Leral.net - S'informer en temps réel

Fonds politiques : le vrai débat est ailleurs

Rédigé par leral.net le Jeudi 13 Août 2026 à 23:26 | | 0 commentaire(s)|

Mon jeune frère Aliou Ngouye Ndiaye s’est exprimé selon le niveau d’information dont il disposait au moment des faits. Sa sortie a provoqué un tollé, mais elle a surtout eu un mérite : elle a enfin ouvert un débat que beaucoup évitaient. Pourquoi cette fois les moteurs de recherche se sont-ils emballés ? Pourquoi tant […]

Mon jeune frère Aliou Ngouye Ndiaye s’est exprimé selon le niveau d’information dont il disposait au moment des faits. Sa sortie a provoqué un tollé, mais elle a surtout eu un mérite : elle a enfin ouvert un débat que beaucoup évitaient.

Pourquoi cette fois les moteurs de recherche se sont-ils emballés ? Pourquoi tant de spécialistes ont-ils été invités pour expliquer les fonds politiques ? Parce que celui qui a parlé est un sachant, un homme d’expérience et de pratique, dont la parole porte.

Pendant des années, ceux qui bénéficiaient de ces fonds les ont consommés dans le silence. L’information était verrouillée. Et c’est précisément cette opacité qui doit aujourd’hui être interrogée.

Un Président de la République n’est pas propriétaire des deniers publics. Il est dépositaire de la République. Son pouvoir est encadré par la Constitution, les lois, les règlements et son serment. Le fait qu’une dépense soit autorisée par le pouvoir politique ne signifie pas automatiquement qu’elle est légale.

Mais attention : ce n’est pas cela, le “Système”. Le système, ce sont des règles, des procédures, un Code administratif, des corps de contrôle et des mécanismes qui permettent à l’État de fonctionner normalement.

Le véritable problème, ce sont parfois des hommes qui utilisent leur position pour obtenir des privilèges que les textes ne prévoient pas.

Pendant que certains accumulent des avantages, des patrimoines et des privilèges, des étudiants sont confrontés à des difficultés, des paysans et des ambulants peinent à vivre dignement, et une grande partie de notre jeunesse cherche désespérément son avenir.

Et le débat ne doit pas s’arrêter aux fonds politiques.

Que s’est-il passé avec le patrimoine bâti de l’État ? Avec le foncier ? Avec les zones de captage ? Avec certains marchés publics ? Combien de terrains publics ont changé de mains ? Combien de citoyens ont été déguerpis pendant que des privilégiés obtenaient des titres fonciers ?

Voilà les vraies questions.

Le Sénégal n’est pourtant pas un pays sans moyens. Nous avons eu des banques de développement, des industries textiles, des usines de matériel agricole, des coopératives, des structures d’encadrement rural, l’ISRA, la SODEVA, l’ONCAD, l’ENAM, l’ENEA, des lycées techniques et une université capable de former une élite.

Nous avions réuni beaucoup des instruments nécessaires à notre souveraineté. Alors, qui les a détruits, abandonnés ou détournés de leur vocation ?

C’est cette question que notre jeunesse doit poser.

Le vacarme autour des fonds politiques ne doit surtout pas nous empêcher de regarder le mal en face. Le Sénégal n’est pas pauvre : il souffre d’une mauvaise utilisation de ses ressources et parfois d’une défaillance de ses hommes.

Nous avons choisi les principes plutôt que l’enrichissement personnel. Nous aurions pu rechercher les milliards ; nous avons préféré rester riches de notre liberté de parole, de notre constance et de nos principes républicains.

Alors, disons-nous enfin la vérité.

À ceux qui ont exercé de hautes responsabilités et qui ont constitué des patrimoines importants : que la lumière soit faite dans le respect de la loi.

Si une opération « mains propres » doit être engagée, qu’elle le soit pour tous, sans vengeance, sans sélection et sans esprit partisan.

La République ne doit protéger personne.

Thierno Lo

Un Républicain Libre



Source : https://xalimasn.com/2026/08/13/fonds-politiques-l...