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Le Président siffle un nouveau départ - Par Mamadou Mouth BANE

Après avoir suivi la conférence de presse du chef de l’Etat d’avant-hier, mardi 31 décembre, deux évidences s’offrent à nous : La première, c’est que ses partisans lui donneront une note très satisfaisante, avec une «Mention honorable» et des félicitations du jury. La seconde évidence, c’est que ses opposants vont déceler des failles dans sa communication et dans ses arguments, avec une note en-dessous de 05, pour «leçon non sue». C’est la loi de l’adversité politique.


Rédigé par leral.net le Mercredi 1 Janvier 2020 à 23:34 | | 0 commentaire(s)|

Le Président siffle un nouveau départ - Par Mamadou Mouth BANE
La note acceptable sortira des esprits libres, non partisans, indépendants et détachés de toute appartenance politique. C’est-à-dire ceux qui ne sont ni de l’Apr, ni de Benno, encore moins de l’Opposition. Le Président Sall a joué sur le temps, en laissant les débats s’installer sur la hausse de l’électricité, son mandat, l’affaire Pétro Tim, la campagne agricole, la situation de son parti, entre autres sujets.

Son mutisme persistant sur ces questions prégnantes avait suscité, chez les citoyens, une envie d’entendre la voix du Président. C’est pourquoi sa parole était attendue. Alors, ce 31 Décembre 2019, le Président Sall a été la grande attraction du jour. C’est, d’ailleurs, ce qui explique le rush remarqué sur les chaînes de télévision qui ont retransmis en direct sa conférence de presse tant attendue.

La situation du pays exigeait, de lui, un discours franc, honnête et clair, sans aucune ambiguïté, face à toutes ces questions soulevées par des journalistes libres de toute opinion. C’est le contexte actuel, agrémenté de rumeurs folles, qui a dicté ce comportement au Président, qui a eu l’intelligence de la situation. En vérité, Macky Sall appréhende, à son juste niveau, la température du pays. Il a tous les retours sur tous les sujets importants. C’est ce qui explique son discours de vérité d’avant-hier.

Par exemple, concernant la hausse du prix de l’électricité au Sénégal, Macky Sall n’a pas emprunté des raccourcis pour expliquer les choses, telles qu’elles se présentent à ses yeux. La hausse était inévitable, puisque l’État ne pouvait plus continuer à subventionner l’électricité, de peur de créer des déséquilibres dans d’autres secteurs. Il fallait donc réajuster pour permettre aux plus démunis d’avoir accès à l’électricité.

Par ailleurs, la hausse va permettre à l’État d’engager d’autres investissements, aussi prioritaires que l’électricité, comme la santé, l’éducation, etc. Une autre précision de taille, c’est que la hausse ne touche pas les faibles consommations. Cette discrimination positive profite, alors, aux couches sociales à faibles revenus. Nous souhaitons que l’électricité soit gratuite pour tous, mais lorsque la hausse devient une obligation, alors, que faire ?

L’autre grande question sur laquelle il était attendu, c’est son mandat. Là, le journaliste devrait juste lui demander s’il allait respecter la Constitution. Cette question fermée allait déboucher sur une réponse plus précise. Toutefois, son argumentaire était aussi acceptable.

A propos de la situation de l’Apr, le Président Sall a relativisé, non sans inviter ses partisans à avoir plus de retenue, pour éviter de provoquer un rejet collectif dans l’opinion. C’est une invitation adressée à ses proches, pour plus de responsabilité et de considération à l’endroit des Sénégalais.

Macky Sall a sifflé un nouveau départ. Alors, désormais, les citoyens doivent s’abstenir de suivre des acteurs politiques consommateurs de buzz, en manque d’un programme alternatif crédible. Nous sommes 16 millions de Sénégalais, qui ne devons plus vendanger l’avenir de ce pays. Nous devons être exigeants face à nous-mêmes, face à nos dirigeants et face à ceux qui aspirent à nous diriger.

Notre tolérance, facile et gratuite, face aux aspirants au Pouvoir, est à l’origine de nos nombreuses déceptions. Refusons de suivre ces politiciens professionnels, qui veulent maintenir ce pays dans une campagne électorale sans fin. Refusons d’être les relais de la folie de ces hommes politiques, qui n’agissent que pour leur propre ventre. Mettons l’intérêt national au-dessus de nos intérêts personnels et jugeons l’élu sur son bilan, en 2024.

Vive le Sénégal !



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