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Contribution

Livres scolaires imposés aux parents : Mamadou Dia appelle à ouvrir le débat

« L'école n'est pas un magasin »

Rédigé par leral.net le Samedi 3 Octobre 2026 à 02:12 |

Dans une contribution, Mamadou Dia, Directeur général d'Intercontinental de négoce, interpelle les écoles qui imposent aux parents l'achat de livres scolaires déterminés. Il appelle les autorités éducatives, les associations de parents d'élèves, les écoles, les enseignants, les libraires et les éditeurs à ouvrir le débat.


« Le problème n'est pas l'achat des livres »

Mamadou Dia, Directeur général d'Intercontinental de négoce
Mamadou Dia, Directeur général d'Intercontinental de négoce
« Il est temps de poser la question. » C'est par ces mots que Mamadou Dia, Directeur général d'Intercontinental de négoce, ouvre sa contribution consacrée aux manuels scolaires.

Selon lui, au Sénégal, de nombreux parents d'élèves sont confrontés à une situation qui mérite réflexion : « certaines écoles demandent, voire imposent, l'achat de livres et de collections scolaires déterminés ».

L'auteur précise d'emblée sa position : « Le problème n'est pas l'achat des livres. » Il reconnaît que l'enfant a besoin de manuels pour apprendre, que les enseignants ont besoin d'outils pédagogiques adaptés et que les éditeurs et les libraires doivent pouvoir exercer leur activité.

Une facture qui s'ajoute aux autres charges

Sa question centrale : « Le parent est-il réellement libre de choisir où acheter les livres de son enfant ? »

Lorsqu'une école demande d'acheter les livres directement auprès de l'établissement, ou lorsque l'achat d'une collection complète devient « une condition de fait pour suivre correctement les cours », il s'interroge sur la limite « entre une recommandation pédagogique et une pratique commerciale ».

Pour une famille ayant deux, trois ou quatre enfants, écrit-il, la facture peut rapidement atteindre « plusieurs dizaines de milliers de francs CFA ».

Une dépense qui s'ajoute aux frais de scolarité, aux fournitures, aux uniformes, aux chaussures, au transport, à la cantine et aux activités scolaires.

Six questions que les parents devraient pouvoir poser

Lorsqu'une collection est imposée, Mamadou Dia juge légitime que les parents demandent : pourquoi cette collection ? Pourquoi ce prix ? Quel est le prix de chaque livre séparément ?

Il ajoute trois autres interrogations : le même livre peut-il être acheté chez un libraire de son choix ? L'achat de toute la collection est-il réellement nécessaire ? Existe-t-il des accords commerciaux entre l'établissement et le fournisseur ?

« Ces questions ne constituent pas une attaque contre les écoles. Elles relèvent simplement de la transparence », écrit-il.

« L'école n'est pas un magasin »

Pour l'auteur, l'école doit avant tout être « un lieu d'éducation, de transmission des connaissances et de formation des enfants ».

Qu'un établissement recommande un ouvrage pour des raisons pédagogiques « peut être parfaitement compréhensible », admet-il. Mais le débat devient légitime, selon lui, lorsque le parent a le sentiment de n'avoir pas d'autre choix que d'acheter auprès de l'école ou de suivre une collection imposée.

Il invite aussi à penser aux familles modestes : « Un enfant ne devrait pas être pénalisé parce que ses parents ne peuvent pas acheter immédiatement une collection complète. »

Un appel aux autorités éducatives et aux parents d'élèves

Mamadou Dia appelle à une réflexion impliquant les autorités éducatives, les associations de parents d'élèves, les écoles, les enseignants, les libraires et les éditeurs.

« L'objectif ne doit pas être de supprimer les manuels scolaires », précise-t-il. Il s'agit, selon lui, de garantir la transparence des prix, la liberté de choix lorsque celle-ci est possible, l'égalité entre les élèves, la protection des familles et l'absence de pression commerciale sur les parents.

Les parents, conclut-il, doivent pouvoir acheter les livres nécessaires à la réussite de leurs enfants sans avoir le sentiment que la scolarisation devient « un marché captif ».

« Le débat est ouvert », écrit-il en conclusion.



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