Leral.net | S'informer en temps réel
Les séries TV

Les séries sénégalaises sortent du wolof : le pari du pulaar


Les séries sénégalaises sortent du wolof : le pari du pulaar

La série sénégalaise s’est construite en wolof. Elle commence à se tourner dans d’autres langues du pays — et ça change la carte de son public.

Une chaîne entière en pulaar

Marodi TV ne se contente plus d’une chaîne YouTube : elle en exploite trois, dont une version pulaar. Le site Senego a par ailleurs rapporté le tournage de Kaya, une série en langue pulaar produite par la même maison. Ce n’est pas un doublage de circonstance mais une ligne de production identifiée.

Pourquoi le pulaar change l’échelle

Le pulaar n’est pas seulement une langue sénégalaise. Il est parlé en Mauritanie, au Mali, en Guinée, au Burkina, au Niger, au nord du Nigeria et du Cameroun. Une série tournée en pulaar ne vise plus la Vallée ou Matam : elle vise un espace linguistique qui traverse une dizaine de pays. Aucune série en français produite à Dakar n’atteint ce public-là aussi directement.

Le sous-titrage, l’autre porte

La version internationale des chaînes sénégalaises repose sur le sous-titrage français et anglais. C’est ce qui a permis à la diaspora d’Europe et d’Amérique du Nord, puis à des spectateurs anglophones du continent, de suivre des séries qu’ils ne comprennent pas à l’oreille. Le wolof reste la langue de tournage ; le sous-titre est devenu un outil d’export.

Ce qui manque encore

  • Le sérère, le diola, le soninke et le mandingue n’ont pas encore de fiction sérielle régulière.
  • Le doublage coûte cher ; le tournage en langue originale coûte moins et sonne mieux.
  • Les castings d’acteurs à l’aise dans ces langues restent à constituer.

La question n’est plus de savoir si la fiction sénégalaise s’exporte — c’est fait. Elle est de savoir combien de langues du pays elle emmènera avec elle.