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La FEGAFOOT doit être la locomotive qui tire l'ensemble des wagons (ligues, clubs, arbitres, entraîneurs, footballeuses et footballeurs, supporters, médias, partenaires, etc.)"

Rédigé par leral.net le Jeudi 22 Janvier 2026 à 22:44 | | 0 commentaire(s)|

Les élections à la présidence de la Fédération Gabonaise de football approche. Les candidats se dévoilent déjà. Dans une interview exclusive accordée aux médias, Axel Nguema Edou ambitionne clairement diriger cette institution du football gabonais.
1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? : Je m'appelle Axel Nguema Edou, j'ai 41 ans, je suis Dr en sciences du sport depuis 2015 et actuellement enseignant-chercheur à l'Institut Universitaire des Sciences de l'Organisation où je (...)

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Les élections à la présidence de la Fédération Gabonaise de football approche. Les candidats se dévoilent déjà. Dans une interview exclusive accordée aux médias, Axel Nguema Edou ambitionne clairement diriger cette institution du football gabonais.

1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? :

Je m'appelle Axel Nguema Edou, j'ai 41 ans, je suis Dr en sciences du sport depuis 2015 et actuellement enseignant-chercheur à l'Institut Universitaire des Sciences de l'Organisation où je suis également responsable de la filière Management des Organisations Sportives (MOS).

2. Où et dans quel milieu avez-vous grandi ? et quelles études, formations ou expériences formatrices ont été déterminantes pour votre trajectoire ? Pouvez‐vous citer des moments clés ?

Je suis Gabonais, formé entièrement dans le système scolaire gabonais : primaire à l'École d'Application de l'ENSET B, à l'école catholique de Montfort pour finir le cycle primaire à l'école publique de Sibang 1, puis le secondaire au Lycée d'État de l'Estuaire, au Lycée Rigobert Landji à Moanda et enfin au Lycée d'État d'Oyem (devenu Lycée Richard Nguema Bekale). J'ai grandi dans un milieu scolaire fortement marqué par le sport, évoluant dès l'adolescence, à l'école grâce à l'OGSSU et en clubs également, avec plusieurs jeunes.

J'ai par exemple cotoyé dans ces milieux scolaires et sportifs des figures comme, Ernest Akouassaga, Ontsigui Nazaire, Arsène Copa, Magnagna Valdo, Roguy Meye, Okogo Saturnin et bien d'autres à Moanda, mais également Remy Ebanega, Ngame Essono, Obiang Bernard, Allou Essone, et certains anciens comme Paolo Ogoula, Guy Zeng, Gaetan Kouka, avec qui j'ai beaucoup appris sur le milieu du football. c'est ce vécu qui a profondément influencé mon rapport au football et à l'engagement collectif.

Après l'obtention du Baccalauréat série B (2005), j'ai poursuivi des études en sociologie à l'Université Omar Bongo où j'ai obtenu une maîtrise en sociologie de la connaissance. Souhaitant me spécialiser, j'ai ensuite intégré un master en management du sport (option Sport, Loisirs et Développement Territorial) à l'Université de Franche‐Comté (Besançon), étape décisive qui a orienté ma carrière professionnelle vers la gestion et le développement du sport. Je termine mon cursus académique par l'obtention d'un doctorat en sciences du sport à l'Université de Strasbourg. Ma thèse de doctorat traite des politiques publiques du sport et interroge en profondeur le rôle de l'État et l'implication des acteurs politiques.

3. Comment avez‐vous commencé dans votre domaine professionnel ? Quel a été votre premier poste ou engagement significatif ?

Je commence ma carrière professionnelle en 2011, à Besançon (France) en intégrant le secteur Tourisme et Loisirs Sportif. En effet, nanti d'un Master en Sport, Loisirs et Développement Territorial, c'est bien évidemment ce secteur que je côtoie en intégrant la MJC de Palente à Besançon en qualité d'instructeur animateur et agent administratif d'un centre de loisirs.

Deux ans après, je me lance dans le secteur de l'Industrie et la Distribution des Articles de Sport (IDAS) en intégrant le grand groupe Décathlon France. D'abord en qualité de commercial, puis je m'intéresse rapidement à la relation client. Je suis associé à des projets d'ouverture (Annecy) et d'agrandissement de magasins (Strasbourg-Vendenheim).

