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Keyssi Bousso, DG du Grand Théâtre : « Mbagnick Ndiaye est le meilleur… de Macky »

Keyssi Bousso. Le nom rime avec le Grand Théâtre qu’il dirige depuis novembre 2012. «Et ce sera pour toujours», se glorifie celui qui trouve que Mbagnick Ndiaye est «le meilleur ministre de la Culture» depuis l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, à qui il a donné le nom de son fils de plus de 4 ans aujourd’hui. «Je n’ai pas attendu qu’il soit élu pour le faire». Ce «Mackyste», plus qu’un Apériste, est devenu maire de Doumga Lao, là où on l’accuse d’avoir fait disparaître 12 millions de FCfa. Il y voit des «manigances» de son premier adjoint et ancien président du Conseil rural devenu commune à la faveur de l’Acte 3 de la décentralisation. L’ex-pensionnaire du Ballet Béjart ne danse plus, mais promet une danse en 2017 parce que convaincu que Macky Sall sera réélu. Keyssi Bousso reste muet sur les ressources du Grand Théâtre et joue des «je ne vais pas vous dire».


Rédigé par leral.net le Mardi 12 Mai 2015 à 13:33 | | 0 commentaire(s)|

Keyssi Bousso, DG du Grand Théâtre : « Mbagnick Ndiaye est le meilleur… de Macky »
Comment avez-vous fait pour gagner la mairie de Doumga Lao ?

Je dois préciser que je ne suis pas un politicien professionnel. Je suis d’abord un artiste. J’ai beaucoup aidé la commune de Doumga Lao pendant tout le temps que j’étais en Belgique, en tant qu’opérateur économique. J’avais créé une société qui s’appelait Doumga Fonds Fouta. Chaque année, j’organisais des festivals pour mon village. Si aujourd’hui, je suis devenu un politicien, c’est grâce au Président Macky Sall parce que la politique ne m’intéressait pas. En 2012, je me suis énormément investi pour faire gagner l’Apr à Bruxelles. Cela dit, à Doumga Lao, j’ai trouvé de vieux «lions» qui ont fait de la politique leur métier. Il va sans dire que déraciner des «baobabs» qui ont fait 40 ans de politique, cela n’était pas évident. Je mérite quand même qu’on me dise «chapeau !» Alors, une fois élu, j’ai hérité d’un système qui n’était pas du tout orthodoxe : des manipulateurs et des pilleurs. J’ai vu des gens réfectionner des puits à 8 millions, acheter des moulins à mil à 6 millions.

Vous vous étiez allié avec qui ?

J’étais avec Ibrahima Gaye de l’Apr qui voulait être maire. Moi je n’ai jamais trahi Macky Sall en changeant de parti. Je ne suis même pas un Apériste, mais un «Mackyste». Je mourrai dans l’Apr, du moins tant que Macky sera là.

Dans vos alliances, il n’y a avait que des gens de l’Apr ?

Non, il y avait quelqu’un du Rp de Mamoune Niasse qui a eu 10 conseillers et moi 14. Nous nous sommes alliés et nous avons gagné ?

Il se dit que c’est une minorité qui a gagné la mairie. Qu’en dites-vous ?

C’est du bla-bla. Nous étions 33 conseillers. 14 avec moi et 20 autres avec l’autre, Ibrahima Gaye. Mais c’est par secteur parce que je suis dans la commune de Doumga Lao. Il y a celui de Doumga, de Yaré Lao. Des conseillers de l’opposition m’ont rejoint plus tard parce qu’ils savent que je peux développer la commune. Vous savez, le jour où j’ai dit que je voulais être maire, tout le monde a commencé à vouloir être intéressé par la commune. Bref, c’est vous dire qu’une minorité ne peut pas élire. J’ai gagné et c’est tout.

Justement, vous faites l’objet de vives critiques depuis votre élection. Est-ce parce qu’on vous considère comme un homme de la Diaspora, un étranger aussi pour avoir vécu en Belgique ?

Etranger ? Ce que j’ai fait pour la commune avant de devenir maire, personne d’autre ne l’a fait.

Qu’est-ce que vous avez fait depuis votre élection ?

