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Législatives anticipées : Amadou Ba met en garde contre un possible revers du camp présidentiel

Invité de l’émission « En Vérité » sur Radio Sénégal, le député de Pastef les Patriotes, Amadou Ba, a livré son analyse sur l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale. S’il rappelle que cette décision relève des prérogatives du président de la République, il souligne surtout les conséquences politiques et institutionnelles que pourrait entraîner la tenue d’élections législatives anticipées.


Rédigé par leral.net le Dimanche 30 Août 2026 à 18:58 | | 0 commentaire(s)|

Une décision qui appartient au chef de l’État

La question d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale continue d’alimenter les débats politiques au Sénégal. Interrogé sur cette perspective, Amadou Ba a d’abord tenu à rappeler le cadre institutionnel.

« C’est une prérogative du président de la République », a déclaré le parlementaire, rappelant que la dissolution de l’Assemblée nationale n’est pas une première dans l’histoire politique du pays.

Pour autant, le député de Pastef estime que les parlementaires ne devraient pas se perdre dans des spéculations sur une éventuelle décision présidentielle.

Selon lui, il appartient au chef de l’État d’apprécier l’opportunité d’utiliser ou non cette prérogative.

Le scénario d’une défaite aux législatives anticipées

Au-delà de la dissolution elle-même, Amadou Ba s’est intéressé aux conséquences politiques d’un éventuel scrutin anticipé.

S’appuyant sur certains enseignements de la science politique et faisant notamment référence à la pratique gaullienne, le député considère qu’un chef de l’État qui engage directement sa responsabilité politique dans une consultation populaire et essuie une défaite doit en tirer les conséquences.

Il établit le même raisonnement dans l’hypothèse d’élections législatives anticipées.

Si le camp présidentiel venait à perdre un tel scrutin au profit d'une majorité opposée, la situation politique pourrait, selon son analyse, changer radicalement.

Un nouveau rapport de force entre l’Exécutif et le Parlement

Amadou Ba estime notamment qu’une majorité parlementaire adverse pourrait être amenée à former le gouvernement.

« La liste de la majorité » arrivée en tête, selon le scénario évoqué par le député, devrait alors être appelée à prendre les responsabilités gouvernementales.

Une telle configuration ouvrirait une nouvelle séquence institutionnelle, avec un rapport de force potentiellement inédit entre le président de la République et une majorité parlementaire issue d’un autre camp politique.

Le débat autour de la dissolution ne se limiterait donc pas à la tenue d’un nouveau scrutin. Il pourrait avoir des conséquences directes sur la gouvernance du pays et sur l’équilibre entre les institutions.

« Ce n’est pas notre affaire »

Malgré les différents scénarios évoqués, Amadou Ba assure que son camp ne se prépare pas à une dissolution annoncée.

Le député de Pastef refuse ainsi de présenter cette éventualité comme une bataille politique que les parlementaires devraient anticiper.

« Ce n’est pas notre affaire. C’est le président qui prend ses décisions », a-t-il conclu.

Une déclaration qui laisse toutefois ouverte la question des prochaines échéances politiques et de l’attitude que pourrait adopter le chef de l’État face aux rapports de force au sein de l’Assemblée nationale.