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Journée internationale de la Femme - 05 premières de femmes en politique au Sénégal

En toute chose, il y a des précurseurs et en ce 8 mars, votre site Leral.net a choisi de vous présenter un bref portrait de 5 femmes d'exception qui ont, chacune en ce qui la concerne, ouvert la voie aux autres dans un contexte où cela n'était pas du tout évident.


Rédigé par leral.net le Jeudi 8 Mars 2018 à 13:20 | | 0 commentaire(s)|


Maïmouna Kane, la première femme ministre au Sénégal
Maïmouna Kane, née le 13 mars 1937 à Dakar
, est une juriste  et femme politique sénégalaise. Ancien auditeur à la Cour suprême, ancien substitut du procureur de Dakar, ancien conseiller à la Cour d'Appel de Dakar, elle entre le 15 mars 1978 dans le gouvernement socialiste d'Abdou Diouf, en même temps qu'une autre pionnière, Caroline Faye Diop.

Maïmouna Kane est nommée Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée de la Condition féminine, de la Condition humaine et de la Promotion humaine, un portefeuille dont l'intitulé connaît plusieurs changements par la suite. Elle est promue ministre du Développement social dans le Gouvernement Niasse I 
formé le 5 avril 1983.

Les femmes lui doivent la loi sur les congés de maternité, l’accès aux fonctions militarisées, ou encore à la diplomatie. Le milieu rural lui est redevable d’avoir réduit considérablement la charge de travail, grâce à l’introduction de la mécanisation dans les différentes tâches.
 
Caroline Faye Diop, la première femme député, ministre et …ministre d’Etat
Caroline Faye Diop, née le 11 juillet 1923 
à Foundiougne et décédée le 29 juillet 1992 à Dakar , a été la première femme députée et ministre du Sénégal . Elle était l'épouse de Demba Diop, assassiné en 1967.

Elle est la fille de Louis Diène Faye
, expert-comptable, militant de la SFIO, un des fondateurs du Bloc démocratique sénégalais et de Fatim Diop, descendante de Magne Diop Mbathio du Walo. Elle effectue ses études primaires dans sa ville natale, puis à l’école Albert-Sarraut devenue Berthe Maubert.

Elle réussit le concours d’entrée à l’École Normale des jeunes filles de Rufisque de l'Afrique-Occidentale française, à Rufisque 
, d'où elle sort diplômée en 1945, 3ème de sa promotion. Parmi ses promotionnaires, Annette Mbaye d'Erneville, 1ère de la promotion, Ndèye Coumba Diakhaté2ème de la promotion, Anne Marie Sohai, Jeanne Martin Cissé.

Grâce à son diplôme, en 1945
, elle devient institutrice à Louga sous les ordres de son mentor Abdoulaye Sadji, à Thiès, à Matam puis à Mbour où elle dirigera L'Ecole des Filles de 1951 à 1962.

Poursuivant sa carrière d'enseignante, elle intègre à Louga en 1945 le Bloc démocratique sénégalais
; remarquant néanmoins la difficulté de concilier ces deux vies, alors que son engagement politique se fait de plus en plus intensément, Léopold Sédar Senghor , dirigeant du parti, lui permet de devenir enseignante détachée de l'Animation rurale.

Caroline Faye Diop participe à la création du mouvement féminin associé à l' Union progressiste sénégalaise , puis, en juin 1954, à Thiès, elle en prend la tête devant le désistement de Fatou Siga Niang. Elle devient ensuite députée, entre 1963 et 1978, devenant alors la première femme de l'histoire du pays à intégrer l'Assemblée nationale.

Dès 1963, elle parle de la création d'un code de la famille et encourage les femmes à gagner leur vie. Elle sera la seule femme à participer au vote du Code de la famille. Elle a été la quatrième vice-présidente de l'Assemblée Nationale. Elle est élue en 1964, Présidente des Femmes de l'Union Progressiste Sénégalais. La même année, elle devient secrétaire Générale Adjointe de la Panafricaine des Femmes.

Elle devient également la première femme ministre, alors qu'elle est nommée, en 1978
, ministre de l'Action sociale ; puis ministre délégué auprès du Premier ministre de 1981 à 1982 puis ministre d'Etat de 1982 à 1983. Sous son ministère, on relève la création des Groupements de promotions féminines.

Caroline Faye Diop estime qu'elle défendu les femmes de son pays pendant dix ans où elle était seule à l'Assemblée nationale :"je me suis battue pour le Code de la famille, les allocations familiales versées à la femme". Elle estime également que son parcours politique a été difficile et les hommes de son parti ne lui ont pas fait de cadeau car ils n'ont jamais apprécié "que les femmes se distinguent et qu'elles aient l'audace de regrouper leurs soeurs".

