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Gambie : Les bouleversantes révélations de la Commission de vérité sur les crimes présumés de Yahya Jammeh

Les témoignages devant une commission de vérité gambienne sur l’implication de l’ancien président Yahya Jammeh dans de nombreux crimes graves perpétrés au cours de ses 22 années au pouvoir devraient être suivis d’une enquête pénale, a déclaré Human Rights Watch hier lundi, parallèlement à la diffusion d’une vidéo intitulée « Vérité et justice en Gambie ».


Rédigé par leral.net le Mardi 25 Mai 2021 à 09:26 | | 0 commentaire(s)|

Gambie : Les bouleversantes révélations de la  Commission de vérité sur les crimes présumés de Yahya Jammeh
Le 27 mai 2021, la Commission vérité, réconciliation et réparations de la Gambie (TRRC) devrait conclure ses auditions télévisées publiques, qui ont duré plus de deux ans.

Les victimes et d’anciens responsables gouvernementaux ayant témoigné lors des audiences, qui ont débuté en janvier 2019, ont accusé Jammeh de meurtres et de tortures d’opposants politiques, du massacre d’environ 59 migrants ouest-africains et de « chasses aux sorcières » au cours desquelles des centaines de personnes ont été placées en détention arbitraire, entre autres crimes.

Selon eux également, Jammeh a violé et agressé sexuellement des femmes qui lui avaient été présentées et dirigé personnellement un programme médical trompeur dans le cadre duquel des Gambiens séropositifs ont dû renoncer à leur traitement contre le VIH pour être soignés par Jammeh lui-même.

« Des témoins directs ont impliqué Yahya Jammeh dans des meurtres, des actes de torture, des viols et d’autres crimes terribles », a indiqué Reed Brody, conseiller juridique senior auprès de Human Rights Watch, qui travaille avec les victimes de l’ancien chef d’État. « Il appartient maintenant au gouvernement gambien de veiller à ce que Jammeh et ses complices soient tenus responsables de leurs actes. La vérité est importante, mais il faut aussi rendre justice. »

La vidéo de Human Rights Watch présente des témoignages cruciaux recueillis lors des auditions et des entretiens avec les victimes.

Les auditions de la Commission ont mis en évidence la nécessité d’ouvrir une enquête pénale sur les agissements de Jammeh, qui s’est exilé en Guinée équatoriale en janvier 2017.

Plus de 370 témoins ont été entendus, dont d’anciens membres du gouvernement tels que des ministres et des chefs de la police et du renseignement, outre de nombreuses victimes.

D’anciens membres des « Junglers », l’escadron de la mort d’élite à la solde de Jammeh, ont accusé l’ancien président d’une série de crimes qu’ils affirment avoir commis sur ses ordres, notamment :

Le meurtre en 2004 d’un rédacteur-en-chef, Deyda Hydara. Le lieutenant Malick Jatta a déclaré à la Commission que le chef des Junglers, Tumbul Tamba, avait donné à chacun de ses membres l’équivalent de $1 250 de l’époque en guise de récompense personnelle de la part de Jammeh.
Les meurtres en 2013 d’Alhajie Ceesay et Ebou Jobe, deux hommes d’affaires américano-gambiens dont les corps ont été décapités et mutilés. Selon les sergents Omar Jallow et Amadou Badjie, Jammeh a ordonné « qu’ils soient coupés en morceaux ».



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