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Moustapha Fall « ché », secrétaire général de Apl : “Pour reconquérir le pouvoir, l’opposition doit se doter d’une coalition de Gauche patriotique et démocratique”

Le Secrétaire général d’Action patriotique et libérale (Apl), Moustapha Fall « Ché » propose la création par l’opposition sénégalaise d’une coalition de Gauche patriotique et démocratique. Selon lui, seule une telle instance, qui serait régie par un code de conduite, pourrait permettre aux adversaires du régime de reconquérir le pouvoir. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Fall « Ché » a également préconisé un programme d’assainissement de grande envergure pour faire face aux inondations.


Rédigé par leral.net le Mercredi 17 Septembre 2008 à 08:02 | | 0 commentaire(s)|

Moustapha Fall « ché », secrétaire général de Apl : “Pour reconquérir le pouvoir, l’opposition doit se doter d’une coalition de Gauche patriotique et démocratique”
Le Sénégal est encore frappé cette année par des inondations. Quelle appréciation faites-vous de cette situation ?

C’est une épreuve douloureuse, un véritable calvaire que vivent les populations de tous ces quartiers plongés dans les eaux depuis des dizaines de jours. L’ampleur des inondations est indescriptible. C’est comme si on n’avait tiré aucune leçon des inondations précédentes. C’est aussi comme si on n’avait rien fait pour finir définitivement avec de telles calamités qui du reste peuvent trouver des solutions chez un gouvernement responsable, prévoyant, soucieux des intérêts et des conditions d’existence de ses populations, surtout des couches vulnérables.

Mais le gouvernement a lancé le plan d’Organisation des secours (Orsec). N’est ce pas ?

Le Plan Orsec, comme son nom l’indique, est un ensemble de dispositions d’urgence conservatoires pour évacuer les eaux et sortir les sinistrés d’une situation difficile. Le Plan Orsec n’est pas la solution appropriée pour l’éradication des inondations. Il n’en a pas la mission, ni le pouvoir encore moins la fonction.

Pour en finir avec les inondations périodiques, deux actes majeurs qui dépassent les capacités des collectivités locales s’imposent. Il s’agit d’abord de la mise en œuvre d’un programme d’assainissement de grande envergure, des zones qui inondent par des travaux de terrassement, la levée de terrains, les nivellements, etc.

Il faut ensuite un réseau de canalisation techniquement bien fait et opérationnel, capable de drainer rapidement les eaux pluviales vers la mer. On peut aussi procéder au déplacement des sinistrés vers d’autres sites plus salubres genre Cité « Jaxaay », avec des habitations mieux faites que celles de la première tranche qui ont été construites avec empressement sur des terrains qui n’ont pas été bien étudiés auparavant.

Un tel programme d’assainissement est la seule solution pour en finir avec les inondations. Il devra être élargi à toutes les villes victimes d’inondations périodiques comme Kaolack, Saint-Louis, Touba, Fatick, Diourbel, Nioro, etc.

Les inondations pointent dans un contexte de hausse des denrées de base. Que faut-il faire pour mieux assister les populations ?

Dans le contexte actuel, les sinistrés sont frappés de plein fouet par des maladies. Il y a aussi les eaux de pluies mélangées aux matières fécales et aux ordures de toutes sortes dans lesquelles ils vivent depuis près d’un mois. Les conséquences qui en découlent sont naturellement nombreuses : des maladies comme le paludisme et le choléra.

Tout cela intervient, comme vous devez le remarquer sans doute, dans un contexte de cherté et de pénurie des denrées, produits et services de première nécessité. Ce qui, du reste, est le lot de tous les Sénégalais.

Pour assister les sinistrés, il faut faire en sorte que les inondations ne soient plus qu’un mauvais souvenir pour eux et baisser de manière substantielle par le biais des subventions à partir des taxes sur les produits pétroliers, les denrées, produits et service de première nécessité.

Vous avez participé à l’ouverture des assises nationales. Quel bilan à mi-parcours tirez-vous de ces concertations ?

