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Former, inspirer, innover : les clés de l’avenir scientifique du Sénégal

Rédigé par leral.net le Dimanche 11 Janvier 2026 à 20:51 | | 0 commentaire(s)|

XALIMANEWS: Dans un entretien qu’il avait partagé avec Xalima, l’ingénieur nucléaire Mouhamadou Moustapha Diouf livre un regard lucide et exigeant sur l’avenir du Sénégal en matière de science, d’innovation et de formation des jeunes. Selon lui, le talent des jeunes Sénégalais est indéniable. « Je les ai vus franchir les portes de Polytechnique, de Centrale, […]

XALIMANEWS: Dans un entretien qu’il avait partagé avec Xalima, l’ingénieur nucléaire Mouhamadou Moustapha Diouf livre un regard lucide et exigeant sur l’avenir du Sénégal en matière de science, d’innovation et de formation des jeunes. Selon lui, le talent des jeunes Sénégalais est indéniable. « Je les ai vus franchir les portes de Polytechnique, de Centrale, des Arts et Métiers. Leur brillance est réelle. » Mais, souligne-t-il, le talent seul ne suffit jamais. Dans un pays où la réussite rapide et l’ascension fulgurante sont souvent célébrées, il insiste sur la nécessité d’ériger l’effort intellectuel en valeur cardinale. La science, rappelle-t-il, ne progresse pas par coups de chance : elle se nourrit d’années d’essais, d’errements, de fausses pistes et d’hypothèses qui s’effondrent avant qu’émergent les percées véritables.

Pour Diouf, l’innovation n’est pas le fruit d’un éclair solitaire. Elle nécessite un environnement préparé, où les laboratoires sont dotés, les chercheurs protégés de la précarité et les étudiants soutenus pour se consacrer pleinement à l’exploration scientifique. Mais surtout, elle exige des politiques capables de résister aux soubresauts du moment et de soutenir la recherche sur le long terme, même lorsque les résultats ne sont pas immédiats. « Il ne s’agit pas seulement de méthodes ou de manuels », explique-t-il en évoquant son dernier ouvrage Un chemin si étroit (L’Harmattan, 2024), « mais de créer des conditions où la curiosité et la persévérance peuvent s’exprimer pleinement. »

L’ingénieur propose également des mesures concrètes pour rapprocher la science du grand public et des jeunes. Il imagine un Journal des sciences quotidien, diffusé sur la RTS, qui permettrait d’introduire la science dans les foyers sénégalais avec la régularité d’un journal télévisé. Le week-end, un magazine scientifique plus technique, animé par des équipes pluridisciplinaires — mathématiciens, biologistes, naturalistes et journalistes — pourrait traiter des sujets variés, allant de la physique quantique à l’intelligence artificielle, en passant par la médecine ou l’astronomie. Une initiative qui, selon lui, pourrait transformer la perception de la science chez les enfants : « Imaginez l’effet sur un enfant de douze ans à Kédougou ou Ziguinchor découvrant que la science n’est pas une affaire de Blancs en blouse blanche dans des films hollywoodiens, mais une aventure humaine à laquelle il peut participer lui aussi. »

Si Diouf sait que ses propositions sont ambitieuses et que son rôle ne le place pas aux commandes de la RTS ou du ministère des Télécommunications, il reste convaincu de la puissance des idées. « Les idées ont parfois cette capacité étrange de germer là où on ne les attend pas », affirme-t-il. Pour lui, la véritable transformation scientifique du Sénégal ne se fera pas uniquement par des discours ou des promesses politiques, mais par une culture de l’effort intellectuel, un soutien durable à la recherche et une diffusion de la science dans la vie quotidienne, afin que chaque jeune puisse rêver et inventer le futur.



Source : https://xalimasn.com/2026/01/11/former-inspirer-in...