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"L'Empereur du Mbalax" tutoie la perfection avec son nouvel "Mbalax" pour honorer la mémoire de son mentor, Ibra Kassé et ...Thione Ballago Seck

Par sa texture, par sa composition comme par ses thématiques, le nouvel album de Youssou Ndour, qui sera disponible ce vendredi 12 novembre 2021, est une création pharaonique, parce que débordant de générosité, d’envies en tous genres, d’altruisme aussi. C’est comme si l’homme, après plus de 40 ans de carrière , survolait la pyramide de ses albums, qui l’ont porté au pinacle d’une gloire méritée, pour exécuter des partitions symphoniques destinées à faire comprendre au Public, à tous les publics du monde, qu’il est arrivé au somme de son art, mais qu’il compte bousculer les frontières, repousser les limites objectives de son génie créateur, parce porteur encore de perfections qui demandent à s’exprimer…


Rédigé par leral.net le Jeudi 11 Novembre 2021 à 01:06 | | 0 commentaire(s)|

"L'Empereur du Mbalax" tutoie la perfection avec son nouvel "Mbalax" pour honorer la mémoire de son mentor, Ibra Kassé et ...Thione Ballago Seck
Composé de 12 titres, ce nouvel album porte comme thème fédérateur, le culte de la reconnaissance, que l’artiste prend lui-même la responsabilité d’assumer au nom de tous. Reconnaissance vis-à-vis d’un trésor unique et non partageable : le SENEGAAL. Ce pays à qui le chanteur dit tout devoir, auquel il a l’obligation de tout destiner, où prennent racine et germent les mystères qui rythment son sang, ses envies, ses motivations. Mais, "You" a été surtout reconnaissant envers son mentor, feu Ibra Kassé.

Pour la gouverne de ceux qui l'ignorent encore, "Chez Kassé", pour paraphraser un émérite confrère, "c'est là où Youssou Madjiguène Ndour est né."

Et, notre confrère, qui a blanchi sous le harnais, à l'image de l'illustre fils d'Elhaj Elimane Ndour et d'Adja Ndèye Sokhna, de renchérir: "C’est l’école ! Entre 1960 et jusqu’en 1978, Dakar était conquise par le Star Band du vieux Ibra Kassé, le perfectionniste, un véritable dénicheur de talents. C’est dans ce sens que de grands noms de la musique y feront un passage. De Pape Seck à Youssou Ndour en passant par Yakhya Fall et autres, tous se sont perfectionnés sous la férule d’Ibra Kassé. Avec sa boîte, le Miami night-club, ce dernier a également offert un cadre d’expression à ces musiciens."

Dans l'excellent titre qui porte justement le titre "Wax Ju Bari", l’enfant prodige de la Médina enchaîne les couplets flatteurs, dithyrambiques à la limite, pour célébrer Baye Ibra Kassé. You le fait avec maestria, faisant adroitement surfer sa voix veloutée entre de superbes enchaînements de sections rythmiques. Non sans rappeler la lignée du regretté pater d'Alioune Kassé.

Celui que son frère siamois, Mbaye Dièye Faye surnomme affectueusement "l'Empereur du Mbalax", rendra un hommage mérité à feu Ibra Kassé, en se rappelant les sages conseils que lui prodiguait ce précurseur de la musique sénégalaise voire Africaine.

" Wax Ju Bari", c'est également pour dire à ceux qui ne font que parler, qu’ils perdent leur temps. Car, à trop parler, on finit par ne rien dire.

"Gaaganti Ko" parle de l'amour. Comme tous les romantiques, il fait rimer le mot amour avec une emphase dont lui seul semble détenir la recette. Dans ce premier morceau, on sent une petite coloration malienne avec la partition en Kora qui porte la signature de l'un des "guest" musiciens de cet opus. "Il s'agit de Balla, qui n'est autre que le frangin du Grand Toumani Diabaté" renseigne le producteur du nouvel "Mbalax", Bouba Ndour.

