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L’homme qui en savait trop (Par Maam Cheikh)

» Ils vont tous payer », disait Serigne Cheikh Tidiane Sy, parce qu’ils ont légitimé ou même cautionné des actes contre nature. La mécréance n’est plus une affaire de clan, mais plutôt un comportement des plus ignobles.


Rédigé par leral.net le Samedi 21 Août 2021 à 13:43 | | 0 commentaire(s)|

C’est l’histoire de Baye Katim Touré, une incarnation parfaite de la fidélité. La silhouette longiline, le rictus toujours prêt à manifester un sourire, une générosité de coeur digne d’une âme honnête, jamais la Hadara Tijanya n’a eu affaire à un disciple aussi dévoué pour sa cause. Apôtre de nature et Moustarchide de vocation, Katim a su gagner la sympathie et l’admiration de ses condisciples. Qui aurait cru que sa disparition allait faire couler autant d’encre, de salive et donner tout son sens à l’expression « le ridicule ne tue plus » ?

En deterrant Baye Katim Touré, les « détraqués »-pour ne pas dire detracteurs- du guide des Moustarchidines, ont donné un sens à cette prophétie du Tribun de Tivaouane : » la haine, c’est la faiblesse du temps. La jalousie, c’est plus qu’une faiblesse, c’est un manque de foi.

Quoi de plus insignifiant que de vouloir tuer la volonté confirmée de Serigne Moustapha Sy ? Volonté qui surpasse de loin l’action de la classe maraboutique de Tivaouane, tournée parfois vers la prétention (reuyou fitra), et ayant des accointances avec un régime qui promeut le prestige (reuyou protocole), sous toutes ses formes. Le « péché » du Responsable Moral des Moustarchidines, c’est d’en savoir trop, au risque de devenir l’un des hommes les plus informés de ce pays.

En plus d’avoir hérité d’Al Maktoum de « secrets d’Etat » que ce dernier lui a confié à la fin de sa mission diplomatique en tant qu’ambassadeur du Sénégal au Caire, ses disciples, immunisés contre la « crise d’identité » qui fait que chaque Sénégalais veuille afficher son appartenance confrerique, sont aujourd’hui dans toutes les instances de ce pays. Le Moustarchide, c’est peut être cet enseignant qui t’a aidé à manier la langue de Molière, ce jeune banquier en costume et cravate qui te croise tous les matins en allant travailler, ce commerçant qui vend les tissus que tu convoites tant, ce médecin qui soigne tes enfants ou encore ce paysan que tu apercois en zones rurales en voyageant.

Le mérite de Serigne Moustapha Sy, c’est le fait qu’il ait très tôt compris que la prétention n’a d’yeux que pour la destruction du patrimoine hérité du grand-père spirituel Ababakar Sy (rta). « Ils ne l’ont pas vu venir », disait souvent un vieil homme séduit par le résultat « si palpable » et si concret de l’homme. Le fils de Serigne Cheikh Tidiane Sy qui se promenait à Tivaouane avec en main, « le parfait secrétaire » de Laurent Lempereur , et qu’on appela, plus tard à Derklé, Monsieur Sy ne donnait pas l’impression de quelqu’un qui allait créer une société modèle.

« Pour une race de basse naissance, faire du mal est aussi doux que le miel, tout en ignorant que cela peut être aussi mortel que le fiel », se lamentait assez souvent Seydil Hadj Omar (rta). Le crime de ceux qui ont déterré Baye Katim, c’est le fait de vouloir persister, en appliquant à une réalité, un nom qui ne lui convient pas. Il s’agit là d’une insulte destinée à la mémoire de l’un des plus fidèles serviteurs de Serigne Moustapha Sy. Cette « chose »-là qui s’est passée à Tivaouane, dans un terrain appartenant au chef de guerre des Moustarchidines, illustre parfaitement le fait que ce dernier « dérange ».

« Ils se verront immanquablement traqués par les forces de l’autre galaxie », disait Al Maktoum, en faisant référence à ceux qui avaient participé au complot lors des évènements de 1994, et prit en otage des Moustarchidines emprisonnés un peu partout dans le pays. On ne peut être spirituellement fort, mystiquement légitime, intellectuellement bien servi, financièrement puissant et ne pas déranger des marchands de foi qui vivent sous l’ombre de la « générosité » de leurs disciples…, générosité qui, selon l’homme à la djellaba, peut se muer parfois en source de corruption.

Le guide des Moustarchidines demeure un baobab dont la racine est la pureté, le tronc une maîtrise sans faille de la pensée Mahométane, les feuilles des vertus chevaleresques (Chiyamoune tou haqqiqou djeuwheureule insaane) et les branches des valeurs qu’il a fini par inculquer à ses disciples.





Maam Cheikh
Chroniqueur



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