leral.net | S'informer en temps réel

Interview exclusive avec l’Ambassadeur russe DmitryKourako : La vision de la Russie sur sa coopération avec le Sénégal et l’Afrique

Toujours dans cette Interview exclusive accordée à Dakartimes, les relations entre la Russie, l’Afrique et particulièrement le Sénégal, ont été abordées par le diplomate de la Russie, Monsieur Dmitry Kourakov. Là aussi, son Excellence a été sans détours durant notre entretien…


Rédigé par leral.net le Vendredi 7 Mai 2021 à 14:49 | | 0 commentaire(s)|

Interview exclusive avec l’Ambassadeur russe DmitryKourako : La vision de la Russie sur sa coopération avec le Sénégal et l’Afrique
Qu'est-ce que le peuple africain peut-il encore apprendre des valeurs de la société russe et de son histoire?

Depuis le tout début de son histoire, la Russie est un pays multinational et multi-confessionnel. Actuellement, 190 nationalités vivent dans notre pays et pratiquement toutes les confessions religieuses y sont représentées (les chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, animistes etc.).

La Russie attache une grande importance à la préservation de l'identité et de la communauté des peuples qui y vivent à la fois. Il est évident que la norme pour nous est la diversité au sein de l'État. Elle enseigne la patience et la tolérance, ainsi que la capacité de comprendre et d'accepter de différents points de vue, des traditions, des modes de vie sans imposer un quelconque modèle de développement comme un axiome. Cette expérience de la Russie, à mon avis, peut être utile à de nombreux autres pays.

Beaucoup pense que l'effervescence économique russe et les miracles économiques de Poutine, font peur aux rivaux. Avez-vous ce sentiment?

Au cours des 20 dernières années, la Russie a fait beaucoup dans le cadre du développement économique. Ainsi, 75% des capacités de production de l'industrie de transformation ont été créées. L'âge moyen des machines et des équipements utilisés dans l'industrie de transformation, est de 12 ans. Des travaux sont en cours pour développer les infrastructures: le nombre d'autoroutes fédérales a doublé (de 39 000 km à plus de 80 000 km). Depuis l’année 2000, environ 600 nouveaux gisements ont été découverts en Russie.

La Russie, qui était le principal importateur de céréales pendant la période soviétique, est maintenant devenue son principal exportateur. En outre, le volume de la production agricole a augmenté de 46%.

En même temps, il est extrêmement important pour la Russie d’aujourd’hui de réduire la dépendance de l'économie russe vis-à-vis des hydrocarbures. A présent, seulement 30% du budget fédéral de la Russie est constitué des revenus pétroliers et gaziers. De plus, au troisième trimestre 2020, le niveau de la dette publique russe s'élevait à 18% du PIB. A l'heure actuelle, ce chiffre reste l'un des plus bas au monde. La Russie est l'une des plus grandes puissances économiques, qui occupe fermement une position de leader dans les développements scientifiques et technologiques avancés.

Cependant, je crois qu’il ne faut pas avoir peur du renforcement de l’économie russe; au contraire, c’est une occasion d’élargir une coopération économique mutuellement avantageuse au profit du développement futur de l’humanité.

«Ainsi, 75% des capacités de production de l'industrie de transformation ont été créées. L'âge moyen des machines et des équipements utilisés dans l'industrie de transformation est de 12 ans. Des travaux sont en cours pour développer les infrastructures: le nombre d'autoroutes fédérales a doublé (de 39 000 km à plus de 80 000 km). Depuis l’année 2000, environ 600 nouveaux gisements ont été découverts en Russie ».

Si vous aviez à expliquer le dossier de la Crimée et de Donbass aux africain,s plus particulièrement aux Sénégalais, qu'allez-vous leur dire ?

En mars 2021, la Russie a célébré le septième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie. En 2014, les habitants de la péninsule ont exercé leur droit à l'autodétermination inscrit dans la Charte des Nations Unies: plus de 96% de la population (avec un taux de participation de 83%) se sont prononcés lors d'un vote populaire, en faveur de l'indépendance de la Crimée et son adhésion à la Russie.

Aujourd’hui, la Crimée est devenue l'une des régions russes les plus dynamiques. Même la pression des sanctions n’a pas pu l’empêcher. Un programme d’appui équivalent à plusieurs milliards de dollars «Développement social et économique de la République de Crimée et de Sébastopol» est en cours. L'infrastructure se développe. Un nouveau pont ferroviaire et autoroutier relie le continent à la péninsule. L'aéroport international moderne de Simferopol et l'autoroute «Tawrida» ont été achevés. Des milliers de kilomètres de routes subissent une rénovation, et de nouvelles maisons et hôtels sont en construction.