" Mama Africa" est encore un hymne pour l’Afrique. Pour ce second son, c’est le panafricaniste de renom qui chante avec son timbre vocal qui n'en demeure pas moins unique en son genre.

" Ndox" dont le clip va bientôt sortir, n’a pas besoin de beaucoup d’explications. L'homme des pensées de Mme Ndour Aïda Coulibaly,, vante le liquide vital que contient 60% du corps humain. Au même titre que l’air, l’eau, faudrait-il le rappeler, est primordiale à la vie sur ce monde futile et périssable.

" La solution c’est de pardonner" est un appel au pardon comme son nom l'indique.

S'agissant de "Mool" c’est un bel hommage aux pêcheurs, à qui il demande de poursuivre dans la persévérance, en continuant à se battre pour nourrir leurs semblables en leur procurant le poisson nécessaire à la cuisson de notre bon vieux Thiébou Dieune.

Dans ce tube, Mbaye Dièye Faye, l'incontournable, y va de son talent inimitable.

" Tatagaal Fans" comme son nom l'indique rend hommage à ses innombrables inconditionnels. Son légendaire soliste Mamadou Mbaye Jimmy y fait des envolées extraordinaires que découvriront les mélomanes, de même que le magicien des notes sur son instrument à vent, le saxophoniste Alain Rodrigue Oyono. "Tatagaal Fans", c'est également pour les personnes qui cherchent à s'évader, à se vider l'esprit et à se tourner vers des plaisirs simples,
pour oublier les vicissitudes de la vie.
Pour le moment, on ignore l'identité du musicien qui a assuré les notes au keyboards dans "Tatagaal Fans", mais, on peut écrire sans risque d'être démenti, que c'est un virtuose habitué aux codes de la musique. En un mot, comme en mille, c'est un titre qui, à n'en point douter, va cartonner tant au Sénégal qu’à l’étranger.

Quant à "Fay Bor", rien que le titre en dit long. Aussi, l'interprète de "Nothing in vain", y demande pardon à tous ceux et celles qu'il aurait offensé ou causé du tort sans le savoir, tout en précisant que pour ce qui le concerne, il pardonne à tous ceux qui ont pu lui faire du tort exprès ou non. Non sans y aller de son humour en disant qu’il est facile de déverser ses ordures où cela vous plaît, mais au détriment de qui ?

Quid du titre " Ballago Ndoumbee Yatma"? C'est une sorte de condoléances à la fratrie de feu Thione Ballago Seck, mais qui est en vérité un hommage personnel à son défunt ami et grand frère. "Ballago Ndoumbé Yatma" est, en somme, un morceau revisité, exécuté comme une caresse imprimée sur un duvet.

" Zéro déchets ", dans lequel il fait appel aux jeunes talents de "Sen Petit Gallé ", sonne comme de la musique congolaise. Mais, You y chante haut, fort et juste, avec sa légendaire habileté, avec cerise sur le gâteau, sa délicatesse dans le placement des inflexions de sa voix entre des mouvements rythmiques parfaitement dominés.

Ce nouvel album est un délice inédit pour tout dire. En résumé, dans "Mbalax", Youssou Ndour démontre, derechef, qu'il a fini par accèder aux cimes de la perfection, prouvant du coup, sans forcément le chercher, aux jeunes chanteurs trop pressés d’accéder à la gloire, qu’il faut beaucoup de travail et un brin de génie pour chanter et avec une adresse dont personne ne trouvera à redire.

Cet album est aussi, pourquoi ne pas le dire, un chef d’œuvre de maîtrise en termes d’arrangements. C’est une cathédrale de notes chaloupées (on a dit de A la recherche du temps perdu de Proust que c’était une cathédrale de mots !), entre lesquelles, il y a de beaux passages pour des alizés acoustiques.

Chapeau bas, You !!!



Mamadou Ndiaye, journaliste, Directeur de Publication de dakarposte.com

njaydakarposte@gmail.com

( Les News )

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