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Gabon I "La problématique de la gestion sanitaire et hospitalière, à l'aube de la 5e République"

Rédigé par leral.net le Jeudi 22 Janvier 2026 à 22:17 | | 0 commentaire(s)|

Dans le souci de maintenir le dialogue permanent et inclusif avec l'ensemble des composantes de la Nation, Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l'État, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema a présidé une séance de travail le mardi 20 janvier 2026 avec les représentants des syndicats du secteur de la Santé au cours de laquelle plusieurs sujets ont été abordés, notamment l'épineuse question de la gouvernance ainsi que le fonctionnement des structures (...)

- LIBRE PROPOS /

Dans le souci de maintenir le dialogue permanent et inclusif avec l'ensemble des composantes de la Nation, Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef de l'État, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema a présidé une séance de travail le mardi 20 janvier 2026 avec les représentants des syndicats du secteur de la Santé au cours de laquelle plusieurs sujets ont été abordés, notamment l'épineuse question de la gouvernance ainsi que le fonctionnement des structures hospitalières.

L'organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la Santé comme un "Etat complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie et d'infirmité."

Pour y parvenir, l'organisme onusien mise sur six (6) importants piliers, à savoir :

• La gouvernance et le leadership (rôle moteur) ;
• le financement (durable) ;
• les ressources humaines (le personnel de santé) ;
• la prestation des services (l'offre de soins) ;
• le système d'information sanitaire (collecte et utilisation des données) ;
• le système d'approvisionnement (produits et équipements).

Dans cette optique, le législateur Gabonais a voté la loi 10/2001 du 14 décembre 2001 portant statut particulier des fonctionnaires du Secteur Santé avec dix-neuf (19) spécialités dont la Médecine et l'Administration Sanitaire et Hospitalière (ASH).
Chaque spécialité joue un rôle indéniable et indiscutable dans le fonctionnement du Département Santé ; elles constituent les maillons d'une même chaîne. Et comme les doigts d'une main, chacun "fait son petit métier" en vue de maintenir le système de santé performant en s'appuyant sur les six piliers cités ci-dessus.

1- Des médecins : pour sauver des vies...

Au terme des dispositions législatives susmentionnées, « La responsabilité médicale relève de la compétence des Médecins, Médecins Biologistes, Chirurgiens-Dentistes, Pharmaciens et Pharmaciens Biologistes »(article 6).

En d'autres termes, les médecins sont absolument formés pour soigner et prendre soin des patients, grâce aux techniques acquises durant leur longue et difficile formation.
L'Etat a consenti ces dernières années d'énormes moyens à l'effet de réhabiliter, construire et équiper les structures sanitaires sur toute l'étendue du territoire national, créant ainsi un besoin de plus en plus accru de médecins. Or, nous constatons qu'il existe encore des endroits où l'accès aux soins n'est pas garanti du fait de l'inexistence d'un médecin.

Au-delà de ce rôle très noble, le législateur autorise les médecins à pouvoir occuper les fonctions de Chef de service, de Chef de Département ou de Directeur Régional de Santé (article 34).

Le management stratégique des structures hospitalières relève de la compétence d'une autre Spécialité. Pour passer du discours à l'acte, voici le moment favorable pour les décideurs de mettre l'homme qu'il faut à la place qu'il faut aux fins d'améliorer la gouvernance dans ce secteur vital, Pilier 4 du projet de société du Président de la République.

2- L'Administrateur de santé au cœur de la gestion hospitalière.

Le lundi 14 avril 2025, pour sa première prise de parole en public après sa brillante élection aux Très Hautes de Président de la République, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema est longuement revenu sur la promotion au mérite tout en fustigeant les parachutages et autres voies obscures de promotion des Cadres de l'administration publique.

Ces propos sont conformes à son projet de société, à travers le Pilier 4 susmentionné où il s'engage à veiller à ce que "Toutes les décisions et nominations soient davantage fondées sur le mérite et les compétences, plutôt que sur des affiliations politiques, communautaires ou des protections liées à des cercles d'influences. Mon objectif est de créer une administration basée sur la primauté du mérite."