Une grande importance est attachée à la protection des droits de l'homme. Une large autonomie nationale et culturelle des Tatars de Crimée a été établie dans la péninsule. Contrairement à l'époque où la Crimée faisait encore partie de l'Ukraine, la langue de ce peuple est inscrite dans la Constitution de la République en tant qu’une langue officielle aux côtés du russe et de l'ukrainien. Les fêtes musulmanes sont célébrées et leurs traditions sont maintenues. Nous sommes heureux d'accueillir sur la péninsule tous ceux qui souhaitent visiter cette merveilleuse terre, pour voir de leurs propres yeux ses réalisations et découvrir l'humeur des gens qui y vivent.

Quant à la situation au Donbass, le 12 février 2021 c’était le sixième anniversaire de la signature à Minsk, du «Paquet de mesures en vue de l’application des accords de Minsk», qui a été soutenu par les dirigeants du «Format Normandie», approuvé par la résolution 2202 du Conseil de Sécurité de l'ONU et, est devenu une partie intégrante du droit international.

Ce document vise à mettre fin au conflit armé interne dans le sud-est de l'Ukraine, qui a été provoqué par un coup d'État à Kiev en février 2014 et les tentatives ultérieures du gouvernement ukrainien de bafouer les droits et libertés des citoyens du sud-est de l'Ukraine et de réprimer par la force armée des manifestations pacifiques.

Il n'y a pas un mot dans les accords de Minsk sur les obligations de la Russie. La Fédération de Russie n'est pas une des parties au conflit et ne l'a jamais été. Les parties au conflit sont Kiev, Donetsk et Lougansk. La Russie est un des médiateurs dans le processus de règlement. Notre statut au «Format Normandie» qui est un «mécanisme de contrôle» est le même que celui de la France et de l'Allemagne, et au sein du Groupe de contact, il est le même que celui de l'OSCE (qui coordonne d'ailleurs ses travaux).

«L'idée de l'Ukraine de lier le règlement dans le Donbass à la Crimée ne résiste à aucune critique. La Crimée est une affaire interne de la Russie et n'a rien à voir avec la résolution du conflit dans le sud-est de l'Ukraine. »

L'idée de l'Ukraine de lier le règlement dans le Donbass à la Crimée ne résiste à aucune critique. La Crimée est une affaire interne de la Russie et n'a rien à voir avec la résolution du conflit dans le sud-est de l'Ukraine. De plus, dans les accords de Minsk, il n'y a même pas la moindre mention de la Crimée.

La Russie, en tant que pays médiateur, a préconisé et continue à préconiser un règlement pacifique du conflit entre Kiev, Donetsk et Lougansk sur la base du strict respect du «Paquet de mesures de Minsk», approuvé par la résolution 2202 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, dans toute son intégralité et cohérence. Cette position n'a jamais changé.

Parlez-Vous un peu de la coopération entre la Russie et le Sénégal.

En bref, selon les statistiques russes, les échanges commerciaux entre la Russie et le Sénégal en janvier-octobre 2020 se sont élevés à 370 millions USD, dont les exportations russes vers le Sénégal – 367 millions USD et les importations russes en provenance du Sénégal – 2,6 millions USD.

Le commerce bilatéral en 2020 a été considérablement impacté par la baisse globale de l'activité commerciale à cause de la pandémie de Covid-19. En termes absolus, les indicateurs de l'année ont diminué de plus de 2 fois. Ainsi, selon les statistiques russes, en 2019, le commerce bilatéral a atteint 715 millions USD (exportations russes 711 millions USD, importations – 3,7 millions USD).

En 2020, les volumes physiques du commerce bilatéral ont diminué, tandis que sa nomenclature est restée la même.

Selon le Service Fédéral des Douanes de la Russie, la structure des exportations russes vers le Sénégal pour 10 mois de 2020 est la suivante:

- 73% des exportations russes, soit 268 millions USD, étaient des «produits minéraux».

- 17% ou 60,9 millions USD –«blé»;

- 6,6% ou 24,2 millions USD – «produits chimiques» (engrais azotés et potassiques, produits chimiques inorganiques et produits pharmaceutiques);

- 1,7% ou 6,3 millions USD représentaient «papier, carton».

La structure des importations russes en provenance du Sénégal pour la même période est la suivante:

- 80% ou 2,1 millions USD– les achats de «tomates fraîches ou réfrigérées» (1,8 million USD, poids total 757 tonnes) et de «goyave, mangue et mangoustan, frais ou séchés» (305 mille USD, poids total 132 tonnes).

- 20% des importations russes ou 530 milleUSD sont des «déchets et débris de cuivre» (519 milleUSD, pour un poids total de 118 tonnes) et des «produits en métaux ferreux» (11 milleUSD).

