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Monnaie locale en Casamance: Une proposition audacieuse, mais d’actualité d’Ousmane Sonko


Rédigé par leral.net le Samedi 1 Janvier 2022 à 10:16 | | 0 commentaire(s)|

Pour une région aussi sensible que la Casamance, émettre l’idée d’une monnaie locale comme vient de le faire Ousmane Sonko, candidat à la mairie de Ziguinchor, relèverait presque d’un ‘’dérapage‘’ inconcevable. Mais il se trouve qu’au-delà des émotions que cette proposition pourrait soulever, les monnaies locales ont le vent en poupe dans le monde et entrent dans le cadre d’une économie sociale et solidaire.

Dans sa présentation de programme aux populations de Ziguinchor et de la Casamance de manière générale, le leader du Pastef a émis l’idée de la création d’une monnaie locale complémentaire, à travers des billets qu’ils vont imprimer. «Cette monnaie va sécuriser l’argent des déposants et ça peut rapporter énormément en termes de gains et de capacité d’investissement de la commune», explique le chef de file des patriotes dont la proposition fait couler, depuis hier, beaucoup d’encre et de salive. Certains trouvent cette proposition inacceptable dans une zone qui sort à peine de 40 ans de conflit indépendantiste

Est-ce qu'Ousmane Sonko est allé trop loin en proposant cette alternative à la Casamance ? On ne saurait trancher le débat. Mais ce qui est sûr en revanche, c’est que les monnaies locales ont actuellement le vent en poupe, et le débat se pose avec acuité sur le plan international. Loin des considérations identitaires et séparatistes, de nombreux économistes et citoyens considèrent que la monnaie ne sert plus à financer l’économie réelle. Pour eux, la monnaie telle qu’elle se présente actuellement, est celle des banquiers. L’idée de la monnaie locale, c’est de se réapproprier la monnaie et de donner des marges de manœuvre au niveau local, pour se fixer des objectifs assez contemporains comme le fait de promouvoir l’écologie, le développement local et de limiter l’exclusion de certaines personnes à l’échelle locale.

Selon les économistes, les adeptes des monnaies locales complémentaires contestent le fonctionnement actuel du monde. «Ils s’élèvent contre les excès de la finance, le fait que la globalisation financière ait pris le pas sur l’économie réelle, le fait que les activités économiques exploitent l’humain, exploitent les ressources naturelles». Ainsi, avec la monnaie locale, il y a une réelle volonté de modifier les comportements d’achat et d’orienter les choix de consommation. Elle constitue un outil pour inciter les particuliers comme les professionnels, à acheter local et responsable.

Comment cela marche ? Une monnaie locale complémentaire est un titre de paiement qui circule sur un territoire délimité et au sein d’un réseau d’acteurs choisis (commerces et services de proximité, artisans, producteurs), sans possibilité d’épargne ni de spéculation. Elle facilite ainsi le développement des circuits courts, dynamise l’économie locale et soutient une économie solidaire et respectueuse de l’environnement. Limitant de ce fait, pour les souteneurs de cette thèse, les dérives et les excès de l’économie de marché, l’économie capitaliste. Une monnaie locale complémentaire soutient les commerces et les emplois de proximité, encourage les circuits courts et lutte contre la spéculation.







L'As

Ndèye Fatou Kébé

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