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Campagne Législatives 2017

Législatives du 30 juillet 2017 : 47 listes, 165 sièges, 53,66 % de participation

Rédigé par leral.net le Lundi 14 Septembre 2026 à 10:00 |

Neuf ans après, les élections législatives du 30 juillet 2017 restent l'un des scrutins les plus singuliers de l'histoire électorale récente du Sénégal. Un nombre record de listes, une Assemblée élargie et une participation nettement supérieure à celle de 2012 : voici, chiffres officiels à l'appui, ce que ce vote a réellement donné.

Une date reportée et un record de listes

Initialement prévues le 2 juillet 2017, les législatives ont finalement été fixées au 30 juillet. C'est ce jour-là que les électeurs sénégalais ont été appelés à renouveler une Assemblée nationale dont le nombre de sièges passait de 150 à 165, avec pour la première fois 15 députés élus par la diaspora.

Le chiffre qui a le plus marqué les esprits est celui des candidatures : 47 listes ont été validées, contre 24 lors des législatives de 2012. Coalitions au pouvoir, grandes alliances d'opposition, partis religieux, mouvements citoyens et petites formations : jamais un bulletin législatif n'avait offert autant de choix, au point de poser des problèmes logistiques que nous détaillerons dans un autre article de cette série.

Plus de 6 millions d'inscrits, 53,66 % de votants

Selon les résultats officiels publiés par la Direction générale des élections, le fichier électoral comptait 6 219 446 inscrits. Le jour du vote, 3 337 494 électeurs se sont déplacés, soit un taux de participation de 53,66 %. Les suffrages valablement exprimés se sont élevés à 3 310 435, les bulletins nuls restant marginaux.

Ce niveau de mobilisation tranche avec celui de 2012, où l'abstention avait dépassé 60 %. Plusieurs facteurs sont avancés par les observateurs : l'enjeu d'un scrutin perçu comme une répétition générale de la présidentielle de 2019, la présence de figures nationales en tête de liste et la forte polarisation de la campagne.

125 sièges pour Benno Bokk Yakaar

La coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), conduite par le Premier ministre d'alors, Mahammed Boun Abdallah Dionne, a recueilli 1 637 761 voix, soit 49,47 % des suffrages. Grâce au mode de scrutin, qui combine 105 sièges attribués au scrutin majoritaire départemental et 60 sièges à la proportionnelle sur la liste nationale, BBY a obtenu 125 députés : 95 au niveau départemental et 30 sur la liste nationale. La majorité absolue étant fixée à 83 sièges, le camp du président Macky Sall disposait d'une marge très confortable.

La coalition Wattu Senegaal, dont la liste était menée par l'ancien président Abdoulaye Wade, s'est classée deuxième avec 552 095 voix (16,67 %) et 19 sièges. Manko Taxawu Senegaal, portée par le maire de Dakar Khalifa Sall, alors en détention, et l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, a réuni 388 188 voix (11,72 %) pour 7 députés. Le Parti de l'unité et du rassemblement (PUR) a créé la surprise avec 155 407 voix (4,69 %) et 3 sièges, tandis que la coalition Kaddu Askan Wi a obtenu 2 élus avec 65 235 voix. Les huit sièges restants se sont répartis entre d'autres listes, dont plusieurs n'ont décroché qu'un seul député sur la liste nationale.

Des résultats définitifs sans recours retenu

Le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs le 9 août 2017, sans retenir de recours. Le scrutin avait été suivi par des missions d'observation, dont celle de l'Union africaine, qui ont relevé des difficultés d'organisation tout en validant la sincérité globale du vote.

À retenir. Les législatives de 2017 ont produit une Assemblée dominée par une seule coalition, une opposition morcelée entre plusieurs blocs et un taux de participation qui, dans un scrutin législatif, n'avait pas été vu depuis longtemps. Ces chiffres sont le point de départ pour comprendre les recompositions politiques qui ont suivi jusqu'en 2024.

Photo : Bess Sadler from Palo Alto, CA, USA / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)