi Ousmane Sonko à « assumer » les conséquences de la proposition parlementaire et conclut son intervention par un appel aux principes républicains.

Cette polémique intervient alors que la réforme des crédits spéciaux suscite un débat politique sur la transparence, le contrôle des fonds publics et la place des considérations sociales et religieuses dans leur utilisation.