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Limogeage du ministre du budget : Comment Wade a affaibli son Premier ministre

Le président Wade n’a pas demandé son avis avant de limoger Ibrahima Sar. Il ne lui a pas, non plus, demandé de lui proposer un nom pour remplacer ce dernier, c’est le ministre de l’Economie et des Finances sollicité qui l’a fait à sa place. Et Cheikh Hadjibou Soumaré ne s’en trouve que plus fragilisé dans ses fonctions de Premier ministre.


Rédigé par leral.net le Samedi 9 Août 2008 à 12:07 | | 0 commentaire(s)|

Limogeage du ministre du budget : Comment Wade a affaibli son Premier ministre
Il a dû avoir mal dans sa peau, le Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré, quand le président de la République l’a informé avant-hier, jeudi, avant la réunion du Conseil des ministres, de sa décision de limoger son poulain, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget, Ibrahima Sar. Il a dû être frustré de n’avoir pas été consulté ; il a juste été mis devant le fait accompli. Mais il l’aura été, sans doute, beaucoup plus, quand il a appris que le successeur d’Ibrahima Sar au Budget, Mamadou Abdoulaye Sow, a été proposé par le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop. Ainsi, le Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré n’aura pas eu son mot à dire ni dans la nomination du nouveau ministre du Budget, ni dans le limogeage du prédécesseur de ce dernier. Un Ibrahima Sar dont le sort a été scellé dès les premières heures de la matinée du jeudi et il le savait, raison pour laquelle il ne s’est pas présenté à la réunion du Conseil des ministres.

Ce léger réaménagement ministériel aura, par conséquent, affaibli le Premier ministre et renforcé son ami inséparable d’hier, avant qu’il n’atterrisse à la Primature, à savoir le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop. Les jours de Cheikh Hadjibou Soumaré à la tête du gouvernement sont-ils, pour autant, comptés ? Rien n’est si sûr. En effet, son successeur au ministère du Budget a été limogé pour avoir caché au président de la République les 109 milliards de francs Cfa de dettes contractées au nom de l’Etat du Sénégal auprès du privé alors que de telles dépenses n’étaient pas inscrites au budget 2008. Ainsi, ce sont les dépenses non budgétisées en 2008 qui sont concernées. Or, en 2008, Cheikh Hadjibou Soumaré n’était plus ministre du Budget. Par conséquent, les dépassements budgétaires constatés durant cette période ne peuvent pas lui être imputables.

Il s’y ajoute que le Premier ministre bénéficie du soutien de nombre de membres de son gouvernement, mais également de membres très influents du pré-carré présidentiel. Dans ces cercles, on loue beaucoup sa capacité d’écoute, ce respect qu’il voue à tous ses collaborateurs, mais aussi et surtout le bourreau de travail qu’il est.

Par contre, bien des ministres objet d’une demande d’explication du président de la République peuvent craindre pour leur fauteuil, à moins qu’ils ne trouvent des boucs-émissaires dans leurs départements respectifs. C’est le cas au ministère des Infrastructures dirigé par Habib Sy ou à celui de l’Habitat, de l’Urbanisme, de l’Assainissement et de la Construction d’Oumar Sarr. Me Ousmane Ngom devra également s’expliquer sur les dépassements budgétaires au ministère de l’Intérieur quand il en était le patron, de même que d’anciens ministres qui ont quitté le gouvernement pour le Parlement. Le président Wade n’attend que leurs explications pour voir s’il devra encore sabrer des têtes au gouvernement.



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