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Les séries TV

Marodi TV : la maison qui a industrialisé la série sénégalaise


En moins de dix ans, Marodi TV est devenue la maison de production qui rythme les soirées sénégalaises. Son modèle : produire vite, diffuser d’abord sur YouTube, et vendre ensuite aux chaînes. Il a fait école.

Ce qui est à l’affiche

Le catalogue mis en avant par la plateforme comprend actuellement Doomu Baay, Mère et Mensonges, Marie et Momo, Baabel, Key & Za, Takander, Crédule, Hakké Rewbé, Jeux de Dames et Le Piège. Dix titres en rotation, un rythme que peu de maisons de production ouest-africaines tiennent.

Trois chaînes, trois publics

Marodi ne diffuse pas sur une seule chaîne YouTube mais sur trois : une version sénégalaise, une version internationale sous-titrée, et une version en pulaar. C’est une stratégie de langue autant que de public : elle ouvre les séries à la diaspora d’un côté, aux locuteurs pulaarophones du Sénégal, de Mauritanie, du Mali et de Guinée de l’autre.

Le tournant Canal+

Depuis 2023, Marodi produit chaque année trois séries pour Sunu Yeuf, la case sénégalaise de Canal+, diffusées du lundi au mercredi. C’est le passage d’un modèle gratuit financé par la publicité à une commande de chaîne, avec des budgets et des délais différents. Massamba Mboup dirige la structure.

Pourquoi ça marche

  • La langue. Le wolof d’abord, sans concession, avec sous-titrage pour l’export.
  • Le rythme. Un épisode par semaine et par série, toute l’année ou presque.
  • Les sujets. Mariage, argent, famille, réussite sociale : des conflits que le public reconnaît immédiatement.
  • La gratuité d’entrée. YouTube d’abord ; l’abonnement et la télévision viennent après, une fois le public constitué.

Le modèle a ses limites — dépendance à une plateforme, cachets d’acteurs qui s’envolent, cadences de tournage tendues. Mais il a fait naître une industrie là où il n’y avait qu’un artisanat.