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Politique

LFR 2026, dette et crise institutionnelle : l’APR charge le pouvoir et appelle à l’unité de l’opposition

Rédigé par leral.net le Vendredi 30 Octobre 2026 à 20:33 |

Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, l’Alliance pour la République a vivement critiqué la gestion économique et institutionnelle du pays. Le parti de Macky Sall dénonce les tensions au sommet de l’État, alerte sur les difficultés budgétaires et plaide pour la constitution d’un large bloc de l’opposition en vue d’une alternative politique.


L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à la situation nationale. Dans une déclaration rendue publique le 28 octobre 2026 à Dakar, l’ancien parti au pouvoir a dressé un tableau particulièrement critique de la gouvernance actuelle, évoquant des difficultés économiques persistantes, des tensions sociales et des incertitudes institutionnelles.

Pour l’APR, les divergences entre l’Exécutif et la majorité parlementaire, notamment autour de l’examen de la loi de finances rectificative (LFR) 2026, traduisent une crise politique préoccupante. Le parti estime que les rivalités au sein de la majorité issue de l’alternance de 2024 risquent de perturber la continuité de l’action publique et appelle les dirigeants à placer les préoccupations des Sénégalais au-dessus de leurs différends.
Des indicateurs budgétaires jugés alarmants
Sur le plan économique, l’APR s’appuie sur les chiffres présentés dans le projet de LFR 2026 pour dénoncer une dégradation des perspectives budgétaires. Selon les données citées dans sa déclaration, les recettes budgétaires sont revues à la baisse de 340,1 milliards de FCFA, tandis que les dépenses augmentent de 150 milliards. Le déficit budgétaire passerait de 5,4 % à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), alors que les prévisions de croissance seraient ramenées de 5 % à 2,7 %.
Le parti souligne également une réduction de 555 milliards de FCFA des investissements publics. Il remet en question la crédibilité des hypothèses du Plan de redressement économique et social (PRES) et s’interroge sur sa capacité à atteindre les objectifs annoncés.
L’APR attire par ailleurs l’attention sur la dette intérieure. La déclaration évoque près de 1 956 milliards de FCFA d’arriérés et demande au Gouvernement de publier un calendrier crédible de règlement des créances reconnues et exigibles. Le parti insiste notamment sur la situation des petites et moyennes entreprises, fragilisées par les retards de paiement de l’État.
L’énergie et le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations
La situation énergétique figure également parmi les sujets soulevés par l’ancien parti présidentiel. L’APR évoque les coupures d’électricité signalées dans plusieurs localités, les difficultés d’approvisionnement en combustibles et la hausse des prix des carburants.
Elle demande aux autorités de clarifier leur stratégie de sécurisation de l’approvisionnement énergétique et de préciser les mesures envisagées pour protéger les ménages vulnérables et les secteurs productifs. Le parti s’interroge également sur l’évolution des subventions énergétiques, dont l’enveloppe serait passée de 250 à 790,3 milliards de FCFA dans le projet de LFR.
Au-delà de ces questions, l’APR estime que les conséquences des difficultés de gouvernance pèsent directement sur les populations, les travailleurs, les entrepreneurs et les services publics. Elle réclame notamment la protection du pouvoir d’achat, le respect des accords sociaux ainsi qu’une amélioration des moyens de fonctionnement des établissements scolaires et des structures sanitaires.
Une série de revendications adressées au Gouvernement
Face à cette situation, l’APR formule plusieurs demandes, parmi lesquelles la clarification de la trajectoire budgétaire et des conditions du programme envisagé avec le Fonds monétaire international (FMI), la sécurisation de l’approvisionnement énergétique et la publication d’un calendrier de règlement de la dette intérieure.
Le parti appelle également à la publication d’un calendrier électoral transparent. Sur le plan institutionnel, il plaide pour le respect des prérogatives constitutionnelles du Gouvernement et de l’Assemblée nationale, tout en avertissant que les divergences politiques ne doivent pas compromettre la continuité de l’État.
La formation politique estime qu’un retour aux urnes pourrait être envisagé si les contradictions au sommet du pouvoir conduisaient à une impasse durable, dans le respect des dispositions constitutionnelles.
Macky Sall et l’horizon 2029
Sur le terrain politique, l’APR réaffirme sa volonté de poursuivre sa réorganisation sous le leadership de Macky Sall et de préparer une alternative en perspective de l’échéance de 2029.
Le parti lance un appel à l’ensemble des forces de l’opposition et aux forces vives de la nation pour la constitution d’un bloc politique capable de faire face au pouvoir en place. Il exprime notamment son soutien à la coalition Takku Wallu Sénégal et renouvelle son engagement auprès du Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR).
L’APR affirme vouloir s’appuyer sur son expérience gouvernementale, son implantation territoriale et sa capacité de renouvellement pour proposer un projet politique rénové. Son ambition, selon la déclaration, est de contribuer au redressement économique, au renforcement des institutions et à l’amélioration des perspectives offertes à la jeunesse sénégalaise.
Cette sortie marque une nouvelle offensive politique de l’ancien parti au pouvoir, qui entend se positionner dans le débat national et fédérer les forces opposées au régime actuel.




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