Cette volonté manifeste est gage d'une bonne gouvernance dans l'administration publique, notamment le secteur Santé par la stricte application de la loi.
A l'Ecole Nationale d'Administration (ENA), il existe une filière dénommée Administration Sanitaire et Hospitalière (ASH) qui forme pendant deux (02) ans des Cadres de catégorie A, hiérarchie A1, pressentis non seulement pour la conception des politiques publiques de Santé mais aussi pour leur mise en œuvre effective.

Malheureusement, depuis plusieurs années, ces compatriotes ont du mal à s'épanouir professionnellement dans ce secteur qui a pourtant tant besoin d'eux au regard des errements constatés.

L'article 139 du présent statut particulier stipule que "La Spécialité Administration Sanitaire et Hospitalière correspond à l'acquisition des connaissances spécialisées pour la conception, l'organisation, l'encadrement, la mise en œuvre et l'exécution des tâches courantes en matière d'administration et de gestion des établissements de santé." C'est la mission dévolue à l'Enarque.

En termes simples et clairs, l'Enarque est formé pour administrer les structures de santé. Il est le maillon reconnu légitimement et légalement pour manager les établissements de santé en garantissant le plein épanouissement des autres parties prenantes. C'est lui que le législateur place au cœur du management stratégique des structures hospitalières.

Par conséquent, le respect des compétences acquises dans la promotion des responsables des structures sanitaires et hospitalières n'est donc pas un service rendu aux Administratifs en général, et aux Administrateurs de santé en particulier. Il s'agit uniquement de l'application des normes prévues en la matière.

Certes, le diplôme demeure une présomption de connaissances, mais il sert à classer les uns et les autres dans leurs catégories socioprofessionnelles respectives.
Au-delà de toute considération partisane, l'administration étant une science à part entière, la gestion financière et des ressources humaines ne peut donc pas s'improviser. Elle s'apprend.

A partir de cet instant, il ne serait pas présomptueux de demander que l'Administrateur de Santé soit placé au cœur de la gestion hospitalière et sanitaire, non sans négliger l'apport inestimable des autres professionnels du secteur, chacun dans son couloir.

Le couloir des Administrateurs de Santé étant clairement tracé par l'article 142 qui stipule que "Les profils de fonction dans la Spécialité Administration Sanitaire et Hospitalière sont définis conformément au tableau ci-après :

• Directeur Régional de Santé ;
• Directeur d'hôpital ;
• Chef de service administratif ;
• Gestionnaire."

Au terme des dispositions de ladite loi, aucun Administrateur de Santé ne devrait assumer des fonctions médico-techniques en dehors des missions fondamentalement administratives.

Alors, nommer les médecins à des fonctions managériales alors qu'ils sont attendus à des fonctions de soins, de diagnostic, de formation et de recherche impacte négativement le système de santé.

3- Des établissements sanitaires sans base légale
Le constat est amer.

Après de longues décennies de gestion avec des Administrateurs de Santé au « garage », le Ministère de la Santé souffre d'une pathologie grave : l'absence de textes juridiques pour la quasi-totalité des structures sanitaires pourtant ouvertes voire "fonctionnelles".

Cette triste situation se justifie par les points suivants :

• Une mauvaise gestion des ressources humaines ;
• une méconnaissance de la gestion administrative ;
• une gestion hospitalière basée uniquement sur le volet curatif.

Cela pose un problème grave de management et de Leadership.

Le vaste chantier qui attend donc les nouvelles autorités est celui de la normalisation et de la régularisation de cet état de fait afin de garantir un management efficace des structures sanitaires. Et quoi qu'on en dise, ce chantier incombe aux Administratifs qui devraient s'appuyer sur les autres parties prenantes.

De ce fait, il serait opportun de mettre en place une Direction Centrale des Affaires Juridiques (DCAJ), service d'appui quant à la matérialisation dudit chantier.

En conclusion, le respect de la norme et de la parole sacrée du Numéro 1 Gabonais sont susceptibles d'améliorer la gestion hospitalière au Gabon en plaçant l'homme qu'il faut à la place qu'il faut, et en considérant désormais le patient comme un usager-client.

Bertin Wilfried MEBA,Administrateur de Santé,
diplômé de l'ENA,
Promotion Luc OYOUBI (31ème, 2011-2013)
Certifié en Administration publique et Management (MDI-Singapour, 2014-2015),
Professional Certificate in English (MDI-Singapour, 2014-2015),
Maitre ès Lettres Modernes, option : Théorie et critique littéraires(UOB, 2009).



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/libre-propos/art...