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LES SÉNÉGALAIS AU CONGO-BRAZZAVILLE : UNE HISTOIRE DE COURAGE, DE TRAVAIL ET D’ENTREPRENEURIAT


Rédigé par leral.net le Vendredi 14 Août 2026 à 15:12 | | 0 commentaire(s)|

L’histoire des Sénégalais au Congo-Brazzaville est une histoire méconnue, mais particulièrement riche. Dès la fin du XIXᵉ siècle, des Sénégalais participent aux expéditions vers le Congo et plusieurs d’entre eux vont progressivement s’y installer. Au fil des années, leur présence devient tellement importante à Brazzaville que Poto-Poto est surnommé « le quartier des Sénégalais ». En 1910, la communauté y construit une première mosquée, témoignant déjà de son organisation, de sa solidarité et de son attachement à ses valeurs.

Ces Sénégalais ne sont pas venus au Congo les mains vides. Ils sont venus avec leur courage, leur savoir-faire et leur volonté de travailler. Maçons, électriciens, chauffeurs, mécaniciens, pêcheurs, commerçants et artisans vont progressivement participer au développement économique et social du Congo. Avec le temps, certains vont créer des entreprises, développer le commerce et construire des réseaux qui s’étendront bien au-delà de Brazzaville.

Parmi les grandes figures sénégalaises de cette histoire, *Camara Malamine*, originaire du Fouta, occupe une place particulière. Parti de son village pour devenir marin, il rejoint les laptots à Saint-Louis avant d’être recruté à Dakar par Savorgnan de Brazza. En 1880, il devient le premier chef du poste de Nkuna, territoire qui deviendra plus tard Brazzaville. Il se distingue notamment par son courage face à Henry Morton Stanley. Son nom reste aujourd’hui inscrit dans la capitale congolaise puisqu’une rue du centre de Brazzaville porte son nom.

Autre grande figure : *Yoro Thiam*, né au Sénégal le 7 février 1893. Arrivé au Congo dans les années 1920, il participe d’abord aux travaux du chemin de fer Congo-Océan. Issu d’une famille de pêcheurs, il va ensuite développer la grande pêche sur le fleuve Congo. Son initiative donnera naissance au port de pêche de Yoro, à Brazzaville, qui porte encore son nom.

L’histoire des Sénégalais au Congo est également celle de l’entrepreneuriat. Les communautés ouest-africaines développent progressivement des réseaux d’importation et de commerce. Les boutiques de proximité se multiplient dans les quartiers, les villes et les villages. Certains commerçants se spécialisent dans la bijouterie, l’électroménager, la téléphonie, les véhicules, tandis que d’autres investissent dans l’immobilier, l’hôtellerie, la logistique et le transport.

Mais derrière cette réussite économique, il y a surtout la solidarité. Les membres de la communauté s’entraident, partagent certaines charges et veillent au respect des règles de vie et des coutumes locales. Partir loin du Sénégal ne signifiait pas abandonner ses racines. Au contraire, les Sénégalais ont conservé leur identité, leurs valeurs, leur religion, leur culture et leur sens de la communauté.

Cette histoire doit être racontée à la jeunesse sénégalaise.

Elle montre que le Sénégalais sait partir de zéro. Il sait travailler, prendre des risques, s’adapter, entreprendre et construire.

Des hommes partis du Sénégal ont laissé leurs noms dans l’histoire d’un autre pays africain. Ils ont créé des activités, fondé des familles, construit des lieux de culte et participé au développement économique de leur pays d’accueil.

Alors, une question mérite aujourd’hui d’être posée : *si les Sénégalais ont réussi à entreprendre et à laisser leur empreinte loin de leur pays, pourquoi ne pas utiliser cette même énergie pour construire encore davantage le Sénégal ?*

Le Sénégal possède des talents considérables. Sa diaspora constitue une force économique. Sa jeunesse représente une formidable énergie. Mais cette force doit être davantage transformée en investissements, en entreprises, en emplois et en richesse nationale.

L’histoire de Camara Malamine, de Yoro Thiam et de tous ces Sénégalais partis construire leur avenir au Congo nous rappelle une vérité simple : *le Sénégalais sait conquérir le monde.*

Le défi de notre génération est maintenant de faire en sorte que cette réussite profite aussi directement au Sénégal.

*Fiers de nos compatriotes. Fiers de notre histoire. Fiers du Sénégal. Et surtout, construisons le Sénégal.*



LES SÉNÉGALAIS AU CONGO-BRAZZAVILLE : UNE HISTOIRE DE COURAGE, DE TRAVAIL ET D’ENTREPRENEURIAT