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Mondial 2026: et maintenant, s'ouvre la Coupe du monde de la démesure

Rédigé par leral.net le Jeudi 11 Juin 2026 à 10:56 | | 0 commentaire(s)|

Près de 1 250 footballeurs, 48 équipes, 104 matches, des billets à prix exorbitants, le tout sous l'œil de Donald Trump. C'est un drôle de Mondial de football qui commence ce jeudi 11 juin 2026 au Mexique. Reste encore à transformer ce rendez-vous de la démesure en fête du football.


Mondial 2026: et maintenant, s'ouvre la Coupe du monde de la démesure
C'est un Mondial sans précédent, percuté par les tensions internationales et les effets de la présidence Trump, qui débute ce 11 juin 2026 à Mexico, capitale du Mexique. Pour la troisième fois de l'histoire après 1970 et 1986, le mythique stade Aztèque aura l'honneur d'accueillir à 21h (19h TU) le premier match du tournoi, un Mexique-Afrique du Sud en forme de remake du match d'ouverture du Mondial 2010. Le premier d'une série de... 104 rencontres. Un record pour cette Coupe du monde XXL à 48 équipes voulue par Gianni Infantino.

Le président de la Fifa a dopé la compétition, le nombre de matches, le nombre de cérémonies d'ouverture (une pour chaque pays organisateur) et, évidemment, les revenus liés au grand rendez-vous international. Une obsession de la rentabilité matérialisée par le prix des billets, les plus chers jamais vus pour une Coupe du monde.

Reflet de ses ambitions de gigantisme, le tournoi sera écartelé entre 16 stades, distants pour certains de 4 000 kilomètres, de Guadalajara à Vancouver, de Los Angeles à Boston. De quoi terminer avec un bilan carbone chargé. Certains supporters ne bouderont tout de même pas leur plaisir de découvrir de nouvelles sélections encore jamais vues dans la compétition, comme l'Ouzbékistan, Haïti ou la petite île des Caraïbes de Curaçao. En tout cas pour ceux qui ne se sont pas vus refoulés à leur atterrissage aux États-Unis, ou qui ne se sont pas fait annuler leurs visas à la dernière minute.

Un Mondial heurté par la politique américaine...

Ce Mondial, bien que co-organisé avec le Mexique et le Canada, sera inévitablement marqué, si ce n'est pas déjà le cas, par la politique migratoire américaine. Sous le second mandat de Donald Trump, elle s'est considérablement durcie, avec comme symbole les méthodes employées par l'ICE, la police migratoire. De nombreux supporters de différentes nationalités visées par cette dernière ont d'ailleurs partagé leur peur de se rendre aux États-Unis et devenir des cibles de la répression.

Une politique qui a déjà provoqué des premiers remous avant même le coup d'envoi du premier match. Entre le staff de la sélection iranienne qui n'a obtenu ses visas qu'à la dernière minute et s'est retrouvé forcé de loger au Mexique sur fond de conflit au Moyen-Orient, l'attaquant star de l'Irak, Aymen Hussein, retenu près de sept heures à son atterrissage à Chicago, ou encore l'histoire de l'arbitre somalien Omar Artan, meilleur arbitre africain de l'année 2025, refoulé à son arrivée sur le sol américain.

... et par Donald Trump lui-même

Forcément, par extension, c'est l'ombre de Donald Trump lui-même qui est projetée sur cette Coupe du monde, qu'il a voulu transformer en sa Coupe du monde à lui. Au-delà de sa politique à l'échelle nationale, le locataire de la Maison Blanche a profité de cette grande messe du football pour se rendre indispensable à Gianni Infantino et aux décideurs du football mondial.

« Sans l'engagement et l'implication » de Donald Trump, il aurait été « impossible d'organiser une Coupe du monde aux États-Unis », a affirmé le président de la Fifa, mercredi 10 juin, à Mexico, à la veille du début du tournoi. Quelques mois plus tôt, il remettait, tout sourire, au président américain, le Prix Fifa pour la paix, à l'occasion du tirage au sort de la Coupe du monde. Une distinction créée spécialement pour le milliardaire états-unien.

Plus d'équipes, plus de sélections africaines, des favoris aux dents longues

Avec dix nations africaines au programme de cette Coupe du monde – un record –, il y aura tout de même de quoi se réjouir. Le Maroc, demi-finaliste en 2022 au Qatar, lancera sa compétition contre le Brésil samedi 13 juin, fort de son nouveau statut dans le football international. Le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou encore la RDC s'avanceront dans la compétition avec des effectifs capables de casser quelques plafonds de verre.

Et quid de l'équipe de France, vice-championne du monde qui figure parmi les grands favoris avec l'Espagne, l'Argentine tenante du titre et le Portugal ? Un parcours exceptionnel est attendu au vu des individualités extraordinaires présentes dans la liste de Didier Deschamps.

RFI