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Kaolack: Quand les charretiers racontent leur galère

Une vie quotidienne pleine d’obstacles. C’est ce que vivent les charretiers qui ramassent les ordures. Charrettes souvent en panne, salaires dérisoires, non-respect des échéances de paiement par certains clients, milieu informel et état de santé défectueux, sont le calvaire des charretiers rencontrés aux Parcelles assainies.


Rédigé par leral.net le Mardi 30 Mars 2021 à 11:01 | | 0 commentaire(s)|

Kaolack: Quand les charretiers racontent leur galère
À Kaolack, le métier de ramasseur d’ordures par les charrettes est bien intégré. Des jeunes, venus surtout d’autres régions comme le Ndoucoumane (Kaffrine), s’y activent quotidiennement, moyennant des salaires qui varient entre 55 000 et 75 000 FCfa. Sans compter l’argent glané auprès de certains clients qu’ils peuvent avoir, à l’insu des propriétaires, qui mettent à leur disposition les ânes et les charrettes.

Contrairement à Diourbel où on note un début de formalisation, ici, tout est informel. Pas de contrat, ni entre propriétaires et prestataires. Encore moins avec les clients (les ménages).

Originaire de Kaffrine, Cheikh Mbaye revient sur son travail journalier : “Chaque jour, je me réveille à 7 h pour descendre à 15 h. Je fais le tour des maisons à Sara et au marché Tilène où je compte 200 clients. Chacun paie 1 500 le mois. Les charretiers peuvent également avoir d’autres clients pour leur propre compte. De ce fait, on peut gagner jusqu’à 150 000 FCfa.’’

Agé de 31 ans, l’homme de petite taille confie gagner sa vie, même s’il n’arrive pas à épargner, compte tenu de ses nombreuses charges. “Je peux dire que je gagne correctement ma vie, mais nous vivons au jour le jour. Je vis avec ma famille aux Parcelles, quartier éloigné, où j’ai loué deux chambres’’, informe le charretier.

“L’entretien nous coûte cher’’

Malgré des gains qu’il juge globalement satisfaisants, il se plaint des charges. Il dépense entre 1 000 et 1 500 FCfa par jour environ, compte non tenu des montants dégagés quand la charrette tombe en panne. Aussi, signale-t-il, par moments, l’âne n’est plus suffisamment performant et il faut le vendre pour en acheter un autre.

Il précise : “Après quelques années d’exploitation, les ânes ne peuvent plus soutenir le rythme. Nous sommes alors obligés de les vendre pour acheter d’autres. Pour les revendre, on est obligé de les bazarder à 35 000 FCfa. Pour avoir des ânes en bonne forme, il faut débourser jusqu’à 60 000 FCfa.’’

Marié et père de trois enfants, Birame Kâ explique qu’il verse tous les mois une somme de 60 000 FCfa à son bailleur et perçoit 80 000 FCfa par mois pour son salaire. Tous les jours, il brave la chaleur pour aller collecter les ordures de ses 150 clients. Il se plaint de l’éloignement du lieu où se trouve la décharge et revient sur les conditions précaires de travail.

Nous sommes tous les jours au contact des ordures. J’achète du savon et de l’eau de Javel pour me désinfecter, mais ce n’est pas évident. Certains de nos collègues tombent souvent malades. Des fois, ce sont des boutons sur tout le corps. Pendant l’hivernage, on a des bactéries de toutes sortes’’, note-t-il.

Embouchant la même trompette, Cheikh Mbaye revient sur la saison des pluies et ses désagréments. Selon lui, c’est très difficile de travailler pendant cette période, à cause des inondations et de la boue. Et de préciser : “Nous nous protégeons en achetant des bottes, mais tout ceci sort de notre propre poche. Nous ne recevons aucun soutien’’, se désole-t-il.

Par ailleurs, soutiennent les charretiers, il y a également le casse-tête du recouvrement. “Certains, renseigne Birame, peuvent rester des mois sans payer. Quand on les barre de la liste, ils vont chercher un autre charretier. Nous demandons vraiment un appui de l’Etat pour une modernisation de notre métier. Si nous avions des tricycles ou des motos pour le ramassage, cela améliorerait beaucoup nos conditions de travail’’, plaide-t-il.
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