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Meurtre de Fallou Kâ: 2 ans dont 8 mois ferme requis contre les deux policiers et l'ASP

Le Tribunal de grande instance de Diourbel a mis en délibéré jusqu’au 7 janvier le verdict du procès de trois policiers et d’un agent d’assistance à la sécurité de proximité qui comparaissaient mardi pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Le Procureur a requis une condamnation de deux ans dont huit mois ferme contre eux.


Rédigé par leral.net le Mercredi 4 Décembre 2019 à 00:05 | | 0 commentaire(s)|

Les trois agents du commissariat de Mbacké, dans la région de Diourbel, et l’auxiliaire de sécurité, en détention depuis le 28 mai dernier, étaient cités à comparaître dans une affaire d’arrestation ayant débouché sur la mort d’un suspect après son placement sous mandat de dépôt.
La victime, Fallou Kâ, âgé de 24 ans, a perdu la vie le 2 mai dernier au cours de son évacuation de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Diourbel à la suite de complications sanitaires.

Il avait été arrêté quatre jours plutôt par les agents de police incriminés dans cette affaire. Le certificat de genre de mort délivré par le médecin légiste fait état d’un décès consécutif à une hémorragie interne.

Avant sa mort, Fallou Kâ avait confié à plusieurs personnes avoir été ligoté par des policiers.

‘’J’ai constaté des égratignures à ses chevilles et à ses poignets, je lui ai demandé ce qui lui était arrivé. Il m’avait alors répondu qu’il avait été ligoté par les policiers qui l’avaient interpellé’’, a témoigné à la barre, l’infirmer surveillant de la Mac.

Un infirmier avait, dans un premier temps, pris en charge la victime qui souffrait de douleurs gastriques au lendemain de son arrestation. A la suite de quoi l’homme suspecté dans une affaire de drogue retourna au commissariat de Mbacké.

Son état de santé ne s’est pas amélioré après son incarcération à la MAC de Diourbel.

‘’J’ai repris service le 2 mai et lorsque j’ai vu Fallou Ka, j’ai demandé son évacuation parce qu’il ne tenait pas sur ses jambes. Il a été transporté par quatre personnes. Malheureusement, il est décédé en cours de route’’, a fait savoir au tribunal le major Pape Abdoulaye Tine, surveillant principal et infirmier de la MAC.

Pour leur défense, les mis en cause ont soutenu en chœur que le suspect était bien portant après son arrestation. Faisant le film des évènements survenus le 27 avril dernier entre 19 et 23 heures, le chef des opérations est revenu sur les circonstances de l’interpellation de la victime, présentée comme un dealer de drogue.

’’Un indicateur m’a appelé pour me dire qu’un certain Fallou Ka est un dealer de chanvre indien. J’ai informé le commissaire qui, à son tour, a appelé le procureur pour avoir son aval avant de mener cette opération dans une zone couverte par la gendarmerie’’, a-t-il expliqué.

’’Une fois sur le lieu du rendez-vous, à la sortie de Ndindy, on s’est caché dans une planque le temps que Fallou Ka arrive sur les lieux. A son arrivée, il avait vite compris qu’il avait affaire à la police. Il jeta alors la moto qu’il conduisait et le chanvre indien avant de prendre la fuite’’, a poursuivi l’agent de police.

Dans sa retraite, il tomba dans un enclot d’où il a été extrait.

Auparavant, il avait jété les 250 grammes de chanvre indien, une paire de ciseaux et des papiers pour emballage qu’il déténait, selon l’accusé.
Une version confirmée à la barre du tribunal par les trois autres prévenus, mais qui n’a visiblement pas convaincu le procureur de la République. Celui-ci a pointé du doigt la responsabilité des agents de police dans ce drame, estimant qu’ils avaient manqué de vigilance.
Dans son réquisitoire, le procureur avoue que cette affaire fait partie de celle où la responsabilité d’une administration est interpellée, indexant des ’’des gens qui ont manqué de vigilance’’.

’’Ce qui est constant dans ce dossier, c’est que la victime était blessée et au niveau de la maison d’arrêt et de correction, on m’a informé qu’il était gravement malade’’, a-t-il souligné en s’appuyant également sur les conclusions du légiste.

Au moment de l’arrestation, un des agents de police a ouvert la porte du véhicule pour stopper la fuite du suspect, ce qui a occasionné la violence sur le jeune homme, a-t-il fait remarquer.

S’appuyant également sur le fait que la victime avait révélé avoir été torturée, le ministère public a soutenu que Fallou Kâ avait bel et bien était victime de violence par un objet contondant ayant entrainé sa mort.

Il a ensuite requis une condamnation de deux ans dont huit mois ferme à l’encontre des mis en cause dans cette affaire.

Dans leur tentative de tirer d’affaires leurs clients, les avocats de la défense ont mis en doute les conclusions du légiste en estimant qu’elles avaient été ’’dubitatives’’. Ils ont ensuite demandé la relaxe pour les accusés.

Le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire qui avait été introduite par les conseils des accusés.

Avec Aps



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