Je réalise toutes ces expériences en parallèle de ma formation doctorale. Au terme de celle-ci, je signe un contrat Post-doc (2016) avec double tutelle administrative CNRS et l'Université de Strasbourg où je suis responsable de l'enquête qualitative sur un programme de recherche visant à comprendre les clubs de quartier en France au lendemain des attentats.

En 2017, je suis engagé par l'ECAM Strasbourg-Europe (une école d'ingénieurs) en qualité de Conseiller formation. Durant cette expérience je me forme aux outils du Lean Management (méthode de gestion développée par les japonais) et Lean Office. Cette expérience est fondamentale pour moi car elle me permet de quitter la zone de confort liée aux outils classiques de management pour m'approprier une nouvelle culture d'entreprise, la culture japonaise. Cette façon de penser va créer en moi l'optimisme d'affronter les enjeux de développement dans le sport en Afrique et au Gabon en particulier.

En 2018, je reviens dans l'enseignement supérieur, mais cette fois-ci en qualité d'enseignant-chercheur à l'Université Claude Bernard Lyon 1. Je suis recruté à la Faculté des Sciences du sport de Lyon et précisément au département Management des organisations sportives. Je suis également intégré au Laboratoire sur les Vulnérabilités et l'Innovation dans le Sport (L-VIS). Je passe six (6) ans dans l'enseignement supérieur en France avec un passage également à l'Université de Paris Saclay durant la période de la Covid-19 (2019-2020) avant un retour à l'Université de Lyon 1 jusqu'en 2023.

Mes expériences professionnelles au sein des universités françaises, m'ont permis de côtoyer les plus grands experts en management du sport et de comprendre les modèles de réussite sportive.

4. Quelles sont, selon vous, vos réalisations les plus importantes dans le sport en général et dans le football en particulier ? Pouvez vous détailler un ou deux projets ou succès marquants ?

Dans le sport en général, ma plus grande réalisation est d'être devenu un expert en management du sport, un métier qui, il y a encore dix ans, était largement méconnu au Gabon. Mon ambition de travailler dans ce domaine m'a poussé à aller au bout de mon projet doctoral, convaincu que la professionnalisation du sport passait par la formation, la compétence et la vision.

À cette réalisation personnelle s'ajoute une fierté collective : celle d'avoir fondé, il y a huit ans, le Cabinet Solutions Sport Conseils, qui œuvre à la promotion des métiers du sport au Gabon. Grâce au partenariat signé en 2020 avec EMGABON Université, nous avons lancé la filière Management du sport, afin de doter le secteur sportif de ressources humaines qualifiées, capables de porter son développement.

En rejoignant, en janvier 2024 l'Institut Universitaire des Sciences de l'Organisation, j'ai étendu cette dynamique en prenant la tête de la filière Management des Organisations Sportives de cet institut universitaire en pleine croissance.

En parallèle, depuis cinq ans, nous organisons des conférences interactives destinées à informer et sensibiliser les acteurs du sport sur les enjeux du développement sportif au Gabon. Ces rencontres abordent des thématiques essentielles telles que les politiques publiques du sport, l'économie du sport, la pérennisation des organisations sportives, l'industrie des articles de sport, le tourisme et les loisirs sportifs, le sport et la santé ou encore l'événementiel sportif. L'objectif est clair : créer une culture sportive structurée, informée et tournée vers l'avenir.

Sur le plan footballistique, ma plus grande réalisation en tant que joueur reste d'avoir contribué à la montée de l'Union Sportive d'Oyem en première division en 2005 (rire). Mais au-delà du terrain, mon engagement le plus marquant est la création, la structuration et la professionnalisation de l'Association Nationale des Footballeurs du Gabon (ANFPG).

Il y a dix ans, lorsque nous avons décidé de lancer cette association pour défendre les droits des footballeurs et valoriser leur statut, peu de gens y croyaient. Beaucoup pensaient qu'elle ne tiendrait pas. Aujourd'hui, l'ANFPG s'est imposée comme une véritable force de proposition dans l'écosystème du football gabonais, un acteur incontournable du dialogue, de la réforme et de la protection des joueurs.

5. Qu'est‐ce qui vous a poussé à vous porter candidat à la présidence de la Fédération gabonaise de football ? Quels constats et quelles ambitions vous ont motivé ?