En six mois j’ai amené une ambulance. Quand la commune a eu besoin d’une pirogue, j’ai donné 250 000 francs, 400 000 pour la réfection d’un puits, 600 000 pour la réparation d’une pompe hydraulique, 500 000 pour le jardin potager… (Il sort les documents de ses réalisations). Ça c’est en tant que maire. Mais avant, je faisais déjà énormément de choses pour le village. C’est vrai qu’ils peuvent me voir comme un homme de la diaspora. L’ancien Pcr dit avoir hérité de 35 millions de francs de budget lors de sa passation de service avec son prédécesseur. Mais moi j’ai hérité de 650 mille francs de lui. Et d’ailleurs, l’équipe sortante me doit de l’argent. J’ai trouvé une dette de 2 millions 100 mille francs que j’ai remboursée de ma propre poche.

Et pourtant on parle de 12 millions de francs qui auraient disparu des caisses de la mairie. Est-ce que vous pouvez nous édifier sur cette affaire ?

Je vais vous dire. J’ai le contrat du marché avec moi, ici. Ces 12 millions étaient là depuis deux ans. L’ancien Pcr, Samba Thiam, ne le savait même pas. Il passe tout son temps à acheter des chèvres et des moutons. Je suis allé voir les autorités administratives qui m’ont dit que si je n’utilise pas les 11 millions, ils seront retournés au Trésor. Pourquoi alors devrais-je laisser partir cette somme qui peut régler des urgences ? Il y a un village près de Doumga Lao qui n’a pas de forage. Il faut marcher 7,5 km pour en trouver un. J’ai pensé devoir résoudre cette question vitale puisqu’il s’agit d’accès à l’eau. Et voici le contrat et le procès-verbal.

On vous accuse justement de n’avoir pas consulté le Conseil municipal…

La vérité est que les conseillers ne voulaient pas voter le budget. Le sous-préfet l’a fait à leur place. Et donc, ils n’ont pas un droit de regard sur quelque chose qu’ils n’ont pas voulu voter.

Est-ce que vous avez réuni le Conseil municipal au moment où vous décaissiez ces 12 millions ?

Je vous ai dit qu’ils n’ont pas voulu voter. Le sous-préfet a considéré que les intérêts des populations étaient en jeu et a autorisé le décaissement. Encore une fois, ils ne savaient pas qu’il y avait 12 millions.

Selon vous, d’où viennent ces accusations ? Est-ce de la jalousie ou des querelles de tendances au sein de votre parti ?

Dans ma vie, j’ai quand même eu plus de 12 millions. Ce n’est pas dans la commune de Doumga Lao, où j’ai investi beaucoup d’argent, que je volerai cette somme. Les ordinateurs des écoles, c’est moi qui les ai achetés il y a 4 ou 5 mois grâce à des partenaires belges. J’y ai amené 15 tonnes de riz il n’y a même pas une semaine. Je ne vais pas répondre à ces gens-là qui n’ont rien fait. Pendant 5 ans, ils n’ont même pas pu offrir à la commune ne serait-ce qu’une case de santé.

A combien se chiffre le budget de la mairie ?

15 millions. Ce ne sera pas suffisant pour faire des réalisations certes, mais j’ai des partenaires en Italie. Je fais des téléthons avec la 2Stv. Je sais comment ça marche et je trouverai des ressources supplémentaires.

Vous avez dit que grâce à vous, l’Apr a gagné en Belgique à la dernière Présidentielle. Est-ce que vous êtes toujours en contact avec vos camarades de Bruxelles ?

J’y vais de temps en temps. Ma maison et mes enfants sont là-bas. Maintenant c’est vrai que je concentre mes efforts ici. Chaque fois que je fais un crochet en Belgique, je passe leur dire bonjour. Il y a des gens qui continuent d’y animer le parti. Je ne vais pas leur dicter ce qu’ils doivent faire. Je concentre toutes mes forces au développement de la commune de Doumga Lao et au succès du Grand Théâtre.

Comment se porte l’Apr à Podor ?

Très bien. Mais ce serait encore mieux si on ouvrait davantage les portes du parti à d’autres. Les gens qui veulent venir sont les bienvenues.

Donc, vous êtes d’accord avec la transhumance prônée par Macky Sall ?

