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Mali : HRW dénonce la mort de neuf civils lors d’une opération attribuée à des paramilitaires russes

Rédigé par leral.net le Jeudi 20 Août 2026 à 18:35 | | 0 commentaire(s)|

Human Rights Watch (HRW) accuse des combattants russes de l’Africa Corps, accompagnés de militaires maliens, d’avoir tué neuf civils, dont quatre enfants, lors d’une opération menée en juillet à Bombori, dans le centre du Mali. L’ONG qualifie les faits de « massacre » et appelle à des enquêtes sur ces accusations.


Une opération antijihadiste menée le 10 juillet à Bombori, dans la région de Mopti, est au cœur d’un nouveau rapport alarmant de Human Rights Watch.

L’organisation de défense des droits humains affirme que plus de 100 combattants de l’Africa Corps, accompagnés de plusieurs soldats maliens, ont investi le village à la recherche de membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.

Selon HRW, les combattants du JNIM avaient quitté le village la veille.

Des civils rassemblés et interrogés

D’après les témoignages recueillis par l’ONG, les forces présentes ont fait irruption dans plusieurs habitations du quartier peul avant de rassembler au moins 80 hommes et garçons sous un arbre.

Les personnes arrêtées auraient été interrogées sur leurs liens présumés avec les groupes jihadistes et certaines auraient été battues et menacées.

HRW affirme ensuite que six civils auraient été abattus alors qu’ils tentaient de fuir, tandis que trois autres auraient été arrêtés puis exécutés.

L’ONG rapporte notamment qu’un des trois hommes aurait été décapité et que sa tête aurait été exposée dans le village. Deux autres victimes auraient été égorgées et retrouvées ligotées.

Quatre enfants parmi les victimes

Selon Human Rights Watch, les habitants ont récupéré neuf corps après le départ des forces vers 14 heures.

Les victimes seraient composées de cinq hommes âgés de 19 à 34 ans et de quatre enfants âgés de 6 à 17 ans.

Un témoin cité par l’organisation affirme notamment avoir découvert les corps de deux enfants d’environ six ans, tués par balle à proximité d’une maison incendiée.

Pour documenter les faits, HRW indique avoir interrogé à distance 13 personnes, dont quatre témoins directs et neuf membres de la société civile ainsi que des responsables communautaires.

HRW dénonce des violences contre les populations civiles

Ilaria Allegrozzi, chercheuse de Human Rights Watch sur le Sahel, estime que les événements de Bombori illustrent les violences auxquelles sont confrontées les populations civiles maliennes.

Selon l’ONG, les habitants se retrouvent pris entre les groupes jihadistes et les forces gouvernementales accompagnées de leurs alliés russes.

Le Mali est confronté depuis plus d’une décennie à des violences liées aux groupes jihadistes affiliés notamment à Al-Qaïda et à l’État islamique.

Aucune réponse de Bamako et Moscou

Depuis l’arrivée au pouvoir de la junte à la suite des coups d’État de 2020 et 2021, le Mali a profondément réorienté ses partenariats militaires et diplomatiques, en se rapprochant de la Russie et en rompant progressivement avec plusieurs partenaires occidentaux.

Des paramilitaires russes de l’Africa Corps participent depuis lors aux opérations menées par les autorités maliennes contre les groupes jihadistes.

Human Rights Watch indique avoir adressé, les 4 et 5 août, des courriers au ministre russe de la Défense ainsi qu’au général Assimi Goïta, chef de la junte malienne et ministre de la Défense.

L’organisation affirme n’avoir reçu aucune réponse à ce jour.