Ce qui m'a poussé à me porter candidat à la présidence de la Fédération gabonaise de football, c'est d'abord un constat simple : depuis 2014 ,nous collaborons avec la Fédération, les ligues, les clubs et l'ensemble des acteurs du football pour bâtir un
écosystème plus structuré, plus juste et plus performant. Notre ambition a toujours été de développer un football qui profite réellement à tous, et où les footballeurs, des jeunes en formation, aux professionnels, occupent enfin la place centrale qu'ils méritent.

Malheureusement, au fil des années, nous avons observé des carences profondes. Les clubs, les ligues et même la Fédération souffrent d'un manque de structuration, d'une absence de ressources humaines qualifiées, de moyens financiers stables et d'outils matériels adaptés. Cette fragilité empêche toute pérennisation, freine les projets collectifs et maintient notre football dans une situation morose, loin de son potentiel local et international.

À cela s'ajoute un autre problème majeur : l'absence de valorisation du statut des acteurs du jeu. Les jeunes joueurs en formation, les professionnels, les entraîneurs-éducateurs, les arbitres... tous évoluent dans une précarité inquiétante. Les plus jeunes sont exposés à des dérives graves, abus, abandons scolaires, etc, faute de cadre protecteur. Les plus âgés, eux, sont souvent privés de perspectives de reconversion ou d'insertion sociale.

Face à ces réalités, il est devenu évident que la Fédération, en tant qu'organe clé de gouvernance, doit être le moteur des solutions. La FEGAFOOT doit être la locomotive qui tire l'ensemble des wagons (Ligues, Clubs, Arbitres, Entraîneurs, Footballeuses et Footballeurs, Supporters, Médias, Partenaires, etc.). La Fédération doit s'assurer que tous les wagons soient rattachés les unes aux autres et par la suite à la locomotive qu'elle est.

Personne ne doit rester à quai. Malheureusement, plus de 10 ans après, ceux qui conduisent notre fédération ont laissé à quai plusieurs wagons d'acteurs. C'est pourquoi j'ai décidé de mettre mes compétences, mon expérience et mon réseau national et international au service d'un projet de transformation profonde de notre football.

Je suis convaincu que sans un leadership réel, visionnaire et responsable à la tête de la FEGAFOOT, notre football restera condamné à l'échec. Ma candidature est donc portée par une ambition claire : redonner une direction, une structure et une dignité à notre football, afin qu'il redevienne un espace d'opportunités, de protection et de fierté pour tous.

6. Comment se déroule concrètement le vote pour élire le président et son équipe à la FEGAFOOT (organes votants, étapes, conditions) ? Quelle est la durée du mandat et quelles sont les principales responsabilités associées ?

L'élection du président de la FEGAFOOT se déroule selon les statuts adoptés lors du dernier congrès. Pour être candidat, il faut être Gabonais, avoir au moins 40 ans, résider au Gabon, avoir été actif dans le football pendant quatre des huit dernières années et jouir de ses droits civils et civiques. Le candidat présente une liste complète pour le Comité exécutif, dont les membres doivent eux aussi remplir des critères d'éligibilité (nationalité gabonaise, activité dans le football, résidence au Gabon, absence de condamnation).

Chaque liste doit être parrainée par au moins sept membres statutaires et comprendre au minimum deux femmes. Le vote est effectué par un collège électoral de 42 délégués représentant les clubs de première et deuxième divisions, les ligues provinciales, les associations des entraîneurs, arbitres et footballeurs. L'élection se fait par liste, à bulletin secret, et chaque membre statutaire ne peut parrainer qu'une seule liste.

Le mandat du président est de quatre ans, renouvelable mais limité à trois mandats conformément aux réformes de gouvernance de la FIFA intégrées dans les statuts de la FEGAFOOT. Une fois élu, le président et son Comité exécutif ont la responsabilité d'assurer la bonne gouvernance de la Fédération, notamment en garantissant la transparence financière, la publication des documents statutaires, des décisions clés et des rémunérations des dirigeants.

Ils doivent également structurer et développer les clubs, les ligues et les compétitions, protéger les acteurs du football (joueurs, entraîneurs, arbitres), et mettre en œuvre la stratégie nationale du football. La maîtrise de ces règles statutaires est essentielle, car aucun acteur ne peut contribuer efficacement à l'amélioration du football gabonais sans connaître son environnement juridique et institutionnel.

7. Vous avez récemment lancé le mouvement « Comprendre pour agir » : quel est l'objectif de ce mouvement, quelles actions concrètes propose-t-il et quel public ciblez‐vous ?