Quiconque veut travailler avec nous et accompagner le Président Macky Sall, nous lui souhaiterons la bienvenue. Je n’y vois aucun inconvénient. S’ils ont des compétences, pourquoi les empêcher de venir parce que tous sont des Sénégalais. Ce débat sur la transhumance, c’est des détails. Cette transhumance existe depuis Senghor.

Avez-vous l’ambition de diriger l’Apr de Podor ?

Non ! Ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est Doumga Lao. Des gens comme Mountaga Sy (Dg Apix et maire de Aéro Lao, Ndlr) sont de bons leaders.

A un moment donné, on a agité le débat de faire de Podor une région. Quelle est votre position ?

Podor région ou pas, l’essentiel c’est d’aider les populations, les villageois. Si les gens restent dans leurs bureaux climatisés, il n’y aura pas de développement pour Podor.

Est-ce que les politiciens de Podor aident les populations ?

En tout cas moi, j’aide les populations de mon village.

Pour la mairie de Podor, il y avait un duel entre Me Aïssata Tall Sall et Mamadou Racine Sy. Comment aviez-vous vu cette querelle ?

Je les connais tous les deux. Me Sall est une amie et une sœur à moi. Racine Sy aussi est un frère. Politiquement parlant, je dirais que je préférais que l’Apr gagne. Mais, le maire Aïssata Tall Sall (Ps) doit travailler avec Racine qui peut beaucoup apporter à la commune.

Pourquoi, on ne vous entend pas souvent dans le débat politique pour défendre votre mentor Macky Sall ?

Parce qu’on ne m’a jamais interviewé.

Si vous êtes là, vous le devez en partie à votre casquette politique ?

Je défends le Président lorsque quelqu’un le critique devant moi. Je n’ai pas besoin de solliciter les télévisions. Il faut dire aussi qu’il y a des gens qui sont payés pour cela. Il a des conseillers. Je l’ai défendu en Europe.

Qu’est ce qui vous lie à Macky Sall ?

Il respecte sa parole donnée. Il est juste.

Dans quelles circonstances l’avez-vous connu ?

Quand Macky Sall a eu des problèmes avec Karim Wade, alors qu’il était encore président de l’Assemblée nationale, un de ses proches est venu me dire, en Belgique : «Keyssi, je suis un ami de Macky Sall, est ce que tu peux le représenter ici.» En ce moment, il n’était pas encore sorti du Pds. Une personne m’a mis en relation avec lui. Nous nous sommes entretenus plus tard. Je lui ai dit que je n’étais pas un politicien mais que je vais l’aider. Il a tenu un grand meeting en Belgique. Un mois après, j’ai eu un enfant que j’ai baptisé Macky Sall. Aujourd’hui son homonyme a 4 ans et demi. Donc je ne suis pas un arriviste. Je n’ai pas attendu que Macky soit Président pour le faire.

Votre nomination à la direction du Grand Théâtre est-elle une récompense ?

Il faut poser la question à Macky Sall. Je suis du parti. Je me suis battu pour le faire gagner en Belgique. Peut-être qu’il a vu en moi quelqu’un qui peut gérer le Grand Théâtre. En tout cas, je fais tout mon possible pour que ça marche. Quand je venais ici, il y avait 2 petits spectacles. Aujourd’hui, on en a jusqu’au mois de décembre. J’ai amené ici les plus beaux ballets.

Comment voyez-vous 2017 ?

Macky Sall va passer.

Comment ?

Parce que les gens vont voter pour lui. Il a quand même fait beaucoup de choses. Si on arrive à énumérer ses réalisations, cela voudrait dire qu’il n’y en a pas beaucoup. (Rires)

Vous avez énuméré ce que vous avez fait à Doumga Lao et vous ne voulez pas le faire pour le Président…

Il lui appartient de faire son bilan le moment venu. Il y a la Couverture maladie universelle, la prise en charge des enfants de moins de 0 à 5 ans, la gratuité de la dialyse, etc. Vous savez, le Président parle peu et travaille beaucoup. Les autres passent tout leur temps à critiquer. Et pourtant je n’ai jamais entendu Macky Sall dire du mal de quelqu’un. Même du temps de l’opposition, il n’a jamais tenu des propos déplacés contre le Président Abdoulaye Wade. On ne peut pas insulter quelqu’un sous le prétexte que la politique est ainsi faite. Un ennemi peut devenir un ami et, par conséquent, il faut réfléchir à deux avant de sortir certains mots.