Nos pays ont un énorme potentiel de développement de la coopération économique. Les grandes entreprises russes souhaitent participer à des projets d'infrastructure, au secteur énergétique et à l'agriculture du Sénégal.



« La pratique de formation du personnel militaire national et des employés des services de l’ordre africains, y compris sur une base préférentielle et gratuite, reste particulièrement demandée. »

Nous avons remarqué la Russie s’engager en Afrique sur le plan sécuritaire pour aider des pays comme la Libye, la Centrafrique et le Mali. Est-ce une nouvelle option humaniste en Afrique, qui entre dans une logique de coopération?


L'interaction dans le domaine de la sécurité régionale reste un élément important des relations de la Russie avec les pays du continent africain. La situation dans de nombreuses régions d'Afrique est instable: les conflits nationaux et ethniques n'ont pas été résolus, et les crises politiques et socio-économiques aiguës se poursuivent. De nombreuses organisations terroristes sont très actives en Afrique du Nord, dans la zone du Sahara et du Sahel, dans la région du lac Tchad et dans la Corne de l'Afrique.

Les forces armées et les forces de l'ordre d'un certain nombre de pays africains ne sont pas en mesure de contrer seuls les militants et ont besoin d'une assistance substantielle. A cet égard, la Russie continue à coopérer activement avec ses partenaires africains dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent, la migration illégale et la piraterie. La pratique de formation du personnel militaire national et des employés des services de l’ordre africains, y compris sur une base préférentielle et gratuite, reste particulièrement demandée.

En fin de compte, les efforts de la Russie visent à aider les États africains à résoudre par eux-mêmes les problèmes de sécurité existants, ce qui renforcera leur souveraineté et leur indépendance. Cela signifie que la situation dans le monde dans son ensemble deviendra plus stable et prévisible.


«Soulignant le rôle croissant de l'Afrique dans les affaires mondiales, le Président russe Vladimir Poutine l'a qualifié de l'un des piliers importants du système mondial multipolaire. »




Selon Vous, qu’est ce qui explique le rapprochement qu’il y a entre l’Afrique et la Russie et la sympathie que les Africains ont envers Poutine ?


Le leader russe a acquis une grande autorité non seulement dans son pays d'origine, où son niveau de popularité, selon le Centre russe des sondages d'opinion publique, dépasse 66%, mais également dans d'autres pays du monde, y compris en Afrique. Cela est largement dû à la position russe de défendre non seulement ses intérêts, mais aussi ceux de ses alliés et ses amis.

L’un des facteurs de l’intensification des liens entre les pays africains et la Fédération de Russie est l’approche russe visant à établir des relations d’égalité avec eux. Son essence réside dans le fait que la Russie n'interfère jamais dans les affaires intérieures des pays, ne pose aucune condition préalable, ne leur impose pas son modèle de développement et sa vision des formes de démocratie, comme des partenaires occidentaux le font. Contrairement à d'autres pays, qui continuent souvent à piller les richesses minières du continent, la Fédération de Russie cherche à construire ses relations avec l'Afrique sur une base mutuellement avantageuse.

Sur le plan international, la nécessité d'établir une coopération plus active avec le continent africain est dictée par le fait qu'il devient progressivement un acteur géopolitique important que tout le monde doit prendre en considération. Soulignant le rôle croissant de l'Afrique dans les affaires mondiales, le Président russe Vladimir Poutine l'a qualifié de l'un des piliers importants du système mondial multipolaire.

L’importance du dialogue avec l’Afrique ne fait aucun doute. Sur la scène internationale, le «Groupe africain» est une force cohésive et organisée capable d'influencer réellement la prise de décision à l'échelle planétaire, par exemple, à travers le mécanisme d'adoption des résolutions des Nations Unies. L'Afrique a 54 voix à l'Assemblée Générale des Nations Unies, et chaque voix de pays, quelle que soit sa taille et son PIB, a la même valeur que celle desÉtats-Unis. Par conséquent, Moscou élargit son dialogue global avec le «Groupe africain», avec chacun de ses pays dans le but de bien expliquer nos positions sur les problèmes actuels, augmentant ainsi le nombre de nos partisans et nos alliés au sein de l'ONU et d'autres organisations internationales.

Notre politique est claire et prévisible, elle est basée sur les principes universellement acceptés, c’est pourquoi les positions de la Russie et de la plupart des pays africains sur les questions clés de l'agenda international sont proches ou coïncident: l'Afrique soutient nos initiatives à l'ONU pour lutter contre la glorification du nazisme, le non-déploiement d'armes et pour promouvoir le renforcement de la confiance dans l'espace extra-atmosphérique, et la sécurité internationale informatique.