Elle dira à propos de la quinzaine de la Femme, "le baobab a beau être grand et fort, une toute petite graine est sa mère". A propos du féminisme, elle dira "Je ne parle pas d’un féminisme outrancier. Je suis féministe. Je suis pour l’égalité entre l’homme et la femme. Je ne parle pas d’égalité mathématique. Mais de celle qui se résout dans la complémentarité. Je ne suis pas partisane d’une promotion au rabais."
 
Par ailleurs, un stade à Mbour porte également son nom comme son époux Demba Diop, qui donna son nom au stade du quartier  Liberté 2 à Dakar.
 
Adja Arame Diène, premier député à parler ouolof à l’Assemblée nationale
 
Adja Arame Diène (1926–2005) est une femme politique sénégalaise. Elle entra en politique en 1945, suivant en cela la tradition familiale avec ses parents qui étaient de fervents partisans de Alfred Goux, ancien maire de Dakar. Membre du Bloc Démocratique Sénégalais, elle rejoint par la suite le Parti socialiste sénégalais.
 
Elle est élue à l’Assemblée nationale en 1983 en compagnie de Ramatoulaye Seck et Aïda Seck. Toutes trois ont été élues en dépit du fait qu’elles étaient analphabètes. Grâce à Arame Diène et à son courage, la langue nationale ouolof fait son entrée à l’Hémicycle.
Elle joua un grand rôle dans le mouvement des femmes du Pari socialiste ainsi qu’au sein de l’Union régionale des femmes PS du Cap-vert.
Par honnêteté intellectuelle, elle n’intervenait à l’Assemblée nationale que sur des sujets portant sur le monde rural, les femmes, les enfants et la santé. Elle préférait ne pas s’exprimer sur les thématiques relatives à la défense ou aux finances.
Son surnom de ‘’mère’’ du Parti socialiste n’est pas fortuit, car Adja Arame avait gagné l’estime de tout un parti, mais aussi de tout un peuple. Cela explique pourquoi elle est restée à l’Assemblée nationale de façon ininterrompue, durant cinq législatures, de 1983 à 2001, après la chute du Parti socialiste, à la faveur de l’alternance survenue un an plus tôt. 

Mme Fatoumata Ka, première femme maire d'un ville au Sénégal
Mme Fatoumata KA, ancienne maire de Diourbel décédée le 8 août 1992, était la première femme, magistrate d’une ville au Sénégal. Cette grande dame d’une grande dimension était une maire, une mère, qui savait couver ses administrés et toujours prompte à satisfaire leurs sollicitations. Elle ne ménageait aucun effort pour se mettre au service des populations et de la demande sociale qui le lui rendait bien, en l’appelant affectueusement « Kaf ».


Sa générosité et son impartialité en toutes circonstances, faisaient d’elle un modèle de loyauté et son sens du devoir accompli lui avait valu l’estime de ses supérieurs et de ceux qu’elle administrait. Ces qualités lui avaient permis d’accéder, très tôt, de son vivant, aux plus hautes stations politiques: présidente du mouvement national des Femmes socialistes, vice-présidente à l’Assemblée Nationale, maire de Diourbel et première femme maire d’une ville au Sénégal.
 
 
Mame Madior Boye, la première femme Premier ministre du Sénégal
Mame Madior Boye (née en 1940 
) est une femme d'Etat sénégalaise, ancienne Première ministre, la première femme à avoir exercé cette fonction au Sénégal.

Née à Saint-Louis 
en 1940, Mame Madior Boye est issue d'une famille de juristes. Son père fut d'abord greffier, puis huissier de justice  L'un de ses frères fut procureur général près la Cour suprême du Sénégal. Un autre, Kader Boye, professeur de droit international privé, devint recteur de l'Université de Dakar.

Après des études au lycée Faidherbe de sa ville natale, elle intègre la Faculté de sciences juridiques et économiques de l'Université de Dakar en 1963, puis poursuit sa formation au Centre national d'études judiciaires (CNEJ) de Paris 
– devenu dans l'intervalle, l'Ecole nationale de la magistrature

Elle est successivement substitut du procureur de la République, première vice-présidente du tribunal régional de première classe de Dakar et présidente de chambre à la Cour d'appel.

De 1990 à 2000, elle exerce des responsabilités au sein de la Compagnie Bancaire de l'Afrique  Occidentale
. Mame Madior Boye n'est membre d'aucun parti. Après la victoire d'Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle de 2000, elle est nommée ministre de la Justice en avril 2000, puis Première ministre le 3 mars 2001, après la démission de Moustapha Niasse . Elle est remerciée le 4 novembre 2002  en raison de sa prise de position à l'occasion du naufrage du Joola, en septembre 2002.

En septembre 2004
, Alpha Oumar Konaré la nomme représentante spéciale de la Commission de l'Union africaine(UA), chargée de la protection des civils dans les zones de conflitM






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