Est-ce que d’éventuelles candidatures de certains de ses alliés ne vont pas réduire ses chances d’être réélu ?

Personne ni rien ne peut l’affaiblir. Il n’y a que des gens qui passent tout leur temps à rêver, même s’ils ont le droit d’avoir des ambitions. Attendons 2017…

Il n’a pas d’adversaires ?

Je n’en ai pas vu (il sourit). Dites moi qui.

Le Pds avec Karim Wade par exemple ou le Ps avec Khalifa Sall peut-être, Idrissa Seck…

Il y a toujours des gens qui ont des ambitions. Certains sont partis à Matam pour rendre visite à des marabouts et faire semblant d’obtenir quelque chose-là bas, mais c’est peine perdue…

Vous faites allusion à Idrissa Seck qui était en tournée à Matam ?

Oui, il est là bas, mais bon…

Il est en train de grignoter sur l’électorat de Macky Sall…

Quelqu’un qui grignote, c’est qu’il a encore faim. Nous, nous avons déjà mangé cet électorat. Nous sommes même rassasiés (rires).

Le Président aussi pêche dans les autres partis…

C’est normal. Idrissa Seck aussi est allé à Matam pour pêcher dans nos eaux, mais il va rentrer bredouille. Il faut comprendre aussi que dans la culture pulaar, l’hospitalité est une valeur fondamentale. Donc, un hôte comme Idrissa Seck, on lui sert la main, on lui souhaite la bienvenue et on lui offre du lait caillé, c’est tout. C’est pour vous dire qu’un second mandat pour Macky est acquis et on va en reparler un jour.

Et le Grand Théâtre, on parle plus de soirées musicales que de théâtre et autres activités culturelles…

Ecoutez, le Grand Théâtre n’est pas fait seulement pour le théâtre. C’est pour tout le monde. Il y a des expositions, de la danse, de la musique. Il y a eu de grands événements culturels comme le Ballet Béjart, les Moines de Shaolin, la danse Flamenco, etc. Comme il y a eu des activités d’autres communautés culturelles : pulaar, bassari, diola, etc.

Le problème, c’est qu’on a l’impression que le Grand Théâtre est fait pour les anniversaires des musiciens…

Soit. Mais ces gens sont aussi des Sénégalais. Nous avons fait pourtant 7 ou 8 pièces de théâtre que le Grand Théâtre a financées. La semaine dernière, nous avons organisé la Semaine de la danse, la Semaine du théâtre, des défilés de mode. Le Grand Théâtre n’est pas encore une fois fait uniquement pour les comédiens. Ils ne peuvent pas, à eux seuls, faire vivre le Grand Théâtre.

Etes-vous d’accord avec ceux qui pensent que le Grand Théâtre a presque tué Sorano ?

Vous savez, les gens veulent créer des problèmes là où il n’y en a pas. Le Grand Théâtre et Sorano sont, comme on dit en pulaar, les deux cornes d’une vache. En réalité, il y a des choses que le Grand Théâtre peut faire et que Sorano ne peut pas ; et vice versa. Nous pouvons accueillir Gad Elmaleh, mais Sorano ne peut pas le faire. Nous allons faire venir Meta, un jeune reggae man (Ndlr : natif du Sénégal mais vivant aux Etats-Unis). Nous sommes en train de négocier d’autres spectacles aussi.

Voulez-vous dire que les soirées musicales font plus vivre le Grand Théâtre que des activités comme le théâtre ?

Certains spectacles font vivre le Grand Théâtre, pas tous. J’ai entendu dire que le Grand Théâtre est loué par les musiciens à 5 millions, ce n’est pas vrai.

Alors qu’est-ce qui est vrai ?

C’est à la tête de l’artiste. Faire jouer Pape Diouf n’est pas la même chose que faire jouer un rappeur de la banlieue.

Puisque vous avez donné l’exemple de Pape Diouf, dites-nous combien il loue la salle.