Le mouvement « Comprendre pour agir » est né d'un besoin essentiel : permettre aux acteurs du football gabonais de mieux comprendre leur environnement institutionnel, juridique et organisationnel afin de devenir eux-mêmes des forces de transformation. L'objectif est simple mais fondamental : éclairer pour responsabiliser, expliquer pour mobiliser, donner à chacun les connaissances nécessaires pour participer activement à la construction d'un football plus structuré, plus transparent et plus protecteur.

Nous voulons sortir de la confusion, de l'improvisation et de la dépendance, pour installer une culture de compréhension, de maîtrise des règles et de participation éclairée.

Concrètement, le mouvement propose plusieurs actions : des podcasts pédagogiques, des conférences interactives, des analyses de cas réels, ainsi que des outils pratiques pour aider les clubs, les ligues, les joueurs, les entraîneurs et les arbitres à mieux connaître leurs droits, leurs obligations et les mécanismes de gouvernance.

Le public ciblé est large : les dirigeants de clubs et de ligues, les jeunes joueurs en formation, les footballeurs professionnels et footballeuses, les éducateurs, les arbitres, les parents, mais aussi tous les citoyens qui souhaitent comprendre comment fonctionne réellement notre football. L'idée est de créer une communauté informée, capable d'exiger de meilleures pratiques, de participer à l'économie du sport et de contribuer à un changement durable.

8. Le football au Gabon traverse une période difficile. Quelles sont, selon vous, les priorités pour redonner au football gabonais ses lettres de noblesse ?

Le football gabonais traverse une période difficile parce qu'il souffre d'un manque de structuration, d'un déficit de gouvernance et d'une absence de protection réelle des acteurs. Pour lui redonner ses lettres de noblesse, la première priorité est de reconstruire les fondations : structurer les clubs, professionnaliser les ligues, renforcer les compétences des dirigeants et installer des mécanismes de gestion transparents. Sans institutions solides, aucun projet sportif ne peut tenir dans la durée.

Il faut également remettre la formation et la protection des jeunes au centre du système : protéger les jeunes, encadrer les éducateurs, sécuriser les parcours scolaires et sportifs, et valoriser le statut des joueurs, des entraîneurs et des arbitres. C'est la seule manière de créer un environnement sain, protecteur et propice à l'émergence des talents.

La deuxième priorité est d'instaurer une gouvernance moderne et transparente, conforme aux standards internationaux. Cela passe par la publication régulière des documents financiers, des décisions clés, des stratégies, des rémunérations des dirigeants et de l'ensemble des textes réglementaires.

La Fédération doit redevenir un espace de confiance, où chaque acteur sait comment les décisions sont prises et comment les ressources sont utilisées. Enfin, il faut redonner une vision sportive claire : relancer les compétitions, développer le football féminin, structurer le football amateur, moderniser l'arbitrage, et bâtir un projet national capable de mobiliser tous les acteurs.

Le football gabonais ne manque ni de talents ni d'énergie ; il manque d'un cadre, d'une direction et d'un leadership capable de transformer ces ressources en résultats durables. C'est cette transformation que nous devons engager.

9. Quel message voulez-vous faire passer aux électeurs à quelques mois de ce rendez-vous décisif qui va sceller l'avenir de notre football sur les 4 prochaines années ?

À quelques mois de ce rendez-vous décisif, mon message aux électeurs est simple : nous avons une occasion historique de changer le destin de notre football. Depuis trop longtemps, notre discipline avance sans vision claire, sans structures solides et sans protection réelle pour ses acteurs. Les quatre prochaines années seront déterminantes : soit nous continuons dans un modèle qui a montré ses limites, soit nous faisons le choix du renouveau, de la transparence et de la compétence.

Je veux dire aux électeurs qu'ils ne votent pas seulement pour un président, mais pour un projet, pour une méthode, pour une nouvelle manière de gouverner. Leur responsabilité est immense, car ils ont le mandat de tous les acteurs et leur vote décidera de la qualité de nos compétitions, de la protection de nos jeunes, de la formation de nos entraîneurs, de la crédibilité de nos institutions et de la place du Gabon dans le football africain.

Je les invite à choisir l'inclusion, la rigueur, la vision, la transparence et l'engagement. Ensemble, nous pouvons reconstruire un football qui inspire, qui protège et qui crée des opportunités pour tous. C'est maintenant que se joue l'avenir de notre football.

Propos recueillis par RMN/MTM



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/football/article...