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International

Guinée : cinq ans après le putsch, le bilan contrasté de Mamadi Doumbouya

De chef de la junte à président élu, le parcours d'un pouvoir né de la force

Rédigé par leral.net le Mardi 8 Septembre 2026 à 13:45 | | 0 commentaire(s)|

Le 5 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya et ses forces spéciales renversaient le président Alpha Condé, promettant une refondation de l'État guinéen. Cinq ans plus tard, celui qui dirigeait alors la junte est devenu président élu du pays. Retour sur un parcours marqué par des transformations institutionnelles, des ambitions minières, mais aussi des critiques persistantes sur la répression et les libertés publiques.


Le 5 septembre 2021 restera une date charnière dans l'histoire politique récente de la Guinée. Ce jour-là, le colonel Mamadi Doumbouya, à la tête de ses forces spéciales, renversait le président Alpha Condé, mettant fin à un régime contesté par une partie de la population. À l'époque, le militaire promettait une « refondation » de l'État guinéen, assortie d'un engagement à restituer le pouvoir aux civils.
Cinq ans après ces événements, la trajectoire de Mamadi Doumbouya a pris un tournant significatif. L'homme qui dirigeait alors la junte militaire a depuis endossé le costume de président élu, marquant une transition formelle du pouvoir militaire vers une forme de légitimité électorale, selon les informations rapportées par France 24.
Une transformation institutionnelle sous surveillance Ce basculement du treillis vers le costume présidentiel s'accompagne d'un bilan que les observateurs jugent contrasté. D'un côté, les autorités guinéennes affichent des ambitions économiques et minières pour le pays, riche en ressources naturelles, notamment en bauxite et en fer. Ces secteurs stratégiques sont présentés comme des leviers de développement pour l'économie nationale.
De l'autre côté, plusieurs voix s'inquiètent de la persistance de pratiques répressives et d'atteintes aux libertés publiques, cinq ans après les promesses initiales de refondation démocratique. Ces préoccupations, documentées par France 24, interrogent sur la réalité du changement promis lors du coup d'État de 2021.
Le poids des promesses de 2021 Au lendemain du putsch, Mamadi Doumbouya avait multiplié les engagements en faveur d'une transition apaisée et d'un retour rapide à l'ordre constitutionnel civil. Ces promesses avaient alors suscité un espoir prudent, tant au sein de la population guinéenne que parmi les partenaires internationaux du pays.
Cinq ans plus tard, le passage du statut de chef militaire à celui de président élu constitue en soi une forme d'aboutissement de cette transition, même si les modalités de cette élection et le contexte dans lequel elle s'est déroulée continuent de susciter des interrogations, notamment de la part d'organisations de défense des droits humains.
Un pays entre ambitions et vigilance La Guinée se trouve ainsi à un carrefour, cinq ans après l'un des épisodes les plus marquants de son histoire politique récente. Les autorités actuelles mettent en avant les perspectives économiques liées à l'exploitation des ressources minières du pays, tandis que la société civile et certains partenaires internationaux restent attentifs à l'évolution des libertés publiques.
Ce bilan en demi-teinte illustre les tensions inhérentes aux transitions post-coup d'État en Afrique de l'Ouest, où les promesses de refondation démocratique se heurtent souvent aux réalités du pouvoir consolidé. L'avenir dira si la Guinée parvient à concilier ambitions économiques et respect des principes démocratiques évoqués au lendemain du 5 septembre 2021.