Non, je ne vais pas vous le dire. (Rires)

Pape Diouf fait-il moins de 5 millions ?

Beaucoup moins d’ailleurs.

Et un Youssou Ndour ?

Youssou Ndour ou Baba Maal paient comme les autres. (Rires)

Vous avez combien en termes de rentrées d’argent par an ?

Je ne vous le dirai pas.

Ce sont des ressources publiques et les Sénégalais doivent en être informés…

Je ne vous le dirai pas en tout cas.

Et le budget du Grand Théâtre, il s’élève à combien ?

Il est de 900 millions.

C’est suffisant pour vous ?

Non. Je vais vous donnez quelques exemples : Nous payons 17 millions par mois rien que pour la facture d’électricité et nous avons plus de 70 employés.

A combien s’élève la masse salariale du Grand Théâtre ?

Je ne vous le dirai pas non plus, c’est privé. (Rires)

Etes-vous pour l’autonomisation du Grand Théâtre, qu’il soit détaché du ministère de la Culture ?

Il faut poser la question au ministre. Je ne m’occupe pas de ces questions. Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons au moins un ministre qui connaît la culture parce qu’il était dans des associations culturelles comme Ndef leng, l’association des sérères. Mbagnick Ndiaye est humain et a le sens de l’écoute. J’ai vu beaucoup de ministres passer à la Culture depuis l’arrivée du Président Macky Sall, mais Mbagnick est le meilleur pour moi.

*Keyssi Bousso le danseur, racontez-nous un peu votre carrière.

J’ai fait l’école des arts section danse et théâtre, trois ans après, je suis parti à Mudra Afrique. Nous étions 100 et nous avons fini à 11. Et parmi ces 11, deux sont partis en Belgique : François Gomis et moi-même. Ken Ndiaye nous a rejoint plus tard. A Bruxelles, j’ai travaillé avec d’autres ballets ; j’ai voyagé partout à travers le monde et j’ai créé des écoles de danse en Belgique.

Est-ce que c’est parce que la danse ne marchait pas au Sénégal que vous n’y avez pas créé des écoles ?

Je n’y ai jamais pensé. Mais aujourd’hui la danse marche fort.

Quel regard portez-vous sur la danse et les danseurs d’aujourd’hui ?

C’est bien, mais il faut coacher les jeunes avec beaucoup de stages. Il y a plus d’improvisations que de codifications. Certains font quelques cours de ballet et se voient déjà à la télé dans des clips. Et bonjour la star. C’est cet empressement-là qui pose problème. Il y a des écoles comme l’École des Sables de Germaine Acogny. J’encourage les jeunes à aller apprendre dans cette école de référence. C’est Germaine Acogny qui m’a formé.

Lorsque vous succédiez à Mme Youma Fall à la tête du Grand Théâtre, certains ont tout de suite dit que c’est un analphabète qui dirige le Grand Théâtre. Est-ce le cas ?

Les gens peuvent raconter ce qu’ils veulent. Ce qui est important, c’est la personne qui a eu confiance en moi en me nommant à ce poste. Et je vais tout faire pour relever ce défi. Il y a des Américains qui n’ont même pas l’équivalent d’un certificat d’études et qui sont pourtant les meilleurs dans plusieurs domaines. Je me suis battu pour être un des meilleurs dans la danse, un domaine artistique. Aujourd’hui je suis là, demain je quitterai et la tête haute. Je suis convaincu que le nom de Keyssi Bousso sera associé au Grand Théâtre pour toujours. On retiendra que c’est lui qui a fait venir les Moines de Shaolin, le Ballet Béjart 36 ans après que Senghor l’a fait, Jamel Debbouze et là je vise Gad Elmaleh peut-être pour l’année prochaine.

Vous avez quand même fait quelques classes ?

J’ai étudié jusqu’en Terminale.

Pourquoi alors on vous traite d’analphabète ?

Peut-être que parce que la place que j’occupe fait des jaloux.

Dans l’Apr ou dans le milieu artistique ?

Dans le milieu artistique certainement. Je puis vous dire que tant que le Grand Théâtre fait le plein de janvier à décembre, c’est plus qu’un bac plus 10 pour moi. Je pouvais même ne pas étudier et gérer ce Grand Théâtre.

Le Quotidien



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