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Mary Teuw Niane alerte sur le « culte du chef » et les dérives de l’imposture politique

Dans une tribune publiée ce dimanche 9 août 2026, le professeur Mary Teuw Niane livre une réflexion sévère sur les mécanismes de l’imposture en politique. Sans nommer explicitement de dirigeant, l’ancien ministre décrit un leader qui s’approprie des valeurs qu’il n’incarne pas, transforme la critique en hostilité et finit par être entouré d’une forme de vénération.


Rédigé par leral.net le Dimanche 9 Août 2026 à 19:20 | | 0 commentaire(s)|

Dans sa tribune intitulée « L’imposteur », Mary Teuw Niane s’interroge sur les ressorts de la manipulation politique et les dangers d’un affaiblissement de l’esprit critique. Le professeur décrit un personnage qui, plutôt que de construire ses propres valeurs, s’approprie celles qu’il affiche comme des instruments de conquête du pouvoir.

Selon lui, l’imposteur peut se présenter comme un homme de justice, de foi, de droiture ou de sacrifice, alors que ces valeurs ne constitueraient qu’une façade destinée à séduire et à dominer.

Le langage comme révélateur

Pour Mary Teuw Niane, l’imposture finit toujours par être rattrapée par la réalité. « Le temps est le plus implacable des juges. Il finit toujours par démasquer l’imposture », écrit-il.

L’ancien ministre accorde une attention particulière au langage du dirigeant. Lorsque celui-ci ne supporte plus la contradiction, le débat laisse progressivement place à l’intimidation. La critique devient une offense et le contradicteur, un ennemi.

Les discours marqués par la violence, les appels à la haine ou les menaces contre les adversaires seraient alors, selon son analyse, autant de signes révélateurs d’un système politique qui cherche à imposer le silence plutôt qu’à convaincre.

Quand le leader devient « messie »

L’un des passages les plus incisifs de la tribune concerne le rapport entre le dirigeant et ses partisans.

Mary Teuw Niane estime que le danger apparaît lorsque l’admiration politique se transforme en véritable vénération. « Le chef devient un sauveur, le dirigeant un prophète, parfois même un messie », écrit-il.

Dans cette configuration, poursuit-il, l’esprit critique s’efface progressivement au profit de la croyance et la fidélité au chef prend le dessus sur le discernement.

Les faits finissent par rattraper les récits

Le professeur considère également que les constructions politiques fondées sur l’image et la communication finissent inévitablement par être confrontées aux faits.

Il évoque l’accumulation des contradictions, l’apparition de scandales, les compromissions, ainsi que les privilèges et intérêts matériels susceptibles de contredire les discours de vertu.

Face aux révélations, les partisans peuvent, selon lui, invoquer le complot, la persécution ou la jalousie pour préserver l’image qu’ils se sont construite du dirigeant.

Mais, estime-t-il, « les faits ont une force que la propagande ne peut vaincre éternellement ».

L’esprit critique comme rempart démocratique

Dans la dernière partie de sa réflexion, Mary Teuw Niane élargit son propos au culte de la personnalité. Il cite notamment Mussolini, Hitler et Pol Pot pour illustrer les conséquences extrêmes auxquelles peuvent conduire l’abandon du doute, de la contradiction et de la liberté de penser.

Pour l’ancien ministre, la démocratie ne s’affaiblit pas seulement sous l’effet de dirigeants autoritaires. Elle peut également être fragilisée lorsque les citoyens renoncent à leur capacité de jugement et préfèrent adhérer à la parole d’un homme plutôt que de confronter ses discours aux faits.

Sa conclusion tient en une formule : « L’imposture prospère là où l’esprit critique disparaît. »

Une mise en garde qui place le citoyen, et non seulement le dirigeant politique, au cœur de la préservation du débat démocratique.