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IA et Afrique : Abdoulaye Ba plaide pour une souveraineté numérique du continent

Face à l’accélération mondiale de l’intelligence artificielle, l’expert Abdoulaye Ba appelle l’Afrique à ne pas se limiter à la consommation des technologies développées ailleurs. Invité sur MEDI1TV, il a insisté sur la nécessité d’investir dans les talents, les données et la gouvernance afin de faire de l’IA un véritable outil de développement durable et d’autonomie numérique.


Rédigé par leral.net le Jeudi 25 Juin 2026 à 21:33 | | 0 commentaire(s)|

L’intelligence artificielle (IA) s’impose aujourd’hui comme un levier majeur de transformation dans le monde. En Afrique, son développement soulève une question stratégique : comment tirer profit de cette révolution technologique tout en préservant une capacité de décision et d’innovation propre au continent ?

C’est autour de cette problématique que l’expert des dynamiques numériques Abdoulaye Ba a apporté son analyse lors de son passage dans l’émission « Ça dit quoi dans la presse africaine ? » diffusée sur MEDI1TV.

Pour lui, le débat ne doit plus seulement porter sur la capacité de l’Afrique à adopter l’intelligence artificielle, mais plutôt sur sa capacité à la maîtriser, à l’adapter à ses réalités et à créer ses propres solutions.

Selon Abdoulaye Ba, trois conditions sont indispensables pour permettre au continent de transformer l’IA en moteur de croissance : les compétences, les données et la gouvernance.

Former une nouvelle génération de talents numériques

Le premier défi identifié concerne la formation. Pour Abdoulaye Ba, l’Afrique doit accélérer le développement des compétences dans les domaines du numérique, de la recherche et de l’innovation.

Sans ingénieurs, chercheurs et développeurs capables de concevoir des solutions adaptées aux besoins locaux, le continent risque de rester dépendant des technologies produites ailleurs.

L’expert appelle ainsi à renforcer l’enseignement des sciences, de l’informatique et des nouvelles technologies afin de préparer une jeunesse capable de participer pleinement à la révolution numérique.

La donnée, une ressource stratégique

L’autre enjeu majeur concerne la gestion des données. L’intelligence artificielle repose sur des informations fiables, structurées et représentatives.

Or, dans plusieurs secteurs en Afrique, les données restent encore dispersées ou insuffisamment exploitées.

Pour Abdoulaye Ba, la maîtrise de cette ressource est essentielle pour développer des modèles d’intelligence artificielle capables de répondre aux réalités africaines, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture ou encore de l’administration publique.

Mettre en place une gouvernance adaptée

La question de la régulation occupe également une place centrale dans son analyse.

L’expert estime que l’Afrique doit mettre en place des cadres permettant d’encadrer l’utilisation de l’IA tout en encourageant l’innovation.

L’objectif n’est pas de ralentir le progrès technologique, mais de garantir une intelligence artificielle responsable, éthique et au service des populations.

Cette réflexion rejoint plusieurs initiatives africaines visant à utiliser l’IA comme un outil d’émancipation, notamment dans le secteur éducatif et la formation des jeunes générations.

Une IA pensée pour les réalités africaines

Au-delà des aspects techniques, Abdoulaye Ba défend une vision où l’intelligence artificielle devient un instrument de transformation sociale.

Selon lui, l’Afrique doit éviter de simplement suivre la révolution numérique mondiale et participer activement à sa construction.

Son message est clair : la souveraineté numérique du continent dépendra des décisions prises aujourd’hui en matière de formation, d’innovation et de gouvernance.

L’intelligence artificielle représente donc une opportunité historique pour l’Afrique, à condition qu’elle soit portée par des stratégies adaptées aux besoins des populations et aux ambitions du continent.