Leral.net - S'informer en temps réel

Monde rural, finances publiques, sécurité : Les axes d’attaque de Barthélémy Dias

Rédigé par leral.net le Jeudi 26 Février 2026 à 16:57 | | 0 commentaire(s)|

Après sa tournée dans le Nord du Sénégal, l’ex-maire de Dakar, Barthélémy Dias, n’est pas revenu avec des images de carte postale. Il est revenu avec des questions. Des questions lourdes, dérangeantes, presque accusatrices. Dans la vallée du fleuve Sénégal comme sur la côte de Saint-Louis, il dit avoir vu un pays qui peine […]

XALIMANEWS: Après sa tournée dans le Nord du Sénégal, l’ex-maire de Dakar, Barthélémy Dias, n’est pas revenu avec des images de carte postale. Il est revenu avec des questions. Des questions lourdes, dérangeantes, presque accusatrices. Dans la vallée du fleuve Sénégal comme sur la côte de Saint-Louis, il dit avoir vu un pays qui peine à se reconnaître dans les promesses du tandem Bassirou Diomaye Faye- Ousmane Sonko

Sa conférence de presse avait des allures de réquisitoire. Mais au-delà du ton offensif, c’est un fil conducteur qui s’est imposé : celui d’un « État absent ». Dias parle d’un paradoxe cruel : un fleuve majestueux qui borde des terres assoiffées. Dans cette vallée censée être le grenier agricole du pays, il décrit des producteurs désorientés, une campagne arachidière en difficulté, des éleveurs étranglés par le coût de l’aliment de bétail et livrés à eux-mêmes face au manque d’encadrement vétérinaire. À l’entendre, la souveraineté alimentaire reste un slogan tant que ceux qui nourrissent la nation vivent dans l’incertitude.

À Saint-Louis, le décor change, mais l’angoisse demeure. L’avancée de la mer sur la Langue de Barbarie, les maisons englouties, les familles déplacées… Dias y voit le symbole d’une gestion à court terme. Il pointe également l’opacité des licences de pêche et réclame un audit indépendant. Derrière cette exigence, une critique plus large : celle d’une gouvernance qui manquerait de transparence dans la gestion des ressources stratégiques.

Mais c’est sans doute sur le terrain financier que l’ancien édile a voulu frapper le plus fort. À l’horizon mars 2026, il évoque le spectre d’un défaut de paiement de l’État, dans un contexte marqué par la suspension du programme avec le FMI. L’alerte est grave, presque alarmiste. Selon lui, un gouvernement occupé à « éteindre ses propres incendies financiers » ne peut ni rassurer les marchés ni planifier le développement. Il propose alors un plan d’irrigation d’envergure, un fonds de stabilisation pour l’aliment de bétail, un audit des licences de pêche, un programme de recasement pour les victimes de l’érosion et une réforme rigoureuse des finances publiques.

La charge ne s’arrête pas là. Les incidents signalés dans certaines structures névralgiques de l’administration – Trésor, Finances, directions administratives et financières – nourrissent, selon lui, des inquiétudes sur la sécurité institutionnelle. « Un État incapable de protéger ses données peut-il protéger ses citoyens ? » interroge-t-il en substance.

Enfin, l’ex-maire a placé la question de la justice au cœur de son propos, en exigeant une commission d’enquête indépendante sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Pour Dias, la crédibilité d’un régime se mesure aussi à sa capacité à faire toute la lumière sur les drames qui ébranlent la jeunesse.

Au fond, la sortie de Barthélemy Dias dépasse la simple critique conjoncturelle. À travers sa plateforme « Senegaal bi ñu bokk », il tente de structurer une alternative, en réhabilitant l’idée d’un « État protecteur et stratège ». Sa formule finale résume sa posture : le Sénégal ne manquerait ni de ressources ni de talents, mais d’un État qui planifie, protège et assume.

Reste à savoir si cette parole trouvera un écho durable au-delà des terres de la vallée et des rivages de Saint-Louis, dans un pays où l’attente de résultats concrets est désormais plus forte que celle des discours.



Source : https://xalimasn.com/2026/02/26/monde-rural-financ...