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Lambi demb: Les compagnons indissociables de la lutte : Les Promoteurs (2ème partie)

Leral revisite la lutte sénégalaise à travers les hauts faits des anciens champions comme Robert Diouf, Mbaye Guèye, Falaye Baldé, entre autres. Le thème parle des compagnons indissociables de la lutte comme les managers, les promoteurs, les sponsors entre autres. Ce premier jet va parler des managers. Ces extraits sont tirés du livre sur la lutte sénégalaise "Au-delà des millions et des passions", du journaliste Omar Sharif Ndao.


Rédigé par leral.net le Dimanche 9 Mai 2021 à 04:30 | | 0 commentaire(s)|

Lambi demb: Les compagnons indissociables de la lutte : Les Promoteurs (2ème partie)
Les promoteurs

Vous avez dit «lambi golo» ? (Jeu de dupes)

Inconsciemment ou sciemment, les promoteurs ont gangrené leur milieu avec des coups bas par ci, par là. Des centaines de millions sont dépensés pour des affiches qui n’en valaient pas le coup. Mais uniquement pour brûler l’herbe sous les pieds de certains collègues. Alioune Petit Mbaye, Luc Nicolaï, entre autres s’en mordent les doigts.

La «guerre» ou concurrence des promoteurs a toujours existé dans la lutte. Seulement, elle a été accentuée par le nombre croissant de ces derniers et surtout de la médiatisation. Bassirou Diagne fut l’un des plus remarqués à son époque où il a eu à organiser de grands chocs comme Mbaye Guèye de Fass et Robert Diouf. Dans les années 1990, Gaston Mbengue trace son chemin. Seulement, il n’y avait pas autant d’écuries et de lutteurs pour avoir l’embarras du choix des combats.

Les meilleurs étaient à cette époque Fass, les sérères et Walo. Il règnera sans partage, mais dans les années 2000, les promoteurs se font remarquer. Serigne Modou Niang, avec l’avènement de l’alternance était déjà présent, mais ne représentait pas une menace pour Gaston Mbengue. Il était plutôt pour l’organisation des combats des espoirs. La plupart des champions actuels sont passés sous sa main.

Il y avait aussi les promoteurs «occasionnels» l’ex-Première dame du Sénégal, Elisabeth Diouf, avec son label «Solidarité Partage», en concert avec Gaston Mbengue avait organisé Tyson contre Moustapha Guèye pour un cachet de six millions (6.000.000 F CFA), une première à l’époque. L’ancien ministre des sports, El Hadji Daouda Faye avait mis sur pied Mohamed Ndao Tyson contre Manga N°2 en 1997 en Gambie et les lutteurs avaient reçu chacun un cachet de trente millions (30.000.000 FCFA). Ce record tombera avec l’arrivée d’Alioune Petit Mbaye qui va faire de Mohamed Ndao Tyson le 1er lutteur de l’histoire à toucher cent millions (100.000.000 FCFA).

Gaston Mbengue, en expert avéré de la chose résiste en payant au même lutteur cette somme pour son combat revanche contre Yekini en 2010. La surenchère aidant, Petit Mbaye fait faillite, après avoir mis à sac la boite où il officiait comme expert financier. Un adversaire de moins pour l’expérimenté Gaston Mbengue qui rappelait partout qu’il ne faut pas faire de folies dans la lutte car elle ne rapporte rien.

Pendant ce temps, Luc Nicolaï avait fait son trou avec la jeune génération qui est un produit très vendable au niveau des sponsors. Pour des combats de dix à quinze millions, Luc élevait la barre jusqu’à trente ou quarante millions.
Le fossé devenait de plus en plus grand pour les jeunes promoteurs qui avaient fait leur apparition comme Pape Abdou Fall, Ndèye Ndiaye Tyson, Assane Ndiaye, Aziz Ndiaye, Kandji Production, pour ne citer que ceux-là. Le promoteur de la Petite Côte «tuera» la concurrence en mettant près d’un demi-milliard de francs lors de la saison 2011-2012 avec le choc du siècle, Yekini / Balla Gaye N°2.

Gaston Mbengue, sentant le vent du changement souffler, décide de mettre sur place un collectif avec les autres promoteurs pour fixer les cachets au maximum à soixante quinze millions (75.000.000 FCA). Serigne Modou Niang, qui ne se sentait pas concerné par une telle initiative, balance à qui veut l’entendre que «toute ménagère va au marché avec ce qu’elle a», désavouant le collectif.
Luc Nicolaï, porte parole du collectif n’aura pas suffisamment de temps pour défendre leurs idées car une action judiciaire est enclenchée contre lui. Il ne sera actif que trois ans plus tard, s’associant avec le GFM Entaitement pour la revanche Balla Gaye N°2/Eumeu Sène et d’autres affiches.

Qu’à cela ne tienne, Aziz Ndiaye qui avait déserté l’arène revient en force, s’accaparant toutes les affiches possibles, non sans braver l’interdit des 75.000.000 F CFA. Près de deux cent trente millions (230.000.000 FCFA) sont déboursés pour Modou Lô/Eumeu Sène et près de deux cents millions (200.000.000 FCFA) pour Balla Gaye N°2/Tapha Tine. Si l’on ajoute la dizaine de combats ficelés par lui, on n’est pas loin du milliard de francs.
Sans le dire, Aziz Ndiaye a poussé vers la sortie le Don King de l’arène qui se contente de son Claf dévalué et arrêté par la suite en libérant les lutteurs concernés de leur contrat et d’un combat entre Tidiane Faye/Zoss.

Les autres promoteurs n’essayent même pas de suivre la cadence infernale du jeune opérateur économique. Peut-être d’autres Petit Mbaye, Gaston Mbengue, Luc Nicolaï sont en gestation et vont à leur tour faire fuir Aziz Ndiaye. Un jeune aux dents longues, Prince s’y est avaneturé, le temps d’une saison, mais le milieu a eu raison de lui. Même Aziz Ndiaye a décidé de passer à autre chose, laissant le relais à son frère, Baye Ndiaye.

Ces extraits sont tirés du livre sur la lutte sénégalaise "Au-delà des millions et des passions", du journaliste Omar Sharif Ndao.

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