La Russie se prononce en faveur d’une représentation plus large du continent africain dans les organes directeurs des Nations Unies, principalement au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et nous avons l'intention de poursuivre cette ligne à l'avenir. Si l'URSS était à l'avant-garde des mouvements de libération nationale africains, aujourd'hui l'Afrique reconnaît de plus en plus le rôle que la Russie joue à l'avant-garde de la «marche vers un ordre mondial juste» et multipolaire.

«Les entreprises russes et africaines ont signé environ 500 accords et mémorandums d’entente mutuelle, totalisant plus de 10,64 milliards USD. »

A quand le prochain Sommet Russie-Afrique après celle de Sotchi ?
Permettez-moi de commencer par les résultats du premier Sommet Russie-Afrique et du Forum économique qui se sont tenus les 23-24 octobre 2019 à Sotchi. Comme Vous le savez, ils ont réuni un nombre record de participants: nous avons réussi à réunir les représentants des 54 pays africains, dont 43 pays étaient représentés au plus haut niveau.

Le principal objectif du premier Sommet était de déterminer les perspectives et les orientations pour la poursuite du développement d'une coopération multiforme mutuellement avantageuse entre la Fédération de Russie et le continent africain. Les principaux thèmes du Forum étaient non seulement le développement du secteur des énergies, les infrastructures de transport, le secteur agricole, l'énergie nucléaire, la coopération militaro-technique, l'éducation et la santé, mais aussi des enjeux mondiaux: le maintien de la paix et de la sécurité, la lutte contre le terrorisme, l’élimination de la famine et des maladies.

Le Sommet d'octobre 2019 a démontré la volonté de toutes les parties de développer une coopération russo-africaine multiforme. Les entreprises russes et africaines ont signé environ 500 accords et mémorandums d’entente mutuelle, totalisant plus de 10,64 milliards USD.

Le Sommet de Sotchi n'était que la première étape vers un développement des relations économiques et politiques à grande échelle entre la Fédération de Russie et les pays africains. Comme cela est présenté dans le rapport «Russie–Afrique: une vision commune en 2030», préparé par un groupe d'experts russes, l'exportation de produits du génie agricole, de voitures et de céréales est indiquée comme des domaines de coopération prioritaires. En particulier, la Russie, en tant que premier exportateur mondial de céréales, peut devenir un fournisseur important pour les pays africains. Dans un avenir proche, on peut attendre une augmentation des exportations d'engrais par les sociétés russes « Uralchem » et « Uralkali » de 100 000 tonnes actuelles à 500 à 600 000 tonnes par an. Il faut garder à l'esprit que le marché africain des engrais minéraux d'ici 2025-2030 passera de 5 à 7 milliards USD, avec une perspective de croissance d'un tiers au cours de la prochaine décennie.

Aujourd'hui, le principal problème est de mettre en pratique tous les accords conclus et de créer des conditions favorables à leur mise en œuvre. L’Association de coopération économique avec les États africains (ACEPA/AECAS) a été créée – une structure qui unit les représentants du business et de l'Etat, qui coordonne les activités des entreprises russes en Afrique, visant à obtenir des résultats qui répondent aux intérêts nationaux de la Fédération de Russie. On est en train d’élaborer des mécanismes pour prêter un soutien de l'Etat aux entreprises russes qui exportent des biens et des services et investissent dans les pays africains.

Quant au deuxième Forum Russie–Afrique:le Président russe Vladimir Poutine a décidé de le tenir en 2022. Cette fois-ci, le Sommet aura lieu en Afrique. Bien que le pays-hôte n’ait pas encore été déterminé, les travaux de préparation et d’élaboration de son contenu substantif sont déjà en cours. En particulier, le Secrétariat du Forum de partenariat Russie–Afrique a commencé à fonctionner au sein du Ministère russe des Affaires Étrangères. Des conseils de coordination, publics et scientifiques ont été créés sous sa direction. Dans un avenir proche, nous avons l'intention d'élaborer des «feuilles de route» de la coopération russo-africaine dans les domaines économique, scientifique et humanitaire.

Traditionnellement, le Sommet Russie–Afrique est précédé d'événements dans divers domaines de coopération. Les fora publics russo-africains qui se sont tenus à la fin de l’année 2019 ont contribué au renforcement des liens universitaires, culturels et ceux de la jeunesse. Les enjeux africains seront inclus dans le programme du prochain Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin 2021. Une réunion régulière des Ministres des Affaires Étrangèresde la Russie et de la Troïka de l'Union africaine est également prévue en 2021.


«La Russie soutient le renforcement de l'interaction entre les Etats africains sous format des organisations sous-régionales, ainsi que les efforts du G5 Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad) pour déployer la Force conjointe. »



Cliquez-ici pour regarder plus de videos
Titre de votre page Titre de votre page