Je ne suis pas partie prenante des assises nationales. J’avais répondu avec plaisir à l’invitation qui m’a été faite pour assister à la cérémonie inaugurale le 1er juin dernier. Je profite de l’occasion pour remercier encore une fois les responsables des assises qui m’avaient bien honoré lors du lancement de leurs travaux. Donc objectivement, je ne peux tirer aucun bilan même pas à mi-parcours de ces assises nationales qui sont bien nationales, n’en déplaise les tenants du pouvoir libéral. Si les commissions départementales, qui doivent organiser les concertations citoyennes, sont en train d’être installées, c’est un réel motif de satisfaction et pour les membres et pour tous ceux que les assises intéressent.

Pensez-vous que la coalition de Gauche patriotique et démocratique que vous avez proposée la semaine dernière pourrait être une bonne solution ?

Je suis partisan et très préoccupé par la création d’une véritable coalition de Gauche patriotique et démocratique pour en finir avec le libéralisme compradore, provincial de type tropical qui dérive notre pays vers la monarchie. De la Loi Cadre à l’alternance qui s’est vite mutée en altération, de Senghor à Wade en passant par Diouf, c’est toujours la Droite qui a géré les affaires de notre pays, prouvant d’équipe en équipe son incapacité et sa mauvaise volonté politique de sortir le Sénégal du sous-développement.

Quand le président Mamadou Dia, qui était fasciné par les idées de Gauche, a voulu instaurer le socialisme dans notre pays, il a été anéanti par l’impérialisme français. Les politiques de Droite ont toujours échoué et trop échoué dans notre pays. Il est grand temps de réaliser l’alternative, c’est-à-dire le passage d’une politique de Droite à une politique de Fauche.

Des hommes et des femmes aux convictions de Gauche avec une politique de Gauche, c’est la solution idoine pour débarrasser notre pays des maladies de toute sorte, de la pauvreté, des hausses de prix iniques et inhumains, des délestages, des manques d’eau courants, de l’injustice, de l’impunité, des détournements, des trafics de drogue, des blanchiments d’argent sale, etc.

Pour ce faire, il nous faut impérativement une coalition de Gauche post-moderne attractive, captive et combative, porteuse d’une ambition légitime de conquête, d’exercice et de conservation du pouvoir d’Etat. Cette coalition sera le point de chute du pouvoir qui tombera des mains des libéraux. Certes les organisations qui sont susceptibles de former cette coalition de Gauche ne sont pas des organisations de masses, mais d’avant-garde. Unies dans un bloc, elles seront une coalition de masses plus puissante et plus organisée que n’importe quel parti de masses.

Mais est-ce que cette coalition ne sera pas encore minée par la question du leadership comme cela semble être le cas avec le Front Siggil Sénégal ?

Non. J’avais dit de la Coalition populaire pour l’alternative (Cpa) que c’est une unité contraire et que le Ps et l’Afp doivent impérativement vider de manière objective et constructive leur contentieux. Sinon, leur présence dans une même coalition ne fera faire à cette coalition qu’un pas en avant un pas en arrière. Mais la coalition que je propose sera régie par les textes, code de conduite, règlement intérieur et statuts. Elle sera dirigée par une présidence tournante à durée déterminée. Nous en avons l’expérience avec la défunte coalition G10. Il faut que les partis de Gauche croient en eux-mêmes et tracent leur propre sillon. Ne plus accepter de jouer le rôle de conquistadores pour protéger et porter au pouvoir les hommes de Droite.

La coalition que vous proposez pourrait alors se positionner dans la guerre de succession à la tête de l’Etat ?

La guerre de succession à la tête de l’Etat, puisqu’on parle de position et de succession, ne concerne que certains membres du Pds, même leurs porteurs d’eau ne sont pas concernés. Pour l’opposition, il ne s’agit ni de position, ni de succession mais de combat, de lutte âpre et patriotique pour arracher le pouvoir des mains des libéraux décevants.

Nous ne raterons pas ce combat, nous le gagnerons avec et pour le peuple sénégalais.

Auteur: Babacar DIONE



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