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Liberté d'expression étouffée au Gabon : Une décision de la HAC vivement critiquée

Rédigé par leral.net le Mercredi 18 Février 2026 à 13:15 | | 0 commentaire(s)|

Libreville 18 février 2026 -La Haute Autorité de la Communication (HAC) a provoqué une onde de choc, en annonçant la suspension de l'accès aux réseaux sociaux, « jusqu'à nouvel ordre », sur toute l'étendue du territoire national. Présentée comme une mesure de régulation face aux dérives numériques, cette décision apparaît pour de nombreux observateurs, comme une réponse brutale, excessive et dangereuse pour les libertés fondamentales.
Une réponse disproportionnée
La HAC évoque la (...)

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Libreville 18 février 2026 -La Haute Autorité de la Communication (HAC) a provoqué une onde de choc en annonçant la suspension de l'accès aux réseaux sociaux « jusqu'à nouvel ordre » sur toute l'étendue du territoire national. Présentée comme une mesure de régulation face aux dérives numériques, cette décision apparaît pour de nombreux observateurs comme une réponse brutale, excessive et dangereuse pour les libertés fondamentales.

Une réponse disproportionnée

La HAC évoque la prolifération de contenus jugés diffamatoires, haineux ou susceptibles de troubler l'ordre public. Pourtant, aucun rapport détaillé ni données précises n'ont été rendus publics pour justifier une mesure d'une telle ampleur. Suspendre l'ensemble des plateformes numériques revient à sanctionner toute une population pour des faits qui auraient pu être traités de manière ciblée et proportionnée.

Au lieu d'identifier et de poursuivre les auteurs d'infractions spécifiques, l'institution a choisi la solution la plus radicale : faire taire tout le monde.

Un impact humain ignoré

Au-delà du débat politique, cette décision a des conséquences humaines graves. De nombreux étudiants gabonais vivant à l'étranger utilisent quotidiennement les réseaux sociaux pour rester en contact avec leurs familles. Pour certains, ces plateformes représentent le moyen le plus accessible et le plus économique pour communiquer avec leurs proches.

En coupant ces canaux, l'État isole non seulement ses citoyens à l'intérieur du pays, mais aussi des familles entières séparées par des milliers de kilomètres. Dans un monde globalisé, où la diaspora joue un rôle essentiel dans l'économie et la vie sociale nationale, cette rupture numérique crée une fracture émotionnelle et sociale difficilement justifiable.

Des conséquences économiques majeures

Les petites entreprises, les commerçants et les jeunes entrepreneurs qui dépendent des réseaux sociaux pour vendre leurs produits et services se retrouvent brutalement paralysés. Cette décision frappe directement une jeunesse déjà confrontée au chômage et aux difficultés économiques.

Une atteinte préoccupante aux libertés

Les réseaux sociaux constituent aujourd'hui un espace central de débat public et d'expression citoyenne. Les suspendre totalement envoie un signal inquiétant quant à la place accordée à la liberté d'expression et au pluralisme des opinions.

Si la régulation est nécessaire, elle doit rester encadrée, transparente et proportionnée. En optant pour une coupure générale, la HAC prend le risque d'alimenter la défiance, d'aggraver les tensions sociales et de ternir l'image démocratique du Gabon sur la scène internationale.

WA



Source : https://www.gabonews.com/fr/actus/communication/ar...