Leral.net - S'informer en temps réel

Lutte contre la fraude documentaire : la DNLT démantèle un réseau d’obtention indue de la nationalité à Rosso

Rédigé par leral.net le Dimanche 1 Février 2026 à 18:42 | | 0 commentaire(s)|

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a porté un coup dur à la fraude documentaire dans le nord du pays. Son antenne régionale basée à Rosso a déféré, ce vendredi 30 janvier 2026, un individu devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Saint-Louis, dans […]

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a porté un coup dur à la fraude documentaire dans le nord du pays. Son antenne régionale basée à Rosso a déféré, ce vendredi 30 janvier 2026, un individu devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Saint-Louis, dans une affaire liée à l’obtention frauduleuse de documents administratifs sénégalais.

Le mis en cause est poursuivi pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, complicité d’obtention indue de documents administratifs sénégalais, ainsi que faux en écritures publiques authentiques, des infractions considérées comme particulièrement graves par le Code pénal.

L’affaire trouve son origine dans un contrôle de routine effectué par les éléments de la DNLT, au cours duquel des documents jugés suspects ont été découverts. Les vérifications menées ont permis d’établir un lien avec une affaire antérieure datant de 2022, impliquant l’épouse du suspect, de nationalité étrangère, déjà interpellée pour des faits similaires. À l’époque, une perquisition avait conduit à la saisie de cinq actes d’état civil obtenus frauduleusement.

Entendu par les enquêteurs, le mis en cause a reconnu avoir versé la somme de 50 000 francs CFA pour l’obtention de ces documents au profit de sa famille — son épouse et ses enfants — au niveau de la commune de Boké Dialloubé.

Les investigations approfondies de la DNLT ont permis de mettre au jour plusieurs éléments accablants. Les réquisitions ont notamment confirmé l’existence d’actes frauduleux enregistrés dans les registres d’état civil des années 2000, 2015, 2018 et 2021. De son côté, le Secrétaire municipal a admis avoir procédé à la transcription de ces actes sans exiger les pièces justificatives obligatoires, telles que les certificats d’accouchement ou les copies de cartes nationales d’identité des parents. Il a justifié cette pratique par la volonté de « faciliter les déclarations » dans une zone où elles seraient peu fréquentes.

Si le Secrétaire municipal nie avoir perçu de l’argent, le mis en cause maintient, lui, avoir effectivement versé la somme convenue. La confrontation entre les différentes parties a toutefois permis d’établir que l’officier d’état civil, signataire des registres, n’avait pas été informé de la nationalité étrangère des bénéficiaires. Sur instruction du Parquet, ce dernier a ainsi été remis en liberté.

L’enquête se poursuit néanmoins afin d’identifier et d’interpeller toute autre personne impliquée dans cette chaîne de fraude documentaire, qui porte atteinte à la crédibilité du système d’état civil et à la sécurité nationale.



Source : https://xalimasn.com/2026/02/01/lutte-contre-la-fr...