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Me Wade brandit le boycott de la Présidentielle: Bravade ou réalisme ? (décryptage Leral)


Rédigé par leral.net le Jeudi 17 Août 2017 à 10:37 | | 0 commentaire(s)|


Réputé être un génie politique, Abdoulaye Wade a d'ores et déjà annoncé le forfait de son équipe pour la course à la présidentielle de 2019. « Lorsque nous disons que nous ne voulons plus, à l’avenir, participer à des élections organisées par Macky Sall, il peut ne pas nous croire et organiser des élections, on verra bien », avait déclaré l’ancien président du Sénégal face à la presse.
 
Non sans ajouter « Ce n'est même pas la peine qu’il se fatigue pour 2019 sur ce qu’il veut faire. Il n’a qu’à attendre 2019 et se proclamer non seulement élu, mais super élu ».

Depuis cette déclaration du pape du Sopi, les supputations vont bon train. Si certains croient savoir que Wade père fait dans la surenchère pour amener le Président Sall à négocier avec lui, d'autres pensent qu'il anticipe sur la probable défaite de son écurie, faute de candidat capable de tenir tête à Macky Sall en 2019. 

D'autres encore estiment  que derrière le boycott des prochaines présidentielles annoncé par Me Wade, se cache une manière de faire pression sur le pouvoir, pour que son fils, Karim  puisse venir se présenter, étant donné que lui, Me Wade  est  disqualifié  pour  la course de 2019 car la nouvelle Constitution limite l’âge des candidats à 75 ans. 

Dès lors, le Pds se trouve confronté  à une équation de taille car dans sa configuration actuelle, il n'a pas encore un candidat capable de faire le poids face à Macky Sall.

Mais au delà des arguments des uns et des autres, des intrigues et autres manigances, il semble que les préoccupations des populations sont reléguées au second plan.

Des populations qui ne savent finalement plus, à quel politicien se fier tellement leur versatilité a fini par leur donner le tournis. La vie chère, l'enseignement qui tombe en déliquescence, la pauvreté galopante qui étreint les populations etc...,ne semblent pas les émouvoir plus que ça.

Le frustrant dans cette situation, c'est la stagnation dans laquelle les politiciens se complaisent. C'est comme s'ils refusaient systématiquement de progresser dans la voie de la démocratie, de prendre à bras-le-corps les problèmes récurrents des Sénégalais.

Force nous est de constater que tout ce que Abdoulaye Wade reproche aujourd'hui, à son successeur, relève pratiquement des mêmes griefs qu'il reprochait eu président Diouf, alors qu'e lui-même avait toutes les cartes en main hier, pour amorcer les changements, mais c'est comme si le pouvoir rendait amnésique. 

Aujourd'hui, la  victoire écrasante de la coalition Benno Bokk Yakaar aux législatives et la menace de boycott de la présidentielle de 2019 agitée par Wade  qui s'en est suivie, avec comme argumentaire que les législatives ont été une «mascarade électorale», n'est pas sans rappeler la situation vécue en 2007, quand les leaders de  l'opposition d'alors réunie autour de Benno Siggil Sénégal, avaient décidé de boycotter les Législatives.

Devant le refus du gouvernement d'accepter un audit du fichier électoral, ces derniers avaient fini par mettre leur menace à exécution.  Le scrutin s'était tenu le 3 juin 2007, au  finish, la coalition Sopi s'était adjugée la part du lion, à savoir 131 sièges sur les 150 en compétition, laissant aux quelques petits poucets qui s’étaient présentés, des miettes à grignoter. 
 
Depuis Senghor, c'est comme si le même système continuait, à part qu'il s'est fardé de quelques artifices. Ce qui est assez surprenant est le fait que  les opposants le dénoncent mais des qu'ils accèdent au pouvoir, ils revêtent le manteau d'autocrates et reproduisent les mêmes tares. 

Ce fut le cas avec Wade, qui, une fois aux commandes,  s'est lui aussi laissé aller et a fini par succomber aux délices du pouvoir, rangeant au tiroir son Sopi qui comprenait entre autres problématiques, la bonne gouvernance, l'indépendance totale de la justice pour une justice égale pour tous, la lutte acharnée contre la corruption, la lutte contre l'impunité.

Aujourd'hui, les mêmes plaintes et complaintes sont entendues sous le règne de Macky Sall qui, lui aussi, prônait la rupture. Le Conseil Constitutionnel est toujours indexé comme étant à la solde du pouvoir alors que le candidat Sall devenu président avait promis de le refonder suite aux manifestations de colère contre la validation de la  3e candidature controversée de Me Wade.
 
A ce jour, les seuls acquis démocratiques obtenus l'ont été sous le magistère de Abdou Diouf. Mais ces acquis ont été remis en cause par Wade, qui a fini par nommer un ministre de l'Intérieur politique et partisan en la personne de Ousmane Ngom. 

Ironie du sort, la marche programmée par Wade pour réclamer les cartes d'identité durant la campagne a été stoppée par l’arrêté Ousmane Ngom émis sous son magistère, pour interdire toute manifestation politique au centre ville et ce, en violation flagrante de la loi électorale.

Aujourd'hui, c'est comme si le chantre de la "rupture" - Macky Sall s'est engouffré dans les brèches ouvertes par son prédécesseur, pour lui aussi, s'adonner à un règne sans partage.

Toutes proportions gardées, ces considérations ne dédouanent pas pour autant le Président Sall, en termes de comparaison sur fond de jeun de yo-yo, étant entendu que les avancées démocratiques ne sont l'apanage ni de Wade ni de Macky mais de tout le peuple sénégalais.  
 

La rédaction Lera.net



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