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Mouton de Tabaski : Vendeurs et clients ne parlent le même langage

Depuis bientôt un mois, voire plus, de gros béliers issus d’élevage domestique à Dakar, des moutons de race comme on les désigne souvent, sont exposés sur l’emprise de certaines grandes artères ou aux devantures de maisons dans la capitale. Mais, de plus en plus, ceux dits «coggal» des bergers/éleveurs et autres «téfanké» (vendeurs) provenant de l’intérieur du pays, commencent à envahir le marché et les points de vente, surtout ceux normalisés. Mais vendeurs et clients ne parlent le même langage. Reportage du quotidien « Le Témoin ».


Rédigé par leral.net le Vendredi 16 Juillet 2021 à 09:37 | | 0 commentaire(s)|

A une semaine de la Tabaski, alors que l’heure est aux derniers réglages, des vendeurs de moutons soutiennent que les clients se font désirer. Ces derniers déplorent la cherté des moutons ajoutée à une recrudescence du coronavirus, dont le Sénégal semble être en plein dans la 3e vague, même si les autorités ne parlent pas ce langage, le respect des mesures-barrières semble ne plus être en vigueur.

Nous sommes à quelques jours de la Tabaski, les préparatifs vont bon train. Déjà depuis bientôt un mois ou plus, de gros béliers de race exposés sur l’emprise de certaines grandes artères de la capitale, annonçaient la couleur. L’Aïd el-Kebir ou Aïd al-Adha, communément appelée Tabaski, c’est la fête du mouton, allusion faite au sacrifice de cet animal domestique recommandé, en perpétuation du sacrifice d’Ibrahim. Elle sera célébrée officiellement le mercredi 21 juillet 2021 au Sénégal, contrairement au reste du monde, où c’est la date du mardi 20 juillet prochain qui est retenue.

A environ une semaine de l’événement, le marché et les différents points de vente commencent petit à petit à faire le plein, avec les béliers issus de l’élevage traditionnel dans les régions intérieures, notamment celles du Nord du Sénégal et des pays voisins (Mali et Mauritanie), qui sont de plus en plus visibles un peut partout. Seulement, le casse-tête de nombre de chefs de famille, c’est comment se procurer un mouton. En ce sens que, malgré toute les mesures de facilitation et d’accompagnement des autorités étatiques, ceux déjà disponibles au niveau des points de vente, sont jugés trop chers pour des clients qui tardent à se décider, procédant à des calculs vu leur capital.

«Les vendeurs de moutons doivent comprendre que la covid-19 nous a économiquement impactés»

Si les vendeurs de moutons évoquent le manque de clients, ces derniers déplorent la cherté. «Les vendeurs de moutons doivent comprendre que la Covid-19 est toujours là et elle nous a économiquement impactés. Nous n’avons pas beaucoup d’argent», nous livre un client et père de famille, qui se soucie de la situation sanitaire actuelle. Un autre constat c’est que les mesures-barrières ne sont pas respectées. Idrissa Ndiaye, client, fustige le grand rassemblement dans les marchés. «Les gens se rassemblent, alors que la plupart ne respectent pas les mesures sanitaires», dénonce-t-il.

Au rond-point Liberté 6, Djiby Bâ, un vendeur, confirme la cherté des moutons, parce que, dit-il, «l’entretien fait appel à des dépenses. Il faut de l’argent pour l’alimentation des moutons, l’entretien, les collaborateurs à qui on doit également donner à manger et payer de l’eau, sans compter l’électricité. Donc c’est normal que les moutons soient chers», explique cet éleveur. Par rapport à la crainte d’une pénurie de moutons ou une mévente, Djiby Bâ, continue ainsi son propos: «On ne peut pas prendre de risque à transporter des moutons pour un coût de 350 000 FCfa et les retourner au même coût, en cas de mévente, d’autant plus que la situation de cette année est proche à celle de l’année dernière», marquée par la pandémie à Coronavirus, ajoute-t-il.

Des prix variant entre 100 mille et 1 million

Par contre, la place n’est pas payée, du fait de levée des taxes décidée par l’Etat. C’est le même constat aux HLM, au niveau de point de vente près du marché. Ce monsieur, d’une trentaine d'années, soutient : «Nous ne payons rien pour exposer ici nos moutons, mais une fois la Tabaski passée, il faut payer pour l’occupation de la place. Face à la demande, nous proposons des moutons élevés dans les maisons et ceux de l’élevage traditionnel, pour y répondre.

Les prix qui varient entre 100 000 et 1 000 000 FCfa. Il est du ressort du client de s’approprier d’un mouton dont le prix correspond à son revenu
», confie-t-il. Et de poursuivre : « Nous vendons même sur commande. Certains clients nous demandent des moutons de 50 000 voire de 1 000 000 FCfa. Et si nous n’en disposons pas, nous nous approchons des camarades vendeurs pour pouvoir les leur livrer. Pour le paiement, les clients ont plusieurs options : c’est un petit nombre qui paye en cash, la plupart donne une avance pour ensuite compléter au moment de la récupération du mouton.»

En plus de la levée des taxes d’occupation de l’espace, au niveau de certains points de vente normalisés, l’éclairage est effectif depuis quelques jours et des toilettes mobiles installées. C’est le cas par exemple au foirail de Keur Massar, situé juste entre la gare routière et la forêt classée de Mbao, où l’insécurité inquiète souvent vendeurs et acheteurs de moutons de Tabaski.







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